Manifesto pour l'émergence de la citoyenneté planétaire (fr-eng-pr)

réseau Dialogues en humanité

Manifeste

L’EMERGENCE DE LA CITOYENNETÉ PLANÉTAIRE

Transformer La vision du politique et de la géopolitique:

De la puissance dominatrice à la puissance co-créatrice

 

 

La grande question géopolitique actuelle n’est pas de savoir quelle puissance dominera le 22ème siècle mais s’il y aura, pour l’Humanité, un 22ème siècle. La civilisation humaine est menacée d’effondrement mais c’est son irresponsabilité écologique et sociale, sa propre barbarie intérieure et non extérieure qui la menace.

 

Cela change la façon dont on voit la question de la Défense et de la Sécurité. Ces deux termes, au sens militaire, sont au coeur du politique fondé sur l’idée qu’une nation se construit face à des menaces extérieures incarnées par des «ennemis». Le rapport à cet ennemi extérieur est donc essentiel dans toute la vision politique et géopolitique, de Sun Tzu à Clausewitz à George Bush. La notion de menaces extérieures conduit les gouvernements à justifier les guerres comme nécessaires; les leaders souvent essaient d’unifier la nation contre quiconque est l’ennemi du moment. L’idée d’un ennemi extérieur, soit réel ou fabriqué, peut commodément servir pour distraire le pays des problèmes internes comme l’inégalité sociale et l’oppression de classe.

 

La notion de citoyenneté planétaire oblige à voir la Sécurité comme un enjeu plus large qu’au sens purement militaire. La Sécurité relève au droit à la vie, qui implique l’accès à la nourriture, à l’éducation, à la santé, à un environnement sain et aux autres aspects de la vie en société qui rendent le Vivre Bien matériellement possible. Le nécessaire changement de paradigme engage, donc, un virage de la Défense et de la Sécurité militaire vers le Vivre Bien pour toutes et tous les habitants de notre Foyer Commun. La famille humaine qui habite la Planète devient la référence, et les menaces ne sont plus extérieures, mais intérieures.

 

Une des menaces est le mode de développement nuisible aux écosystèmes parce que réduit à la croissance économique «illimitée»; ou l’appropriation des ressources par un petit nombre de personnes, entreprises et pays, qui exclut la presque totalité des humains du droit à la propriété et au Vivre Bien. Ce mode aveugle de croissance économique les empêche de vivre en communautés où on pratique la politique du partage, de la collaboration et de la paix, au lieu de l’égocentrisme, la concurrence et la guerre. Dans une lumière positive le paradigme de la citoyenneté planétaire est fondé sur l’enjeu du développement des potentialités humaines – individuelles, collectives et planétaires - en harmonie avec le milieu naturel.

 

Vivre bien devient ainsi la capacité des humains d’organiser son vivre ensemble en sécurité sur une planète qui demeure habitable. La question écologique et la question humaine, plutôt que les profits et l’accumulation de capital, (c’est à dire, la capacité de l’humanité à affronter ses démons intérieurs et à grandir en humanité) devient le cœur d’une nouvelle approche de la géopolitique. Cette vision holistique, planétaire de la place de l’être humain dans la nature devient plus apte à la compassion et constructive que la vision conventionnelle du monde composé par des individus et États-nations en concurrence entre eux. Chaque être humain devient tout naturellement citoyen de la Terre. Tout petit et en même temps responsable du présent et de l’avenir de la Terre. Par nature, enclin à l’humilité et à la solidarité car un élément fragile de la famille de tous les êtres vivants.

 

 

 

 

 

Ce changement de perspective requiert des changements de modes de vie en quatre champs:

 

POLITIQUE

 

Il faut faire le passage de la Puissance dominatrice qui fonde la géopolitique classique à la Puissance co-créatrice. Cela conduit à un changement de la notion de gouvernance, une mutation qualitative de la démocratie compétitive et délégatoire vers des formes de Démocratie participatives et collaboratives. De même, c’est le passage d’une politique fondée sur l’inimitié (la figure de l’ennemi) à ce qu’Aristote et Derrida nommaient « une politique de l’amitié » fondée sur l’idée que le «frater» (dans le sens d’enfants de la même Terre-mère), ne peut survivre qu’en dépassant ses pulsions violentes. Cela ne signifie ni la fin des conflits ni celle des désaccords mais leur capacité à les comprendre de manière féconde et non-violente. Cette distinction est importante au niveau des rapports interpersonnels ainsi que dans l´interaction de la société civile planétaire dans sa diversité.

 

JURIDIQUE

 

Cette transformation conduit à un changement de la vision juridique: passage, de « la souveraineté solitaire» des Etats-nations à la « souveraineté solidaire », qui reconnaît notre interdépendance, qui respecte la souveraineté des autres, et est capable de prendre en compte des éléments de « biens communs » écologiques et sociétaux (pas seulement les biens naturels, mais aussi la connaissance et le pouvoir de les gérer sagement). Elle prend appui dès aujourd’hui sur de nouvelles approches juridiques telles que la notion d’écocide, un crime contre l’environnement mettant en danger l’Humanité. Lorsqu’un crime contre l’humanité de nature environnementale est prouvé, la Cour pénale internationale a l’autorité de passer jugement.

 

La reconnaissance légale de l’écocide nous oblige à voir la planète comme le foyer commun de toutes les espèces vivantes. Cela représente aussi un dépassement du pur «inter-nationalisme», dans lequel le monde est composé par Etats-nations. En fait, la réalité de la planète fragmentée en Etats-nations coexiste avec la réalité d’une planète unifiée par une origine et un destin communs. La «Vision globale» s’oppose à une globalisation qui reste purement financière pour prendre en compte l’ensemble des questions écologiques et sociales mondiales à partir du niveau local. Dans l’optique d’une Vision globale chaque communauté est responsable de la gestion de son espace, appuyée, quand c’est nécessaire, par les niveaux de plus large échelle (territoires, pays, continents). Cela permet, en même temps, la construction de relations basées sur le respect et la confiance mutuelle entre communautés et entre les divers niveaux. Ainsi la citoyenneté planétaire donne à tout être humain des droits et devoirs tirés de la Déclaration universelle des droits humains et de la Charte de la Terre. Cela rend la citoyenneté planétaire  devient compatible avec la citoyenneté locale, nationale ou continentale. Elle relève de la coresponsabilité entre les différentes échelles de vie pour la survie de l’ensemble du peuple de la Terre.

 

ECONOMIQUE

 

Cette nouvelle perspective exige un changement du rapport à l’économie. Le développement économique devient un simple moyen pour achever le développement des libertés individuelles et sociales. Cela implique une économie pleinement écologique qui promeut la conscience du besoin de la bonne gestion de toutes nos demeures: notre corps, nos petites maisons terriennes, nos communautés, nos biomes, notre pays et notre grande maison planétaire. Ce mode de gestion exige une économie du suffisant, qui reconnaisse les limites des ressources de la Terre, promeuve la consommation sobre et responsable et planifie la production imposant des limites à la croissance. Il exige des nouveaux concepts et indicateurs de richesse et une approche de la comptabilité qui redonne au terme de bénéfice son véritable sens d’«activités bénéfiques», sources de bienfaits qualitatifs pour toutes et pour tous, au lieu de strictement quantitatifs pour un petit nombre de privilégiés. Cela dépasse l’économie dont l’argent se génère à partir d’activités spéculatives ou destructrices de la vie et des écosystèmes, tels que l’exploitation humaine, les guerres, les maladies, l’obsolescence planifiée, l’aggravation des catastrophes naturelles (extractions ou constructions anarchiques) et les addictions comme la consommation de cigarettes.

