L'émergence de la citoyenneté planétaire/A Planetary Citizenship

Note: See, below the French version, the English Translation of this text

 

L´emergence de la citoyenneté planétaire

 

 Transformer La vision du politique et de la géopolitique : de la puissance dominatrice à la puissance créatrice

 

Traditionnellement, une communauté politique  se construit (de la tribu à l’Etat nation en passant par la Cité et l’Empire) en pacifiant et en civilisant un espace intérieur face à une menace venant de l’extérieur : les Barbares chez les Grecs sont en fait les étrangers. Or la grande question géopolitique actuelle n’est pas de savoir quelle puissance dominera le 22 ème siècle mais s’il y aura, pour l’Humanité, un 22 ème siècle. La civilisation humaine est bel et bien menacée d’effondrement mais c’est son irresponsabilité écologique et sociale, sa propre barbarie intérieure et non extérieure qui la menace.

 

La question de la défense traditionnellement au cœur de la gouvernance change ainsi de nature. Elle devient celle de la capacité de l’humanité à organiser son vivre ensemble sur une planète qui demeure habitable. La question écologique et la question humaine c’est à dire la capacité de l’humanité à affronter ses démons intérieurs et à grandir en humanité devient le cœur d’une nouvelle approche de la géopolitique bien symbolisée par le changement de posture d’anciens pilotes de chasse lorsqu’ils deviennnent astronautes et voient la Terre vue du Ciel. Cela change leur regard, qui devient plus compassionné (apte à la compassion ?) et constructif. L’homme devient tout naturellement citoyen de la Terre, voire de l’Univers. Tout petit et en même temps responsable de son avenir mais, de fait, enclin à l’humilité et à la solidarité car un élément fragile de la famille humaine. Des propositions telles que la création d’un véritable « conseil de sécurité de l’humanité » appuyé sur un « conseil de sages » et permettant  un dialogue exigeant avec l’actuel conseil de sécurité de l’ONU s’inscrit dans cette perspective (dernière phrase à transférer ou compléter en fin de texte ?suggestion: étoffer cette phrase en un court paragraphe juste apres le paragraphe sur le change;ent de la vision juridique - 2 paragraphes plus bas).(texte plus précis en préparation sur ce point).

 

Il y a donc nécessaire passage de la Puissance dominatrice qui fonde la géopolitique classique à la Puissance créatrice. Cela conduit à un changement de la notion de gouvernance. Et à une mutation qualitative de la Démocratie par rapport à la Démocratie compétitive et délégative pour aller  vers des formes de démocratie participatives et coopératives. De même, c’est le passage d’une politique fondée sur l’inimitié (la figure de l’ennemi) à ce qu’Aristote et Derrida nommaient « une politique de l’amitié » fondée sur l’idée que le « frater » (le genre humain en latin), ne peut survivre qu’en dépassant ses pulsions violentes. Cela ne signifie ni la fin des conflits ni celle des désaccords mais leur capacité à les construire de manière féconde 

 

Ceci conduit à un changement de la vision juridique : passage, comme le souligne Mireille Delmas Marty, de « la souveraineté solitaire » des Etats-nations à la « souveraineté solidaire »  capable de prendre en compte des éléments de « biens communs » écologiques et sociétaux. Elle prend appui dès aujourd’hui sur de nouvelles approches juridiques telles que la notion d’éco-cide ou de crime contre l’environnement mettant en danger l’Humanité. Le fait que la Cour pénale internationale puisse se reconnaître compétente si le lien avec un crime contre l’humanité est prouvé constitue un premier pas dans cette direction.

 

C’est aussi un dépassement de l’approche purement « inter-nationale » pour aller vers ce qu’Edouard Glissant nomme « la mondialité » : la mondialité s’oppose à une globalisation qui reste purement financière pour prendre en compte l’ensemble des questions écologiques et sociales mondiales. Cela signifie aussi les traiter en termes de subsidiarité pour que la mondialité ne soit pas contradictoire avec les différentes « identités-racines »  et qu’elle permette , comme le note Glissant, la construction des « identités-relations ».  Ainsi la reconnaissance d’une citoyenneté planétaire ouvrant pour tout être humain un certain nombre de droits et devoirs tirés de la Déclaration universelle des droits humains et d’une Charte de responsabilité écologique n’est pas contradictoire avec des formes de citoyenneté locales, nationales ou continentales. Bien au contraire, l´identité relation relève de la co-responsabilité avec les differentes échelles de vie et avec la survie de l´ensemble du peuple de la Terre.

