2014 Déclaration de Porto Novo

Nous, participants des Dialogues en Humanité reunis au Bénin, à Porto Novo, sous les arbres ancestraux du Jardin des Plantes et de la Nature, souhaitons faire  ensemble la déclaration suivante:

En ce 10 mai,  jour anniversaire de la terrible barbarie que representa l’esclavage, 

ici au Bénin, au cœur de cette Afrique, principale victime de cette barbarie inter humaine , mais aussi berceau de notre humanité, 

nous prenons conscience des risques qui pèsent sur le devenir de notre famille humaine, mais aussi des potentialités infinies qu’ouvriraient sa propre humanisation.

Au moment ou de nombreux rapports internationaux évoquent le risque d’un effondrement mondial dans les prochaines décennies si nos sociétés continuent a aggraver leurs inégalités et a détruire leurs écosystèmes, nous affirmons la nécessité de sortir de l’obsession compétitive pour  développer des logiques coopératives tant a l’égard des humains que de la nature. Cette coopération s’inscrit dans la perspective de sociétés qui font de la convivialite et du «buen vivir» le cœur de leur projet.

Il est temps de déclarer suicidaire pour notre famille humaine toutes les formes de la guerre qu’elles soient économiques, politiques ou religieuses, toutes les logiques qui conduisent a imposer la loi des plus forts en éliminant ou en dominant les plus faibles. Loi terrible qui fut a la source de toutes les formes de maltraitance, voire d’esclavages d’hier comme d’aujourd’hui.

Nous affirmons également  la nécessité de rompre avec un rapport guerrier et prédateur a la Nature dont l’expérience de ville verte rurale de Songhai montre la possibilité.

Nous déclarons  qu’il est temps désormais de construire les conditions d’une pleine citoyennete pour tous les membres du «peuple de la Terre» .

Cette citoyenneté résultera de la pleine application des droits fondamentaux de chaque être humain proclamés apres la seconde guerre mondiale, mais aussi de la reconnaissance de leurs droits civiques et de la nécessité de constituer désormais une communauté politique cohérente avec de tels droits.

Toutes les formes d’organisation humaine, qu’elles soient sociales, politiques, économiques, culturelles, n’ont de légitimité que pour autant qu’elles respectent ces principes et concourent au bien commun de l’humanité et a la préservation de la Nature dont elle est l’une des composantes. il n’est pas acceptable que des nations, des entreprises, des religions,  des familles ou toute autre forme d’organisation humaine, se réclament de leur identité ou de leur histoire pour dénier ces droits fondamentaux.

Nous avons besoin en revanche de replacer l’économie et la politique,  la monnaie et le pouvoir , au rang de moyens et non de fins. De meme,  nous devons  faire de la pluralité des traditions de sens et de sagesse non une cause de guerre de civilisation mais  une chance  et une source d’elevation de la conscience humaine.

Pour notre propre compte nous participants a ces Dialogues en Humanite qui doivent se prolonger prochainement en Europe, au Brésil, en Inde, en Éthiopie,  dans les prochains mois, prenons l’engagement d’œuvrer dans le sens des principes de cette déclaration.