 

Ce qui compte dans une maison c’est le Vivre Bien de toutes et de tous ceux qui l’habitent. Le vrai but de l’activité économique doit être d’offrir à tout citoyen et citoyenne les conditions pour Vivre en plénitude, et non de traiter le profit et l’accumulation d’argent et de propriétés en tant que fins en eux mêmes. Vivre en plénitude comprend avoir accès à toute condition qui facilite le développement des potentiels, qualités et talents de chaque personne, communauté, territoire et peuple. Le partage de la propriété et la gestion des biens productifs, soit la terre et les unités industrielles et financières, soit la technologie et la connaissance, œuvrant vers la solidarité, la réciprocité et la complémentarité.

 

Le Vivre Bien oblige à d’autres changements profonds, tels que la transition vers une économie plurielle et le déplacement du centre des activités économiques de l’entreprise privée vers les communautés humaines dans leurs territoires et écosystèmes, autogérés et solidaires entre elles. Dans ces communautés la planification participative du développement socioéconomique et humain dirige les flux économiques et de connaissance vers la production de biens et services qui répondent aux besoins réels des gens. Elle engendre aussi des modes de gouvernance participatifs et non-hiérarchiques, organisés du local vers les sphères plus générales. Cette vocation de service au Vivre Bien intégral des gens s’étend à l’Etat démocratique, dont les responsabilités comprennent les dimensions suivantes:

 

  • Orchestration de la diversité sociale
  • Création démocratique de lois et règlements pour guider les rapports entre personnes, institutions et environnement
  • Protection des droits humains et de la souveraineté nationale et populaire
  • Promotion de rapports harmoniques et égalitaires entre les communautés et les régions ainsi que le respect à la diversité
  • Planification et gestion démocratiques du développement socioéconomique, y compris l’usage des biens naturels et la production des infrastructures aux échelles régionale et nationale
  • Garantie d’une gestion responsable des biens communs, des biomes et écosystèmes
  • Protection de la résilience des environnements touchés par l’action humaine
  • Gestion des affaires internationales et planétaires.

 

SPIRITUEL

 

Vivre Bien conduit également au changement du rapport à la spiritualité. Spiritualité ouverte fondée sur le rapport à la beauté, au mystère de l’intériorité permettant de dépasser nombre de religions organisées autour de la peur, de la culpabilité, de la soumission et du sacrifice. Surtout il y a dépassement de la logique de Puissance dominatrice qui a corrompu en profondeur nombre d’institutions religieuses et a conduit aux pires guerres - celles conduites au nom de Dieu. Cette spiritualité ouverte, créatrice et non oppressante peut alors être pleinement cohérente avec une approche ouverte de la laïcité. La spiritualité devient ainsi une recherche intime de la mission profonde de chacune et chacun dans cette vie, ce qui nous ramène à la pratique de la joie de vivre avec soi-même, avec les autres et avec la Nature. C’est donc un changement du rapport entre l’humain et le cosmos, d’une vision qui sépare les dimensions micro et macro de la réalité vers une vision de l’interconnexion des deux. Au lieu de voir l’univers extérieur séparé de l’univers intérieur elle les voit comme mutuellement interactifs. Cette nouvelle compréhension ouvre à l’approche d’une transformation personnelle autant que sociale.

 

CIVILISATION

 

Il y a dès lors changement de la notion de civilisation. La perspective d’une Civilité mondiale permet d’offrir une alternative non seulement à la notion de civilisation colonisatrice mais aussi à la guerre de civilisations théorisée et pratiquée par les néo-conservateurs américains. Cela vaut en particulier pour le nécessaire dialogue, à la fois exigeant et ouvert entre Modernité et Tradition capable de conserver le meilleur des deux. De la Modernité on gardera la liberté de conscience, la reconnaissance de la singularité et donc des droits de tout être humain, sans le pire (la marchandisation de la Nature, du Vivant et des Humains eux-mêmes. Et on opérera le même tri sélectif entre la part lumineuse de la Tradition, qui comprend la reliance à la nature, aux autres, aux questions du sens, en rejetant sa part d’ombre : la dépendance dérivée de la domination patriarcale (contrôle social, fondamentalisme identitaire voire écologie misanthropique).

 

C’est toute la perspective de l’humanisme qui se trouve transformée: la co-construction d’un Humanisme au service du Vivant et de la citoyenneté planétaire, et non pas un humanisme de domination de la nature et d’imposition d’une vision occidentale du monde.

 

                L’ENJEU DU «BUEN VIVIR»

La vision exprimée par les peuples premiers de l´Amérique Latine et des Caraïbes parue avec force lors du FSM de Belém (Brésil) en 2009, propose une transition vers des sociétés du «Buen Vivir» (Sumak Kawsay en quechua), du «Vivre Bien» (Sumak Qamaña en aymara), qui prend tout son sens aujourd’hui et crée la bascule spirituelle dont notre monde a besoin.

 

Mais le Buen Vivir ne deviendra un véritable projet de société que s’il est incarné par un mouvement citoyen qui le prend suffisamment au sérieux pour s’organiser en conséquence autour de cette vision et qui mène des actions concrètes. Il nous faut en faire un enjeu d’expérience et pas seulement d’espérance. La simplicité des 13 pas proposés par les Indiens des Andes pour exprimer le Sumak Kawsay au quotidien peut servir d´inspiration à tous ceux et toutes celles qui veulent entreprendre une transformation tant personnelle que sociale. Cette transformation commence par la vie quotidienne à l‘échelle individuelle pour s’élargir à l´échelle de toute la société globale. C’est un nouveau sens de la vie qui s’exprime dans la recherche du « vivre pleinement », dans un sens intégral: Vivre bien avec nous-mêmes, avec ceux qui nous entourent et avec la Terre Mère. Les principes du Vivre Bien peuvent s’exprimer dans ces 13 savoirs:

 

1) se nourrir de ce qui est sain ;

2) boire en favorisant le flux de la Vie ;

3) danser dans le rythme de l’Univers ;

4) se reposer, dormir d’un jour à l´autre ;

5) être capable de travailler avec joie ;

6) se taire et chercher le silence méditatif ;

7) penser en reliant le cœur et l’esprit ;

8) aimer et être aimé ;

9) écouter soi-même, les autres et la Terre Mère ;

10) parler de manière constructive ;

11) rêver d’une réalité meilleure ;

12) apprendre à marcher en étant accompagné des bonnes énergies ; et

13) donner et recevoir.

 

La transition vers des sociétés du Vivre Bien n’est plus un rêve. Elle est déjà pratiquée et expérimentée par un nouveau type de mouvements citoyens. Leurs innovations sont en train de créer le désir d’y participer, et de démontrer que telles sociétés sont réalisables à grande échelle.

 

Nous devons donc construire une véritable «alliance des forces de vie» capable non seulement de résister aux logiques mortifères mais aussi de promouvoir cette grande Transition vers des sociétés du Buen Vivir dans la lignée des mouvements essayent de vivre ici et maintenant leurs rêves - le manifeste convivialiste, des films comme «Demain», le mouvement des Villes en Transition, le Programme Éducation Gaia, le Réseau Global d’Ecovillages, le mouvement Nation Pachamama, le Réseau Intercontinental de promotion de l’économie sociale solidaire (RIPESS), le Gawad Kalinga aux Philippines, le Ekta Parishad (mouvement Rajagopal Gandhian) et Vikalp Sangham (un réseau de mouvements alternatifs), les deux en Inde, et toutes les initiatives qui manifestent dans le monde entier une formidable créativité et pouvoir innovant.