 

Il y a aussi bien sûr changement du rapport à l’économie. Une Economie pleinement écologique qui respecte le fait que la gestion de nos petites maisons terriennes (sens du mot oikos NOMOS en grec) dépend étroitement de la préservation de « l’oikos logos », de l’éco-logie,  c’est à dire de la grande maison planétaire. Cela appelle de nouveaux indicateurs de richesse et une approche de la comptabilité qui redonne au terme de bénéfice son véritable sens d’activités bénéfiques, sources de bienfaits qualitatifs et non quantitatifs. Or, alors que nombre de valeurs ajoutées monétaires correspondent en réalité à des activités destructrices pour l’homme, la nature, la santé…, telles que l’exploitation humaine, les guerres, les accidents routiers, l’aggravation des catastrophes naturelles (extractions ou constructions anarchiques) et les addictions comme la simple consommation de cigarettes.*

 

 

Il y a également  Changement du rapport à la spiritualité. Spiritualité ouverte fondée sur le rapport à la beauté, au mystère de l’intériorité permettant de dépasser nombre de religions organisées autour de la peur de la soumission et du sacrifice. Surtout il y a dépassement de la logique de Puissance dominatrice qui a corrompu en profondeur nombre de faits religieux et à conduit aux pires guerres, celles conduites au nom de Dieu et débouchant sur le cri terrible De Simon De Monfort : » Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens». Cette spiritualité ouverte, créatrice et non dominatrice peut alors être pleinement cohérente avec une approche ouverte de la laïcité. 

 

C’est donc un Changement du rapport entre microcosme et macrocosme qui conduit à une vision fractale tant de l’univers extérieur que de l’univers intérieur et ouvre à l’approche d’une transformation personnelle autant que sociale (cf axe TPTS. Approche travaillée collectivement depuis longtemps et particulièrement lors du 2ème FSM de Porto Alegre). Cela suppose bien sûr l’ouverture à une intelligence globale autant ouverte sur le cœur et le corps que sur l’esprit.

 

Il y a dès lors changement de la notion de civilisation. La perspective d’une Civilité mondiale permet d’offrir une alternative non seulement à la notion de civilisation colonisatrice mais aussi à la guerre de civilisations théorisée par les néo-conservateurs américains. Cela vaut en particulier pour le nécessaire dialogue, à la fois exigeant et ouvert entre Modernité et Tradition, capable de conserver le meilleur de la modernité (la liberté de conscience, la reconnaissance de la singularité et donc des droits de tout être humain) sans le pire (la chosification ou la marchandisation de la Nature, du Vivant et des Humains eux-mêmes) et d’opérer le même « tri sélectif » entre la part lumineuse  de la Tradition, la Reliance (à la nature, aux autres, aux questions du sens) sans sa part d’ombre : la Dépendance (contrôle social, fondamentalisme identitaire voire écologie misanthropique). Un dialogue qui se joue autant dans les quartiers de nos villes-monde qu’à l’échelle planétaire.

 

C’est toute la perspective de l’humanisme qui se trouve ainsi transformée . Coconstruction d’un Humanisme au service du Vivant et de la citoyenneté planétaire et non humanisme de domination de la nature et d’imposition d’une vision occidentale du monde.

 

L’enjeu du « buen vivir »

 

Dans cette perspective, la proposition initiée par les peuples premiers de l´Amérique Latine et parue avec force lors du FSM de Belem en 2009, propose une transition vers des sociétés du « buen vivir » (sumak kawsay en quechua), du bien vivre qui prend tout son sens aujourd’hui et crée la bascule spirituelle dont notre monde a besoin.

