"Le souvenir de la Première Guerre Mondiale"

Le souvenir de la Première Guerre Mondiale
Concerne et questionne tout un chacun

S’il n’y a plus de témoins vivants, il y en a d’éloquents : non seulement les champs de batailles, non seulement les petits et grands cimetières , mais aussi les stèles dans chaque village de tous nos pays, énumérant les hommes, souvent deux ou trois d’une même famille, qui y ont laissé leurs vies. Chaque Européen porte cette histoire à travers l’histoire de ses aïeux.


Derrière les noms, se dessine la vie de peuples entiers pris au piège de leur désir d’humanité. Les attentes d’une justice universelle comme évaporées , les aspirations à l’élévation - de la Nation, de la Culture, de la Foi  - définies par opposition à celles du peuple voisin, les entraînaient tous dans l’abîme. La soif de puissance moderne faisant irruption , notre continent devenait une fabrique d’épouvante, de démoralisation, de misère, entraînant bien au-delà de ses frontières, d’autres peuples, dans les colonies notamment.


Contemplant cet ensemble effroyable, on peine à se convaincre que le siècle réservait une seconde coupe à boire aux peuples d’Europe et du monde, et qu’elle anéantirait jusqu’à l’Espérance même. La culture européenne engendrant de telles excroissances industrielles  et militaires,  cultivant les haines, semblait livrée à un verdict sans appel.


Des sursauts d’efforts de réconciliation ont suivi les guerres. Mais ne nous y reposons pas. Le souvenir  de la Grande Guerre nous concerne aussi parce que les enchaînements dans les esprits et les cœurs d’alors questionnent chacun personnellement, aujourd’hui.


Qu’en est-il de nos convictions et amitiés face aux manipulations, aujourd’hui ? Nous connaissons-nous sérieusement, entre Européens ? Sommes-nous en tant que citoyens capables de dessiner un projet de vie commune sur ce continent, parmi les autres, et de le mettre en œuvre ? Pouvons-nous épeler une culture européenne, et dire ce que le monde attend de l’Europe, ce que l’Europe attend du monde ?