 

Dans tout mouvement transformateur on trouve des conflits importants à résoudre. Faute d’être compris pleinement, ces conflits peuvent conduire nombre de projets transformateurs à voir limitée leur puissance créatrice, ou à l’échec. Nombre de projets alternatifs dans l’Histoire ont fini par échouer, non par la force de leurs adversaires (le capitalisme, le despotisme, l’impérialisme, par exemple) mais par l’implosion causée par des rivalités internes fratricides. Une deuxième source d’échecs peut jaillir ironiquement du succès même du mouvement ; des leaders complaisants peuvent être responsables de la chute de l’énergie créatrice du mouvement. Si on analyse les causes de ces échecs, on observe le fait que des formes de mal-vivre, de mal-être, voire de maltraitance étaient souvent fortement présents au sein de ces mouvements. Une partie du mal-vivre collectif ou individuel mène à la recherche de l’énergie manquante à l’extérieur et pas à l’intérieur. Cela se traduit par la rivalité dans les rapports avec autrui, la prédation dans les rapports à la nature et aux autres (sexisme, racisme), et par la dépression. En raison de tous ces dysfonctionnements internes, ces mouvements ont fréquemment fini par déboucher sur des formes brutales de gouvernance.

 

Le besoin de traiter de ces enjeux dans l’action visant à créer des formes vraiment démocratiques de gouvernance est évident. De nombreux mouvements existants, basés sur l´autogestion et le leadership partagé qui valorisent la contribution de tous et de toutes, confirment ce besoin de plus en plus conscient. Ces collectifs se rendent plus forts et attirants, en particulier sur la jeunesse, parce qu’ils désirent un changement du monde ici et maintenant, et ils prônent les liens d’amitié en tant que force politique. Cette politique de l’amitié et de la confiance repose sur la bienveillance de l’un à l’égard de l’autre, sur l’accueil des différences, mais aussi sur l’exigence de responsabilité personnelle et collective, en cohérence avec les valeurs partagées. Ces collectifs, grâce à leur capacité d’engendrer unités dans la diversité, deviennent une force d´action majeure dans la transformation du monde. Tous les exemples qui existent ici et là depuis des décennies sont des graines de renouveau et portent déjà leurs fruits, abondants mais trop souvent méconnus, à l’exception d’exemples politiques emblématiques comme ceux de Rosa Luxembourg, Rosa Parks, Wangari Matthaai, Leymah Gbowee, Rigoberta Menchú, Nelson Mandela, Desmond Tutu, Martin Luther King et Gandhi, dont la célèbre citation résume la philosophie de ces nouveaux mouvements citoyens: «Sois le changement que tu veux voir dans le monde». Ce principe a été repris par le Pape François dans son Encyclique «Laudato Si».

 

La joie de vivre au cœur du Vivre Bien constitue l’alternative individuelle et sociétale aux économies du mal-être, de la pénurie et de la maltraitance. Ainsi, selon les Nations Unies, les dépenses annuelles de drogue et de stupéfiants représentent dix fois les sommes qui permettraient la satisfaction des besoins vitaux de l’humanité - et les dépenses d’armement, qui génèrent la guerre et la mort, représentent vingt fois ces sommes! La publicité, qui participe de cette économie du mal-être pour mieux alimenter la course à l’AVOIR, est évaluée elle aussi à plus de dix fois les sommes requises pour éradiquer la faim, permettre l’accès à l’eau potable ou aux soins de base. Le mal-vivre donne place à l’insuffisance de joie intérieure qui débouche sur la compensation de ce que le philosophe Spinoza nommait «passions tristes». En termes écologiques, le mal-être conduit au productivisme, à l’extractivisme et au consumérisme insatiables. Seule une sobriété heureuse et une économie du suffisant sont de nature à inverser ce processus délétère.

 

Comment les agents qui œuvrent pour «la Grande Transition” peuvent-ils mieux se coordonner à l’échelle globale? La citoyenneté planétaire offre la possibilité d’un projet mondial ambitieux permettant à toutes les énergies créatrices, présentes actuellement de manière fragmentée, de s’unir dans toutes leurs diversités, et de s’amplifier. Réunissons-nous donc autour de ce projet commun! Développons des moyens de  communication pour faciliter la convergence de nos actions! Créons des signes d’appartenance à notre grande famille afin de la rendre visible! Cette visibilité est essentielle afin que ses membres puissent se dire: «Oui, nous avons le pouvoir d’agir! Oui, nous sommes partout chez nous tout autour de la Terre! Oui, nous sommes toutes et tous des citoyennes et des citoyens du Peuple de la Terre! Oui, nous pouvons expérimenter les nouvelles formes de vie que nous considérons écologiquement et socialement les plus désirables!»

 

Certes nous ne sommes encore à l’origine que d’une cellule fractale de ce mouvement citoyen mondial pour le Vivre Bien. Si plusieurs agents présents, par exemple, au Forum Social Mondial, sont prêts à co-construire un tel Projet, il pourra vite prendre de l’ampleur. Ensemble nous pouvons aider à donner naissance à ce paradigme complexe et innovant. Il est pluriel et suppose des approches multiples informées par une vision commune et des actions concrètes, des essais-erreurs, tels que de nouveaux espaces de création, de nouvelles relations, de nouvelles transversalités, de nouvelles hiérarchies de valeurs, un nouveau langage aussi, à inventer ensemble avec toutes les personnes créatives dans tous les champs - culturel, artistique, économique, politique, religieux, agnostique et spirituel.

 

Pour servir cette vision, le réseau Dialogues en humanité propose que la convergence de perceptions achevée pendant le «Sommet des Consciences», lors de la COP 21, réalisée en parallèle de la COP21 à Paris (2015), se traduise dans la création d’un Conseil de Sécurité de l’Humanité.

 

Face aux effondrements majeurs tels que crises financières, catastrophes écologiques, explosions sociales, armes de destruction massive etc. nous proposons un projet commun à nos mouvements: la création d‘un Conseil de Sécurité de l’Humanité à partir de la société civile mondiale. Un tel Conseil est nécessaire parce que le Conseil de Sécurité des Nations Unies est loin d’être à la hauteur de sa mission de promouvoir la paix et la justice ; ses cinq membres permanents, qui devraient avoir une responsabilité accrue sur l’enjeu mondial de la paix, sont aussi les cinq principaux vendeurs d’armes.

 

Un authentique «Conseil de Sécurité de l’Humanité» combinerait deux types de ressources. D’une part l’ensemble des agents susceptibles de formuler des alertes et des contre-propositions sur les grands risques que court l’Humanité: les grandes organisations de la société civile qui œuvrent dans les domaines écologiques, humanitaires, sociaux, technologiques bien sûr mais aussi tout agent, quelle que soit sa forme institutionnelle, qui peut apporter une contribution de ce type. D’autre part la création d’un «Conseil de Sages» ayant comme fonction de conseiller le Conseil de Sécurité de l’Humanité, permettrait d’avoir un dialogue exigeant et transparent avec l’actuel Conseil de Sécurité de l’ONU. Un tel Conseil de la citoyenneté planétaire pourrait manifester une conscience de l’avenir de notre famille humaine, au-delà de tout intérêt économique, politique ou religieux.

 

Un premier défi serait de participer à la mobilisation promue par la Mission 2020, publié par la revue Nature en juin 2017[1]. Dans cet appel plusieurs personnalités ont proposé six grands chantiers qui entraineront une diminution significative des émissions de gaz à effet de serre. Cela permettrait à l’Humanité de gagner une vingtaine d’années pour poursuivre son chemin de décélération du changement climatique. Depuis cet appel décisif, il faut réussir l’alliance dont nous avons besoin entre les forces sociales et citoyennes, les grands acteurs scientifiques et spirituels et les agents en position de responsabilité politique ou économique.

 

Ce pourrait être le premier sujet destiné à promouvoir le Projet de Conseil de Sécurité de l’Humanité dans une incitation à nous mobiliser collectivement pour un agenda dynamique, dans la perspective d’une citoyenneté planétaire.

 

Texte proposé, au nom des Dialogues en humanité, par Patrick Viveret, Débora Nunes, Marcos Arruda, Anne-Marie Codur, Christine Bisch, Siddhartha, Laurence Baranski, Geneviève Ancel et Hugues de Rincquesen.