 

 

Mais le Buen Vivir ne deviendra un véritable projet de société que s’il est incarné par un mouvement citoyen qui le prend suffisamment au sérieux pour s’organiser en conséquence autour de cet axe et mener des actions signifiantes. Il nous faut en faire un enjeu d’expérience et pas seulement d’espérance. La simplicité des 13 pas proposés par les Indiens des Andes pour exprimer le sumak kawsay au quotidien peut servir d´inspiration à tous ceux et toutes celles qui veulent entreprendre une transformation personnelle pour contribuer à la transformation sociale. Cette transformation commence par la vie quotidienne et finit par tout changer, car c´est un nouveau sens de la vie qui s´exprime dans la recherche d´« être bien », dans un sens ample : Être bien avec nous-mêmes, avec ceux qui nous entourent et avec celle qui nous nourrit, la Nature. Les 13 principes pour la recherche de l’équilibre sont: 1) savoir se nourrir de ce qui est sain ; 2) savoir boire en favorisant le flux de la Vie ; 3) savoir danser dans le rythme de l’Univers, 4) se reposer, dormir d’un jour à l´autre ; 5) être capable de travailler avec joie ; 6) savoir se taire et chercher le silence méditatif ; 7) penser en reliant le cœur et l’esprit ; 8) savoir aimer et être aimé, 9) savoir écouter soi-même, les autres et la Terre Mère ; 10) savoir parler de manière constructive ; 11) savoir rêver d’une réalité meilleure, 12) apprendre à marcher en étant accompagné des bonnes énergies et 13) savoir donner et recevoir.

 

Pour qu’une transition vers des sociétés du bien vivre, déjà commencée aux quatre coins du monde, soit amplifiée de manière significative, il faut qu’elle soit désirable. C’est parce qu’une anticipation par un nouveau type de mouvement social et citoyen de formes d’organisations politiques, économiques, éducatives… aura créé à la fois ce désir pour tous et la démonstration sans conteste possible qu’il est réalisable à grande échelle que des forces beaucoup plus nombreuses pourront en fair 

 

L’ambition de projets aussi radicaux d´une nouvelle civilisation ne serait pas envisageable sans lien avec une résistance créatrice  mais aussi des expérimentations  anticipatrices. C’est donc la stratégie du REVE proposée par les états généraux de l’économie sociale et solidaire en France qu’il nous faut continuer à mettre en œuvre avec le V de la vision transformatrice qui débloque l’imaginaire, le E de l’expérimentation anticipatrice qui l’incarne, qui donne au R de la résistance un caractère créatif (sans quoi elle peut tourner à la révolte désespérée). Et, en facteur commun, le dernier E, celui de l’évaluation démocratique entendue au sens fort d’organisation de la délibération citoyenne sur ce qui fait valeur, valeur au sens originel de force de vie. On peut même y ajouter un second R celui de la Résilience refondatrice si nous sommes conduits, comme on peut le craindre, à affronter des situations d’effondrements provoqués par les années d’irresponsabilité écologique, sociale et financière de l’hyper-capitalisme. Auquel cas notre projet devient REVER ce qui n’est pas inutile dans des temps qui peuvent être cauchemardesques. Et il faut oser rêver grand pour fédérer les enthousiasmes et réussir à surmonter les obstacles !

 

Nous devons donc construire une véritable «alliance des forces de vie» capable non seulement de résister aux logiques mortifères mais aussi de promouvoir cette grande Transition vers des sociétés du Buen Vivre dans la lignée des appels d’Edgar Morin, du manifeste convivialiste, de films comme «Demain», Transition Town Totnes, Gaia Education, Global Ecovillage Network et de toutes les initiatives qui manifestent dans le monde entier une formidable créativité culturelle, écologique, économique, sociétale et citoyenne.  

Au cœur de ce Projet de Transition vers une société du bien vivre, il y a cependant un point aveugle important qui, faute d’être compris pleinement, conduit nombre de projets transformateurs à l’échec ou à voir limitée leur Puissance créatrice. Ce point aveugle c’est que nombre de projets alternatifs dans l’Histoire ont fini par échouer, non par la force de leurs adversaires (le capitalisme, le despotisme, par exemple) mais par insuffisance d’énergie créatrice intérieure. Le communisme par exemple s’est détruit de l’intérieur et a  produit ces caricatures mortifères de régimes totalitaires qui finissaient par rendre par comparaison le capitalisme désirable pour les populations qui en subissaient l’oppression. Toujours on retrouve, si on analyse les causes de ces échecs, le fait que des formes de mal de vivre, de mal-être, voire de maltraitance étaient fortement présents au cœur de ces mouvements. Or tout mal de vivre collectif ou individuel se traduit par un déficit d’énergie intérieure qui conduit à rechercher à l’extérieur l’énergie manquante. Cela se traduit par la rivalité dans les rapports avec autrui, la prédation dans les rapports à la nature et par la dépression dans les rapports à soi-même. A ce titre il n’est pas sans intérêt de voir comment des problèmes dits « personnels » ont joué un rôle décisif dans des bifurcations négatives de forces transformatrices : Qu’il s’agisse de Danton et de Robespierre, de Marx et de Proudhon, de Lénine et de Trotsky, de Castro et de Mao Tse Toung  etc. la liste est longue de ces influences négatives de manque de sagesse et de bien vivre intérieurs qui se traduisent par des formes brutales dans les modes d’organisation et de leadership. On peut sans difficulté en trouver de nombreux exemples dans l’actualité des organisations auxquelles nous appartenons les uns et les autres.