 

Contact du Réseau Dialogues en langue française: Anne-Marie Codur (codur@hotmail.com ou amcodur@ume.org) - français et anglais

DIALOGUES FOR HUMANITY INTERNATIONAL NETWORK

 

MANIFESTO

THE EMERGENCE OF PLANETARY CITIZENSHIP

Transforming the Vision of Politics and Geopolitics:
from Dominant Power to Co-creator Power

 

The big geopolitical issue today is not which Power will dominate the 22nd century, but whether there will be a 22nd century for Humanity. Human civilization is threatened with extinction. But what threatens it is its ecological and social irresponsibility – its own inner barbarism – rather than barbarism from the outside.

 

This changes the way we see the issue of security and defense. Both terms, in the military sense, come from a politics based on the idea that nations are built in confrontation with external threats embodied in “enemies.” The relation to this external enemy is essential in this kind of politics and geopolitics, from Sun Tzu to Clausewitz to George Bush. The notion of external threats leads governments to justify wars as necessary; leaders often attempt to unite the nation against whoever is the “enemy” at the moment. The idea of an external enemy, whether real or fabricated, may conveniently serve to distract the country from internal problems like social inequality and class oppression.

 

The notion of planetary citizenship focuses on security as a challenge broader than security in the military sens. Security is related to the right to life, which implies access to food, education, health, a healthy environment and all other aspects of life in society that make Good Living materially possible. The necessary change of paradigm involves, therefore, a shift of military security and defense toward Good Living for all inhabitants of our Common Home. The human family that inhabits the Planet becomes the reference, and the threats are no longer external, but rather internal.

 

One internal threat is a mode of development harmful to ecosystems because reduced to “unlimited” growth; or the appropriation of resources by a small number of people, enterprises and countries that exclude the majority of humans from the right to property and Good Living. This blind mode of economic growth hinders the majority from living in communities that practice the politics of sharing, collaboration and peace rather than egocentrism, competition and war. In a positive light, the new paradigm of planetary citizenship is founded on the development of human potential, individual, collective and planetary, in harmony with the natural milieu.

 

Good Living, therefore, consists of the ability of humans to organize a way of living together with security on the planet so that it remains habitable. Ecological and human concerns, rather than profits and capital accumulation (i.e., the capacity of humans to confront their internal demons and grow in humanity) become the center of a new approach to geopolitics. This holistic, planetary view of the place of human beings in nature is more compassionate and constructive than the conventional view of the world as composed of competing individuals and nation-states. Every human being naturally becomes a citizen of the Earth: small and at the same time responsible for the present and the future of the whole. By nature, we tend toward humility and solidarity because we know each one of us is only one fragile element of the family of all living beings.

 

This change of perspective requires changing modes of life in four areas.

 

POLITICAL

 

It is necessary to move from dominant Power, which underlies classical geopolitics, to co-creator Power. This means a change in the notion of governance, a qualitative transformation of competitive and delegative democracy to forms of Participatory and Collaborative Democracy. It is also the passage from a politics founded on enmity (the figure of the enemy) to one Aristotle and Derrida called a «politics of friendship,» founded on the idea that the daughters and sons of Mother Earth can only survive by overcoming their violent drives. This does not mean the end of conflicts or disagreements, but the ability to understand them in a positive and non-violent way. This distinction is important both in interpersonal relationships and in interactions within planetary civil society in all its diversity.

 

JUDICIAL

 

The proposed transformation suggests a change in our legal vision too: a transition from the «solitary sovereignty» of nation-states to «solidary sovereignty», one that respects the sovereignty of others and takes into account ecological and societal «common goods» (not only the goods of nature but also knowledge and power to manage them wisely). This idea is already supported by new legal developments, such as the notion of ecocide, a crime against the environment that puts humanity at risk. Today, whenever a crime against humanity of an environmental nature is proven, the International Criminal Court has the authority to pass judgment.

 

The legal recognition of ecocide obliges us to view the planet as the common home of all living species. This is a departure from pure “inter-nationalism,” in which the world is seen as composed of diverse nation-states. In truth, the reality of the planet fragmented into different nation-states exists side by side with the reality of a planet united by a common origin and destiny. A “global vision” opposes globalization that is only financial; instead, it takes into account global ecological and social issues starting at the local level. Through the lens of a global vision, each community is responsible for managing its own space, supported when necessary by larger-scale levels (territories, countries, continents). This practice also allows the construction of relationships based on mutual respect and trust between communities and between different levels. Therefore, planetary citizenship gives every human being rights and duties defined in the Universal Declaration of Human Rights and in the Earth Charter. This makes planetary citizenship compatible with local, national or continental citizenship. It involves the shared responsibility between different scales of life for the survival of the Earth’s people.

 

ECONOMIC

 

This change in perspective requires a change in relation to the economy. Economic development must be seen as a mere means to achieve the development of individual and social freedoms. Such change requires a fully ecological economy that promotes awareness of the need for responsible management of all our homes: our bodies, our houses, our communities, our biomes, our countries and the great planetary house. This management requires an economy of enough that recognizes the finite nature of the earth’s resources, promotes sober and responsible consumption, and plans production within the limits of ecosystems. It requires new indicators of wealth and an approach to accounting that salvages the true meaning of the term “beneficial activities:” sources of qualitative improvements for all, rather than merely quantitative improvements for just a small number of privileged people. This contrasts with an economy in which money is generated by speculative activities or those destructive of life and ecosystems, such as the commodification of human labor, wars, diseases, planned obsolescence, aggravation of natural disasters (extractivism or anarchic constructions) and addictions like cigarette smoking.

 

What matters in a house is the Good Living of all who inhabit it. The true meaning of economic activity should be living in fullness, rather than treating profit or accumulation of wealth and property as ends in themselves. Living in fullness includes having access to all conditions that facilitate the development of the potentials, qualities and talents of each person, community, territory and people. The shared ownership and management of productive assets – land, industry, finance, technology, knowledge and time – fosters solidarity, reciprocity and complementarity.

 

Good Living leads to other profound changes. One is the shift away from private enterprise as the sole director of economic activities toward a plural economy, in which self-managing communities work in solidarity with one another. In these communities, participatory planning of self-managed socioeconomic development guides the economic and knowledge flows to the production of goods and services that respond to the real needs of people. It also promotes Politics as a non-hierarchical mode of governance organized from the local to the general spheres. This vocation of Politics as service to holistic Good Living applies to the democratic State, whose responsibilities include the:

 

  • Orchestration of social diversity
  • Democratic creation of laws and regulations to guide relationships among humans, institutions and the environment
  • Protection of human rights and the sovereignty of people and nation
  • Promotion of harmonic and egalitarian relations between communities and regions with respect for diversity
  • Democratic planning and management of socioeconomic development, including the use of natural assets and the production of infrastructure serving the regional and national spheres
  • Assurance of responsible management of common goods, biomes and ecosystems
  • Protection of environments altered by human action
  • Management of international and planetary affairs.

 

SPIRITUAL

 

Good Living also leads to a change in relation to spirituality. Good Living implies an open spirituality founded on a relationship with beauty, and the mystery of interiority that allows one to transcend religions organized around fear, guilt, submission and sacrifice. Open spirituality overcomes the logic of dominant power, which deeply corrupted various institutions and led to the worst wars – those carried out in the name of God. This open, creative and non-oppressive spirituality can then be fully consistent with freedom of belief. Spirituality becomes, therefore, an intimate search for the profound mission of each and every person, which leads us to practice the joy of living with oneself, with others and with Nature. This notion changes the understanding of the relationship between human beings and the cosmos from a view that separates the micro and the macro dimensions of reality to a view of the interconnectedness of both. Instead of seeing the inner separated from the outer, we see that they are mutually interactive. This new understanding opens the way for a transformation that is at the same time personal and social.

 

CIVILIZATION

 

The notion of civilization is changing. The perspective of a world citizenship offers an alternative not only to the idea of a civilization that colonizes, but also to the war of civilizations theorized and practiced by U.S. neo-conservatives. World citizenship calls for a dialogue between Modernity and Tradition, which can preserve the best of both. From Modernity, we will preserve freedom of conscience and the recognition of the uniqueness and rights of all human beings, without the worst of it, which is the commodification of Nature, Life, and even humans. And we will do the same selective sorting between the luminous part of Tradition, which involves the reconnection with Nature, with others, and with questions of meaning while also rejecting its shadowy part: dependence derived from patriarchal domination (social control, identity-based fundamentalism, and misanthropic ecology).

 

It is the whole perspective of humanism that is transformed: the co-construction of humanism at the service of Life and planetary citizenship, rather than a humanism that dominates nature and imposes a Western worldview.

 

The challenge of «Good Living»

 

The vision expressed by the native peoples of Latin America and the Caribbean disseminated forcefully from the World Social Forum of Belém (Brazil) in 2009 proposes a transition toward societies of «Good Living» (Sumak Kawsay in Quechua) and of “Living Well” (Sumak Qamaña in Aymara), which makes sense for today and creates the spiritual path our world needs.

 

But Good Living will not become a true project of society unless it is embodied by a citizens’ movement that takes the project seriously enough to organize itself around this vision and carry out concrete actions. We must respond to the challenge of experience and not only of hope. The simplicity of the 13 steps proposed by the peoples of the Andes to express Sumak Kawsay in daily life can serve as an inspiration to all who wish to undertake personal as well as social transformation. Transformation begins with everyday life on the individual scale and expands toward the scale of the whole of global society. It is a new meaning of life that expresses itself in the search for «Living Fully» in the holistic sense: Good Living with ourselves, with those around us and with Mother Earth. The 13 principles of Good Living concern knowing how to:

 

1) nourish oneself with what is healthy

2) drink favoring the flow of life

3) dance in the rhythm of the Universe

4) sleep from one day to the next

5) work with joy

6) be quiet and seek meditative silence

7) think, in connection with the heart and the spirit

8) love and be loved

9) listen to oneself, others and Mother Earth

10) speak constructively

11) dream of a better reality

12) walk accompanied by good energies; and

13) give and receive.

 

The transition toward societies of Good Living is no longer just a dream but is already being carried out by new types of citizen movements. Their innovations are attracting growing numbers of people who wish to join them and to demonstrate that such societies are achievable on a grand scale.

 

We must build a true «alliance of the forces of life,» capable not only of resisting murderous logics, but also of promoting the transition to Good Living societies, inspired by movements who try to live their dreams here and now, such as the Convivialist Movement, Transition Towns, the Gaia Education Program, the global Ecovillage Network, Nación Pachamama, the Intercontinental Network for Promoting Social Solidarity Economy (RIPESS), the Educational and Entrepreneurial entity of Gawad Kalinga in the Philippines, and in India, Ekta Parishad (Gandhian Rajagopal Movement) and Vikalp Sangham (an extensive network of alternative movements). To this we add all the initiatives worldwide that demonstrate a formidable creativity and innovative power. 

 

In any transformative movement, there are important conflicts that must be superseded. If not fully understood, these conflicts can weaken a project’s creative potential or cause it to fail. Historically, many alternative projects failed not due to the strength of their opponents (capitalism, despotism, imperialism, for example), but from fratricidal rivalries. A second source of failure may result ironically from the success of the movement itself; leaders may become complacent, leading to a diminishing of the movement’s creative energy. In analyzing the causes of these failures, we find that forms of bad living and mistreatments were often present within these movements. Part of bad living, whether collective or individual, results from seeking the causes of problems outside rather than inside. This produces rivalry in personal relations (sexism, racism, class rivalry), a predatory relationship with nature, and depression. As an outcome of these internal dysfunctions such failed movements frequently morphed into brutal forms of governance.

 

The need to avoid these pitfalls as we create truly democratic forms of governance is obvious. Several movements based on self-management and shared leadership, that values the contribution of each person, confirm this increasingly conscious need. These collectives grow stronger and more attractive, especially to youth, because they seek change here and now and foster bonds of friendship as a political force. A politics of friendship and trust rests on the benevolence of one towards the other, on welcoming differences, but also on the requirement of individual and collective responsibility in upholding shared values. These collectives, thanks to their ability to build unities within diversity, can become a major force for the transformation of the world. Examples of transformative movements historically successful include those started by persons such as Rosa Luxemburg, Rosa Parks, Wangari Matthaai, Leymah Gbowee, Rigoberta Menchu, Nelson Mandela, Desmond Tutu, Martin Luther King and Gandhi, whose famous quote sums up the philosophy of these new citizen movements: «Be the change you want to see in the world.» This principle was also taken up by Pope Francis in his Encyclical «Laudato Si.»

 

Good Living generates joie de vivre, and it constitutes an alternative to the economy of poor living, scarcity and mistreatment. According to the United Nations, annual drug and narcotic expenditures represent ten times the cost of meeting the vital needs of humanity. The money spent on arms, which generates war and death around the world, is twenty times the cost of supplying humanity’s vital needs. Advertising, which fuels this economy of poor living to better feed the rush to HAVE, is also considered worth ten times more than the sum needed to eradicate hunger or allow access to clean water or basic care.

 

Poor living results in a lack of inner joy, which leads people to seek compensation in what the philosopher Spinoza called “sad passions.” Poor living in ecological terms results in insatiable productivism, extractivism and consumerism. Only a happy sobriety and an economy of enough have the power to reverse this deleterious process.

 

How can agents collaborating for «the Great Transition» better coordinate on a global scale? Planetary citizenship is an ambitious global project that allows all the creative energies currently fragmented to converge in their diversity and expand. Let us get together around this common project! Let us develop common tools of communication to facilitate the convergence of our actions! Let us create symbols of belonging to our great family to make our movement visible! This visibility is essential so that its members can say, “Yes, we have the power to act! Yes, we are at home anywhere on the planet! Yes, we are all citizens of the People of the Earth! Yes, we can experiment with new ways of life that are ecologically and socially desirable!”

 

We are still a fractal cell of this world citizen movement for Good Living. The great projects in History have always started small. If many agents are ready to co-construct such a project in spaces such as the World Social Forum, it could quickly expand. Together we can help bring to light this innovative and complex paradigm. This paradigm is pluralistic, presupposing multiple approaches informed by a common vision and demanding concrete actions. It will call for innovations on a trial-and-error basis, such as new spaces of creation, new forms of relationship, new transversal themes, new hierarchies of values, and a new language to be created together with the collaboration of all creative people in all fields: cultural, economic, political, religious, agnostic, and spiritual.

 

To further this vision, the Dialogues for Humanity International Network proposes that the convergence of perceptions achieved during the “Summit of Consciences”, held parallel to COP21 in Paris (2015), be translated into the creation of a Humanity Security Council.

 

In the face of major threats - such as financial crises, ecological disasters, social upheavals, weapons of mass destruction, etc., - we propose a common Project for our movements: the creation of a Humanity Security Council by a world civil society. Such a Council is needed because the United Nations Security Council is far from its mission of promoting peace with justice; its five permanent members, who should have the greatest responsibility for the challenge of world peace, are also the top five arms dealers.

 

An authentic Humanity Security Council would combine two types of resources. On one hand, it needs large civil society organizations working in the ecological, humanitarian, social and technological fields to produce warnings and counter-proposals about the great risks facing Humanity. On the other hand, we need a «Council of Wise Persons,» with the function of advising the Humanity Security Council. This would allow a firm and transparent dialogue with the current UN Security Council. Such a Council of planetary citizenship could manifest an awareness of the future of our human family beyond all economic, political or religious interests.