Le besoin de changer cette dynamique pour donner plus de place à des mouvements qui renouvellent l´énergie des participants en voulant changer le monde devient évident. Des mouvements basés sur l´autogestion et le leadership partagé qui valorisent la contribution de tous et de toutes confirment ce besoin de plus en plus conscient. Des collectifs deviennent forts et attirants, prônant que les liens d´amitié - dans leur exigence et leur tolérance – sont une force politique et pas simplement un enjeu personnel. Ces collectifs créent les conditions pour que la confiance et l´amitié deviennent une force d´action en face de leurs objectifs et font un effort de cohérence de leur fonctionnement au regard des transformations dans le monde auquel ils aspirent.

 

Tous les exemples qui existent ici et là depuis des décennies sont des graines de renouveau et portent déjà leurs fruits, abondants mais trop souvent encore dans l’angle mort de nos connaissances, à l’exception d’exemples politiques emblématiques comme ceux de Nelson Mandela, Desmond Tutu, Gandhi ou Martin Luther King. De nombreuses expériences citoyennes, sociales et économiques, plus récentes, partout dans le monde, de l’Afrique à l’Amérique et à l’Asie, comme celle de l’ONG Gawad Kalinga aux Philippines, montrent pourtant qu’un tel changement est possible à grande échelle, impactant des millions de familles, en se fondant d’abord sur des valeurs partagées et un rêve fou : éradiquer la pauvreté par l’éducation, le partage équitable, la mise en valeur de la terre et l’entrepreneuriat social. Dans un premier temps, les partenariats sont nombreux et la croissance en tant que telle n’est pas remise en cause mais elle devient écologique, locale, frugale et partagée dans la convivialité. « La qualité de vie au Bas de la Pyramide (BoP) ne se mesure pas à l’aide d’outils quantitatifs comme le PIB, mais en s’appuyant sur des critères extra-financiers se rapportant à des valeurs telles que la ténacité, la résilience, la générosité, la quête de sens, le bien-être, la bienveillance et le partage. (…) L’objectif est de parvenir à une prospérité et une paix durables en n’abandonnant pas les plus faibles. Le défi réside dans notre capacité à produire des preuves et des modèles montrant que c’est possible. (…) L’entrepreneuriat social comme levier d’une économie positive constitue l’espoir des pauvres tout en contribuant à faire évoluer les pratiques

vers des modes de consommation plus durables et solidaires. » Tony Meloto (fondateur de Gawad Kalinga), juillet 2017, Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.

 

C’est dans cette perspective qu’au Forum social mondial de Porto Alegre nous avions proposé, à plusieurs, »l’axe TPTS», c’est-à-dire la nécessité d’avancer simultanément sur le terrain de la transformation personnelle et sur celui de la transformation sociétale. Le déficit énergétique provoqué par l’insuffisance de joie intérieure débouche sur la compensation de ce que le philosophe Spinoza nommait les passions tristes. Si, en termes écologiques, le mal-être est aussi à l’origine des formes boulimiques de productivisme et d’extractivisme, seule une sobriété heureuse,  (à condition d’insister sur ce second terme), est de nature à inverser ce processus délétère. Mais ceci n’est possible que si la qualité de conscience et de présence à la Vie nous permet cette progression.

 

La Joie de Vivre au cœur du Bien Vivre constitue l’alternative individuelle et sociétale aux économies du mal-être et de la maltraitance. Ainsi, selon les Nations unies, les dépenses annuelles de drogue et de stupéfiants représentent dix fois les sommes qui permettraient la satisfaction des besoins vitaux de l’humanité et les dépenses d’armement vingt fois ! Ajoutons que la publicité qui participe de cette économie du mal-être en vendant des promesses dans l’ordre de l’ETRE (beauté, bonheur…) pour mieux alimenter la course à l’AVOIR est évaluée elle aussi a plus de dix fois les sommes requises pour éradiquer la faim, permettre l’accès à l’eau potable ou  aux soins de base.