 

A first challenge would be to participate in mobilization called Mission 2020, a call published in the journal Nature in June 2017.[1] In this appeal, several celebrities propose concrete changes in six fields of action that would result in a significant reduction in greenhouse gas emissions. This would give Humanity about twenty more years in which to continue its attempts to decelerate climate change.

Aside from Mission 2020, we need an alliance of citizen forces, great scientific and spiritual agents, and people in positions of political or economic responsibility. This co-construction could be the first subject the Humanity Security Council Project could address in its attempt to mobilize collectively a planetary citizens› movement.

 

Text proposed on behalf of Dialogues in Humanity by Patrick Viveret, Débora Nunes, Marcos Arruda, Anne Marie Codur, Christine Bisch, Siddhartha, Laurence Baranski, Geneviève Ancel et Hugues de Rincquesen.

 

Contact of Dialogues Network in Brazil (English and Portuguese): Débora Nunes (Salvador, BA): rededeboranunes@gmail.com and Marcos Arruda (Rio de Janeiro): marcospsarruda@gmail.com

 

REDE DIÁLOGOS EM HUMANIDADE

 

 

MANIFESTO

A EMERGÊNCIA DA CIDADANIA PLANETÁRIA

Transformar a Visão da Política e da Geopolítica:

do Poder Dominador ao Poder Co-criador

 

A grande questão geopolítica atual não é saber que Potência dominará o século 22, mas se haverá para a Humanidade um século 22. A civilização humana está ameaçada de desaparecer. Mas o que a ameaça é sua irresponsabilidade ecológica e social, sua própria barbárie interior e não exterior.

 

Isto muda a maneira como vemos a questão da defesa e da segurança. Ambos os termos, no sentido militar, estão no núcleo da política fundada na ideia de que uma nação se constrói frente a ameaças exteriores encarnadas por um “inimigo”. A relação com este inimigo exterior é, portanto, essencial  em toda visão política e geopolítica, de Sun Tzu a Clausewitz a George Bush. A noção de ameaça externa permite aos governos justificar a guerra como necessária; as autoridades muitas vezes tentam unir a nação contra qualquer que seja o “inimigo” do momento. A ideia de inimigo externo, real ou fabricado, pode ser conveniente para distrair o país dos problemas internos, como a desigualdade social e a opressão de classe.

 

A noção de cidadania planetária define a segurança como um desafio mais amplo que a segurança no sentido apenas militar. A segurança está relacionada com o direito à vida, que implica acesso a alimento, educação, saúde,  a um ambiente saudável e a todos os outros aspectos da vida em sociedade que tornam o Bem Viver materialmente possível. A necessária mudança de paradigma envolve, portanto, um deslocamento da segurança e defesa militar para o Bem Viver como direito de todos os habitantes da nossa Casa Comum. A família humana que habita o Planeta torna-se a referencia, e as ameaças já não são externas, mas sim internas.

 

Uma ameaça interna é o modo de desenvolvimento nocivo aos ecossistemas porque reduzido a crescimento “ilimitado”; ou a apropriação de recursos por um pequeno número de pessoas, empresas e países à exclusão da maioria dos humanos do direito à propriedade e ao Bem Viver. Este modo cego de crescimento econômico impede a maioria de viver em comunidades que praticam a política da partilha, da colaboração e da paz, em vez do egocentrismo, da  competição e da guerra. Do ponto-de-vista positivo o novo paradigma da cidadania planetária tem por base o desenvolvimento dos potenciais humanos individuais, coletivos e planetários, em harmonia com o meio natural.

 

Portanto, o Bem Viver consiste na capacidade dos humanos de organizar seu viver juntos em segurança , num planeta que permaneça habitável. A questão ecológica e humana, isto é, a capacidade da humanidade confrontar seus demônios interiores e crescer em humanidade, torna-se o centro de uma nova abordagem da geopolítica. Esta visão integral e planetária do lugar do humano na natureza muda nosso olhar, que se torna mais apto à compaixão e mais construtivo do que a visão convencional de mundo como composto de indivíduos e Estados-Nação competitivos. Cada ser humano se torna, naturalmente, cidadão da Terra. Pequenino e ao mesmo tempo responsável pelo seu futuro. Mas, de fato, propenso à humildade e à solidariedade, por ser um elemento frágil da família de todos os seres vivos.

 

Esta mudança de perspectiva requer mudar o modo de vida em quatro áreas.

 

POLÍTICA

 

É necessário passar do Poder dominador, que fundamenta a geopolítica clássica, ao Poder co-criador. Isto conduz a uma mudança da noção de governança, a uma mutação qualitativa da democracia competitiva e delegativa a formas de Democracia participativa e colaborativa. É também a passagem de uma política fundada na inimizade (a figura do inimigo) à que Aristóteles e Derrida chamavam de uma “política da amizade”, fundada na ideia de que a/o “irmã/o” (no sentido de filhas e filhos da Mãe Terra) só pode sobreviver superando suas pulsões violentas. Isto não significa o fim dos conflitos nem dos desacordos, mas a capacidade de entende-los de maneira fecunda e não violenta. Isto é importante tanto nas relações interpessoais quando nas interações no seio da sociedade civil planetária na sua diversidade.

 

JURÍDICA

 

A transformação proposta sugere também uma mudança da visão jurídica: passagem da “soberania solitária” dos Estados-Nações à “soberania solidária”, capaz de respeitar a soberania dos outros e levar em conta “bens comuns” ecológicos e societários (não só os bens da natureza, mas também o conhecimento e o poder de gerir-los com sabedoria). Esta ideia se apoia já em novas abordagens jurídicas, tais como a noção de ecocídio - crime contra o ambiente que coloca em risco a humanidade. A Corte Penal Internacional se reconhece competente para julgar um crime devidamente comprovado contra a humanidade de natureza ambiental.

 

O reconhecimento legal do ecocídio nos obriga a ver o planeta como a casa domum de todas as espécies vivas. Esta noção se afasta do puro “inter-nacionalismo”, em que o mundo é entendido como composto de Estados-Nações. Na verdade, a realidade de um planeta fragmentado em diferentes Estados-Nações existe lado a lado com a realidade de um planeta unido por uma origem e destino comuns. Uma “visão global” se opõe à globalização que é somente econômica e financeira; em vez disso, leva em conta o conjunto das questões ecológicas e sociais mundiais a partir do nível local. Pela lente da visão global, cada comunidade é responsável pela gestão do seu próprio espaço, apoiada, quando necessário, pelos outros níveis (territórios, países, continentes). Esta prática permite a construção de relações baseadas no respeito mútuo e na confiança entre comunidades e entre diferentes níveis. Assim, a cidadania planetária dá a todo ser humano direitos e deveres definidos na Declaração Universal dos Direitos Humanos e na Carta da Terra, tornando-se compatível com a cidadania local, nacional ou continental. Esta relação envolve a co-responsabilidade entre as diferentes escalas de vida para a sobrevivência do conjunto do povo da Terra.

 

ECONÔMICA

 

Há também, evidentemente, mudança em relação à economia. O desenvolvimento econômico deve ser visto com um mero meio de se realizar o desenvolvimento das liberdades individuais e sociais. Tal mudança requer uma economia plenamente ecológica, que promove a consciência da necessidade de uma boa gestão de todas as nossas moradas: nosso corpo, nossas casas, nossas comunidades, nossos biomas, nosso país e a grande casa planetária. Requer uma economia do suficiente, que reconheça os limites dos recursos da Terra, promova o consumo sóbrio e responsável e planeje a produção dentro dos limites dos ecossistemas. Requer novos indicadores de riqueza e uma abordagem da contabilidade que resgate o verdadeiro sentido da expressão  “atividades benéficas”: fontes de melhoras qualitativas e não meramente quantitativas para um pequeno número de privilegiados. Isto contrasta com uma economia em que o dinheiro é gerado por atividades especulativas ou destruidoras da vida e dos ecossistemas tais como a mercantilização do trabalho humano, as guerras, as doenças, a obsolescência programada dos produtos, o agravamento das catástrofes naturais (extrativismo ou construções anárquicas) e os vícios, como o consumo de cigarros.