 

Ainsi il est impératif de continuer à œuvrer dans le sens de notre propre transformation en nous posant la question : comment arrivons-nous nous-mêmes à mettre en acte pleinement ce «bien vivre» dont nous proclamons la nécessité ? Poursuivons la construction d’un écosystème permettant l’accès de ses membres aux biens et services fondamentaux en mutualisant aussi bien les nouveaux outils que sont les nouveaux indicateurs de richesse, les nouvelles formes d’échange (monnaies citoyennes, LETS et SEL, accorderies, réseaux d’échange réciproques de savoirs etc), les leviers de l’épargne solidaire et de la banque éthique, les formes de mutation du travail et de l’emploi !

 

Multiplions les formes de coopératives politiques en rupture avec les formes de la politique compétitive et égotique qui ont conduit des courants d’extrême droite au pouvoir dans tant de pays ! Continuons à innover et à donner envie d’innover par de nouvelles approches éducatives !Utilisons davantage notre propre argent comme impulseur d´une économie plus humaine et écologique ! Développons radicalement, dès le plus jeune âge, la conscience que les biens les plus précieux se multiplient en se partageant (l’amour, la joie, l’enthousiasme, l’optimisme, la recherche du meilleur en chacun, de l’opportunité derrière la crise, de l’arc-en-ciel après la pluie,… l’audace d’entreprendre, le plaisir de créer ensemble, de donner, de recevoir, de découvrir, de sortir de sa zone de confort,… l’intelligence du cœur, l’imagination, la connaissance et le respect de la Nature, la musique, la danse,…) ! Expérimentons encore de nouvelles formes de spiritualité ouverte  permettant que les questions du sens soient présentes dans nos échanges mais sous des formes alternatives aux fondamentalismes religieux ! Intéressons-nous en profondeur aux nouvelles formes de l’art d’aimer, aux nouveaux rapports entre hommes et femmes, entre adultes et enfants, en nous souvenant que des anticipateurs comme Charles Fourier, Rosa Luxembourg ou Marcel Mauss considéraient qu’il n’y a pas de transformation sociale possible sans mobilisation de l’énergie amoureuse ?

 

Il nous faut donc aussi ouvrir ce débat, recenser et faire connaître largement les expérimentations, déjà nombreuses, qui peuvent alimenter cette capacité à vivre individuellement et collectivement en conjuguant le sens et la joie à repérer toutes les innovations et expérimentations du Bien Vivre, du bien communiquer, du bien décider ensemble, en se basant sur les valeurs de bienveillance, au sein de l’écosystème global que constituent les acteurs qui œuvrent pour » la Grande Transition”. Par exemple comment mieux résister à ces nouvelles «cadences infernales » que produisent les sociétés à flux tendus ? Comment nous coordonner de manière à coopérer pour ralentir grâce à notre convergence «arc en ciel» ? Nous avons la possibilité d’arrêter de vouloir faire tout tout le temps puisque, pratiquement chaque mois, un projet, un événement de notre grande famille potentielle du bien vivre, (c’est vrai à toutes les échelles de territoire mais plus encore à l’échelle planétaire) est organisé en jouant de la biodiversité de nos couleurs et en réservant des temps de co-constructioncommuns à des projets ou des événements à co-construire ensemble ? Réunissons autour d’un projet mondial ambitieux, ouvert et partagé toutes les énergies présentes actuellement de manière fragmentée, à l’échelle locale ! Simplement il est important comme d’identifier cette grande famille par des signes symboliques (logos, labels, outils communs de communication, etc.) afin de la rendre visible, naturelle, évidente, incontournable et que ses membres, de plus en plus nombreux,  puissent se dire : oui, nous avons le pouvoir d’agir, nous sommes partout chez nous dans ce pays de la Terre, nous sommes des citoyennes et des citoyens du Peuple de la Terre et nous pouvons nous organiser pour assurer ensemble notre autonomie par rapport au système dominant et pour expérimenter les nouvelles formes de vie que nous considérons écologiquement et socialement les plus désirables !