 

O que conta numa casa é o Bem Viver de todas e todos os que a habitam. O verdadeiro sentido da atividade econômica deveria ser viver em plenitude, e não o lucro e a acumulação de dinheiro e de propriedades como fins em si. Viver em plenitude inclui ter acesso a todas as condições que facilitam o desenvolvimento dos potenciais, qualidades e talentos de cada pessoa, comunidade, território e povo. A partilha da propriedade e da gestão dos bens produtivos - seja a terra, as unidades industriais e financeiras, seja a tecnologia, o conhecimento e o tempo - nutrem a solidariedade, a reciprocidade e a complementaridade.

 

O Bem Viver leva a outras mudanças profundas. Um é a transição da empresa privada como protagonista das atividades econômicas para uma economia plural. Esta só acontece se houver o deslocamento do centro das atividades econômicas da empresa privada para as comunidades nos seus territórios e ecossistemas, autogestionárias e ligadas entre si por laços solidários. O planejamento participativo do desenvolvimento socioeconômico autogestionário orienta os fluxos econômicos e de conhecimento para a produção de bens e serviços que respondem às necessidades reais dos sujeitos sociais. Também promove a Política enquanto modo de governança participativo e não-hierárquico que se organizam do local às esferas mais gerais. Esta vocação da Política de serviço ao Bem Viver integral das pessoas se estende ao Estado democrático, cujas responsabilidades abrangem:

 

  • Orquestração da diversidade social
  • Criação democrática de leis e regulações para guiar as relações entre as pessoas, instituições e o meio natural
  • Proteção dos direitos humanos e da soberania nacional e popular
  • Promoção de relações harmônicas e igualitárias entre as comunidades e as regiões com respeito à diversidade
  • Planejamento e gestão democrática do desenvolvimento socioeconômico, incluindo o uso dos bens naturais e a produção das infraestruturas que servem às esferas regionais e nacional
  • Garantia de uma gestão responsável dos bens comuns, dos biomas e ecossistemas
  • Proteção dos ambientes alterados pela ação humana
  • Gestão dos assuntos internacionais e planetários.

 

ESPIRITUAL

 

O Bem Viver leva igualmente a uma mudança em relação à espiritualidade. Bem Viver implica uma espiritualidade aberta, fundada na relação com a beleza, com o mistério da interioridade que permite transcender as várias religiões organizadas em torno do medo, da culpa, da submissão e do sacrifício. A espiritualidade aberta supera a lógica da Potência dominadora, que corrompeu profundamente diversas instituições e promoveu as piores guerras - aquelas realizadas em nome de Deus. Essa espiritualidade aberta, criativa e não dominadora é, portanto, plenamente coerente com uma abordagem aberta do laicato e a liberdade de crença. A espiritualidade se torna, assim, uma busca íntima da missão profunda de cada pessoa nesta vida, o que nos leva à prática da alegria de viver consigo mesma, com os outros e com a Natureza. Esta noção e esta prática mudam a compreensão da relação do ser humano com o Cosmos de uma visão que separa as dimensões micro e macro da realidade para uma visão da interconexão entre elas. Em vez de ver o universo exterior separado do interior, percebe que eles são interativos. Este novo entendimento abre o caminho para uma transformação ao mesmo tempo pessoal quanto social.

 

CIVILIZAÇÃO

 

A noção de civilização está mudando. A perspectiva de uma cidadania mundial permite oferecer uma alternativa não só à noção de civilização colonizadora, mas também à guerra de civilizações teorizada e praticada pelos neo-conservadores estadunidenses. A cidadania mundial exige um diálogo entre Modernidade e Tradição, capaz de conservar o melhor dos dois. Da Modernidade guardaremos a liberdade de consciência, o reconhecimento da singularidade e, portanto, dos direitos de todos os seres humanos, sem o pior – a coisificação ou mercantilização da Natureza, da Vida e até dos Humanos. E operaremos a mesma “triagem seletiva” entre a parte luminosa da Tradição – a reconexão com a Natureza, com os outros e com as questões do sentido, rejeitando sua parte sombria - a dependência derivada da dominação patriarcal (controle social, fundamentalismo identitário e ecologia misantrópica).

 

É toda a perspectiva do humanismo que se encontra assim transformada. Co-construção de um Humanismo a serviço da Vida e da cidadania planetária, e não o humanismo de dominação da natureza e de imposição da visão ocidental do mundo.

 

O desafio do “Bem Viver”

 

Nessa perspectiva, a visão manifestada pelos povos originários da América Latina, e divulgada com força a partir do Fórum Social Mundial em Belém, 2009, propõe uma transição no sentido de sociedades do “Bom Viver” (sumak kawsay em quechua), do Bem Viver/Viver Bem (aymara), que ganha pleno sentido hoje e cria a reviravolta espiritual de que nosso mundo necessita.

 

Mas o Bem Viver não se tornará um verdadeiro projeto de sociedade a menos que seja encarnado por um movimento cidadão que o leva a sério para se organizar consequentemente em torno desse eixo e realizar ações concretas. Precisamos responder ao desafio da experiência e não só da esperança. A simplicidade dos 13 passos propostos pelos povos originários dos Andes para exprimir o sumak kawsay no cotidiano pode servir de inspiração a todas e todos que querem empreender uma transformação pessoal e assim contribuir a uma transformação social. A transformação começa pela vida cotidiana na escala individual para ampliar-se à escala de toda a sociedade global. É um novo sentido da vida que se exprime na busca do “Viver Plenamente”, no sentido integral: Bem Viver conosco mesmos, com os que nos cercam e com aquela que nos nutre, a Mãe Terra. Os princípios do Bem Viver podem exprimir-se nestes 13 saberes:

 

1) nutrir-se do que é saudável;

2) beber favorecendo o fluxo da vida;

3) dançar no ritmo do Universo;

 

4) repousar, dormir de um dia para o outro;

5) ser capaz de trabalhar com alegria;

6) calar-se e buscar o silêncio meditativo;

7) pensar, em conexão com o coração e o espírito;

8) amar e ser amada/o;

9) ouvir-se, os outros e a Mãe Terra;

10) falar de modo construtivo;

11) sonhar com uma realidade melhor;

12) aprender a caminhar acompanhado das boas energias; e

13) dar e receber.

 

A transição a sociedades do Bem Viver não é mais apenas um sonho. Ela já é praticada  por um novo tipo de movimentos cidadãos. Suas inovações estão criando desejo de participar e demonstrar que tais sociedades são realizáveis em escala ampliada.

 

Devemos, portanto, construir uma verdadeira “aliança das forças da vida”, capaz não só de resistir às lógicas mortíferas, mas também de promover essa grande Transição a sociedades do Bem Viver, inspirados por movimentos que tratam de viver seus sonhos aqui e agora, tais como o Manifesto Convivialista, o movimento Cidades em Transição, filmes como «Amanhã», o Programa Educação Gaia, a Rede Global de Ecovilas, o movimento Nação Pachamama, a Rede intercontinental de promoção da economia social solidária (RIPESS), o pulular educativo e empreendedor da entidade Gawad Kalinga, nas Filipinas, Ekta Parishad (o movimento gandhiano de Rajagopal) e Vikalp Sangham (grande rede de grupos e movimentos alternativos), ambos na Índia. A estes acrescentamos todas as iniciativas que manifestam em todo o mundo uma formidável criatividade e poder inovador.