 

Certes nous ne sommes encore à l’origine que d’une cellule fractale de ce mouvement citoyen mondial pour le bien vivre. Mais tous les grands projets dans l´Histoire ont démarré ainsi et si plusieurs  acteurs présents, par exemple au FSM, sont prêts à coconstruire un tel Projet, il pourra vite prendre de l’ampleur. La Vision doit être immense et l’Action prendra le temps, à petits pas, de la suivre, en confiance et en conscience, rayonnant par la qualité de ses résultats et attirant toujours plus d’énergies créatrices d’avenir.

 

C’est un paradigme complexe inédit que nous sommes en train de voir naître. Il suppose des approches multiples et des actions concrètes, des essais-erreurs, avec une vision commune, de nouveaux espaces de création, de nouvelles relations, de nouvelles transversalités, de nouvelles hiérarchies de valeurs, un nouveau langage aussi, à inventer ensemble, avec tous les créatifs, culturels, économiques, politiques, religieux, agnostiques, spirituels… !

 

Pour servir cette vision, et eviter  des effondrements majeurs tels que crises financières, catastrophes écologiques, explosions sociales, risques liés à l’usage volontaire ou accidentel d’armes de destruction massive etc. l´idée de construire, à partir de la societé civile un Conseil de sécurité de l’humanité, appuyé par un Conseil des sages pourrait être un objectif commun de court terme. Sur ce point le Conseil de sécurité des Nations Unies est loin d’être à la hauteur de sa mission et le fait que les cinq membres permanents qui devraient avoir une responsabilité accrue sur l’enjeu mondial soient aussi les cinq principaux vendeurs d’armes en constitue une tragique illustration. IL nous faut donc construire les conditions de ce que serait un authentique «conseil de sécurité de l’humanité» en combinant deux types de ressources.

D’une part l’ensemble des acteurs suceptibles de formuler des alertes et des contre propositions sur les grands risques que court l’humanité : Les grandes ONG qui oeuvrent dans les domaines écologiques, humanitaires, sociaux, technologiques bien sûr mais aussi tout type d’acteur, quelque soit sa forme institutionnelle, qui peut apporter une contribution de ce type en faisant remonter sous une forme décentralisée l’ensemble des informations et propositions qui peuvent alimenter cette perspective. D’autre part les apports de «sages de l’humanité» à l’instar de celles et ceux qui participèrent au «sommet des consciences» lors de la COP 21 et qui peuvent manifester, au delà de tout intérêt économique, politique ou religieux, une conscience du devenir de notre famille humaine. 

Un tel conseil pourrait être proposé et co construit en partenariat avec le secrétariat général des nations Unies. Il permettrait d’organiser une interpellation de l’actuel conseil de sécurité issu de la seconde guerre mondiale et de demander à des puissances membres de l’actuel conseil de se faire le relais des alertes et propositions de cette nouvelle instance émanant de la société civile mondiale. 

Objectif 2020. Pour la citoyennete planétaire le rendez vous de 2020 constitue une étape décisive. C’est en effet la date clef présentée par les scientifiques comme étant le moment où un risque d’emballement du dérèglement climatique peut se produire si nous n’avons pas entamé des changements décisifs d’ici la. Dans un appel publié par la revue Nature en juin 2017 plusieurs personnalités ont ainsi propose six grands chantiers qui, s’ils entrainenent des changements significatifs dans l’émission de gaz à effet de serre, permettraient à l’humanité de gagner une vingtaine d’années pour poursuivre son Chemin de décélération. Depuis cet appel rien de véritablement à la hauteur du défi ne s’est pour autant pas produit. Le » business as usual» a vite tendance à reprendre le dessus. Il faut donc, sur cet enjeu décisif, réussir l’alliance décisive dont nous avons besoin par ailleurs entre les forces sociales et citoyennes, les grands acteurs scientifiques et spirituels et les acteurs en position de responsabilité politique ou economique. Ce pourrait être le premier sujet destiné à porter pour promouvoir le Projet de Conseil de securite de l’humanité. L’échéance de trois ans est aussi une incitation à mobiliser les forces que nous voulons rassembler dans la perspective d’une citoyennete planétaire avec un agenda dynamique. L’initiative citoyenne du Serment de Paris pris au moment de la Cop 21 pourrait trouver dans cette campagne une opportunité pour connaitre un second souffle.

 

 

The Emergence of A Planetary Citizenship:

    

Transforming the Politics and Geopolitics of Power: from Domination to Creative Collaboration  

 

Traditionally, political communities have been constructed (from tribes to City-States to Empires, to Nation-States) through the pacification and the process of civilizing of an internal space in the face of an external threat – the Ancient Greeks named «Barbarians» anyone who was foreign to them.