 

Em todo movimento transformador ocorrem conflitos importantes que precisam ser superados. Não sendo plenamente entendidos, eles conduzem vários projetos transformadores a terem limitada sua potência criadora, ou ao fracasso. Inúmeros projetos alternativos na História terminaram por fracassar, não pela força dos seus adversários (o capitalismo, o despotismo, o imperialismo, por exemplo), mas pela implosão causada por rivalidades fratricidas. Uma segunda fonte de fracassos pode brotar ironicamente do próprio sucesso do movimento: lideres complacentes podem ser responsáveis pela queda da energia criativa do movimento.  Ao analisarmos as causas desses fracassos, sempre encontramos o fato de que formas de mal viver, e também de maus tratos estavam sempre presentes no seio dessas movimentos. Uma parte do mal viver, coletivo ou individual, leva à busca no exterior da energia que falta no interior do movimento. Isto se traduz em relações rivalidade com os outros (sexismo, racismo, classismo), numa relação predatória com a natureza, e pela depressão. Em razão de todas estas desfuncionalidades internas esses movimentos frequentemente desembocaram em formas brutais de governança.

 

A necessidade de lidar com estes desafios a fim de criar pela ação formas verdadeiramente democráticas de governança é evidente. Inúmeros movimentos, baseados na autogestão e na liderança compartilhada, que valorizam a contribuição de cada pessoa, confirmam esta necessidade cada vez mais consciente. Tais coletivos se tornam mais fortes e atraentes, sobretudo para a juventude, desejam uma mudança do mundo aqui e agora, e defendem os laços de amizade como força política. Uma política da amizade e da confiança repousa na benevolência de um/a em relação ao outro/a, no acolhimento das diferenças, mas também na exigência de responsabilidade individual e coletiva em coerência com os valores compartilhados. Estes coletivos, graças à sua capacidade de construir unidades na diversidade, se tornam uma força de ação maior para a transformação do mundo. Todos os exemplos que existem aqui e ali há decênios são sementes de renovação e são portadores de frutos abundantes, mas frequentemente desconhecidos, à exceção de exemplos políticos emblemáticos como os de Rosa Luxembourg, Rosa Parks, Wangari Matthaai, Leymah Gbowee, Rigoberta Menchú, Nelson Mandela, Desmond Tutu, Martin Luther King e Gandhi, cuja célebre citação resume a filosofia destes novos movimentos cidadãos: “Seja a mudança que você quer ver no mundo”, retomada pelo Papa Francisco na sua Encíclica «Laudato Si».

 

A Alegria de Viver no seio do Bem Viver constitui a alternativa individual e societária às economias do mal estar, da carência e dos maus tratos. Segundo as Nações Unidas, as despesas anuais com drogas e entorpecentes representam dez vezes as somas que permitiriam a satisfação das necessidades vitais da humanidade; e as despesas com armamentos, que geram guerra e morte mundo afora, vinte vezes! A publicidade, que participa desta economia do mal estar para melhor alimentar a corrida ao TER, é avaliada em mais de dez vezes as somas exigidas para erradicar a fome, permitir acesso a água potável ou aos cuidados básicos.

 

O mal viver está na origem da insuficiência de alegria interior, que leva à busca de compensação no que o filósofo Spinoza chamava de paixões tristes. Em termos ecológicos, o mal viver está também na origem de formas insaciáveis de produtivismo, extrativismo e consumismo insaciáveis. Só uma sobriedade feliz e uma economia do suficiente têm o poder de inverter este processo deletério.

 

Como podem os agentes que colaboram para “a Grande Transição” melhor coordenar-se em escala global? A cidadania planetária oferece a possibilidade de um projeto mundial ambicioso, que permite a todas as energias criadoras presentes hoje de forma fragmentada, unir-se na sua diversidade e ampliar-se. Pois os bens mais preciosos se multiplicam quando são compartilhados. Reunamo-nos, pois, em torno deste projeto comum! Desenvolvamos ferramentas comuns de comunicação para facilitar a convergência de nossas ações! Criemos símbolos de pertencimento a nossa grande família a fim de torna-la visível! Esta visibilidade é essencial a fim de que seus membros possam dizer: “Sim, temos o poder de agir! Sim, estamos em casa em qualquer lugar do planeta! Sim, somos todas e todos cidadãs e cidadãos do Povo da Terra! Sim, podemos experimentar novas formas de vida que consideramos ecológica e socialmente as mais desejáveis!”

 

De fato, nós ainda somos uma célula fractal deste movimento cidadão mundial pelo Bem Viver. Mas todos os grandes projetos na História começaram pequenos. Se muito atores se aprestam a co-construir um tal projeto em espaços como o Fórum Social Mundial, ele poderá rapidamente se expandir. A Visão deve ser imensa, e a Ação levará tempo, dando pequenos passos para segui-la, em confiança e consciência, brilhando pela qualidade dos seus resultados e atraindo sempre mais energias criadoras do futuro.  Juntos podemos ajudar a dar à luz este paradigma complexo e inovador. Ele é plural e supõe abordagens múltiplas e ações concretas informadas por uma visão comum, tentativas e erros, novos espaços de criação, novas relações, novas transversalidades, novas hierarquias de valores, uma nova linguagem a invertarmos com a colaboração de todas as pessoas criativas, em todos os campos – cultural, econômico, político, religioso, agnóstico, espiritual.

 

Para servir a esta visão, a rede Diálogos em Humanidade propõe que a convergência de percepções alcançada na “Cúpula das Consciências” realizada em paralelo à COP21, se traduza na criação de um Conselho de Segurança da Humanidade.

 

Frente aos colapsos maiores, - tais como as crises financeiras, catástrofes ecológicas, explosões sociais, riscos ligados ao uso voluntário ou acidental de armas de destruição maciça, etc., - propomos um projeto comum aos nossos movimentos: a construção de um Conselho de Segurança da Humanidade pela sociedade civil mundial. Tal iniciativa é necessária porque o Conselho de Segurança das Nações Unidas está longe de estar à altura da sua missão de promover a paz com justiça. Seus cinco membros permanentes, que deveriam ter a maior responsabilidade sobre o desafio mundial da paz, são também os cinco principais vendedores de armas.

 

Um autêntico “Conselho de Segurança da Humanidade” combinaria dois tipos de recursos. Por um lado, as organizações da sociedade civil que atuam nos domínios ecológico, humanitário, social, tecnológico, mas também todo tipo de agente, capazes de formular alertas e contra-propostas relativas aos grandes riscos que corre a Humanidade. Por outro lado, a criação de um “Conselho de Sábias e Sábios”, com a função de aconselhar o Conselho de Segurança da Humanidade. Isto permitiria um diálogo exigente e transparente com o atual Conselho de Segurança da ONU. Um tal Conselho da cidadania planetária poderia manifestar uma consciência do futuro da nossa família humana para além de todo interesse econômico, político ou religioso.

 

Um primeiro desafio seria participar da mobilização pela Missão 2020, divulgada na revista Nature em junho de 2017[1]. Neste apelo, diversas personalidades propõem mudanças concretas em seis campos de ação que resultariam em diminuição significativa da emissão de gases-estufa. Isto permitiria à Humanidade ganhar cerca de vinte anos para prosseguir seu caminho de desaceleração da mudança climática.

 

Além da Missão 2020, precisamos co-construir uma aliança entre as forças sociais e cidadãs, os grandes agentes científicos e espirituais, e os agentes em posição de responsabilidade política ou econômica.

 

Esta co-construção poderia ser o primeiro assunto a ser tratado pelo Projeto de Conselho de Segurança da Humanidade numa incitação a mobilizar-nos coletivamente por uma agenda dinâmica, numa perspectiva de ação da cidadania planetária.

 

 

 

Texto proposto em nome da Rede Diálogos em Humanidade, por Patrick Viveret, Débora Nunes, Marcos Arruda, Anne Marie Codur, Christine Bisch, Siddhartha, Laurence Baranski, Geneviève Ancel et Hugues de Rincquesen.

 

Contato da Rede Diálogos no Brasil: Débora Nunes (Salvador, BA): rededeboranunes@gmail.com