However, the major Geopolitical question that needs to be addressed today is not to know which Nation will be the dominating Power of the 22nd century but whether there will be a 22nd century for humankind.

 

The Human civilization is indeed threatened by collapse but what threatens it is not coming from outer space but from its own social and ecological irresponsibility, and its own internal barbarism.

 

The concept and organization of Defense that traditionally take central stage in matters of Governance, are therefore entirely transformed. Defense now becomes the capacity for humankind to organize ways of living together on a Planet that remains inhabitable. 

 

The ecological question and the human question – which is to say the capacity for humankind to face its own internal demons and to grow in humanity – becomes the core of the new approach of Geopolitics. This total paradigmatic shift is well symbolized by the transformation of former fighter pilots, when they become astronauts and experience the unique perspective of seeing the whole Planet from Space. This transforms their vision, their posture and attitude towards life, as they shift towards a more compassionate and more constructive perspective, that leads them almost unanimously to call for world peace, and for the preservation of our fragile Earth. While in Space, humans naturally become citizens of the Earth – of the Universe even. In space, humans take the measure of both their smallness and their responsibility, experiencing humility and solidarity with other fellow humans, precisely because of the realization of the fragility of the human family.

 

Therefore, there is an absolute necessity to shift from a Classical Geopolitics based on the Power of Domination to a New Geopolitics based on the Power of Creation. This shift leads to a transformation of the notion of Governance and to a qualitative mutation of Democracy. Rather than a competitive form of democracy based on delegation of power and political strife, emerge participative and cooperative forms of Democracy involving all citizens. This shift also translates into a transition from Politics based on enmity to “Politics of friendship” as Aristotle  and Jacques Derrida both called this form of Politics based on the fact that frater (humankind in latin) can only survive if it successfully overcomes its violent impulses. This does not mean the end of conflicts nor the end of disagreements but it means that humankind has mastered the capacity to deal with these conflicts in a constructive and fruitful manner.

 

This also translates into a change in the legal conception of the sovereignty of Nation-States: “from solitary to solidary” as expressed by international law expert Mireille Delmas Marty. She emphasizes the emergence in international law of new legal concepts that allow to take into account the global commons – both ecological and societal. For instance, the notion of ecocide or crime against the environment which endangers the survival of humankind, is part of these new legal approaches. If a connection between an ecocide and a crime against humanity can be proven, then the International Criminal Court is recognized competent to deal with this legal case, which is a first step towards the construction on this new body of global law.

 

Likewise, proposals have emerged from intellectuals, activists and civil society leaders from many countries of the world, for the creation of a real « Security Council for Humanity » which would be very different from the current Security Council of the United Nations, and would truly represent the voices of the billions of citizens of the Earth. This Security Council for Humanity would be composed of citizens from all walk of like, young and old, recognized for their contribution to the betterment of their communities and societies, and this “Council of the sages” would be able to enter into a demanding and challenging while constructive dialogue with the Security Council of the United Nations. 

 

 

Such new concepts and initiatives are embodying the process of transcending a purely “inter-national” approach in order to build a truly global one – and to conceive as One the globalized civil society which binds all human beings together. The concept of “Globality” proposed by French Caribbean Philosopher Edouard Glissant, is in opposition to the process of globalization which has been so far an entirely financial affair which has not taken into account any of the ecological and social issues at the global level. In order to deal with these issues, it is necessary to adopt an approach of subsidiarity so that the concept of Globality is not in contradiction with the different “root-identities” identified by Glissant, and so that Globality also allows for the construction of what Glissant called “relational-identities”. Therefore, the recognition that a Planetary citizenship could open for every single human being on Earth a certain number of rights and duties, inspired by the Universal Declaration of Human Rights and by a Charter of Ecological Responsibility, would not be in contradiction with other forms of citizenship, at the local, national or continental levels. Relational-identities would actually form the bonds that give shape to the co-responsibility of human beings and planetary citizens with all the different scales of life, and allow for the survival of the whole people of the Earth.

 

The way economics is conceived and dealt with would be of course entirely changed. A fully Ecological Economics would respect the fact that the management of all of our own little houses (original meaning of oikos logos in Greek) is closely related to and dependent from Oikos Logos, which is the Ecology of our Great Planetary House. This calls for new indicators of wealth and new forms of accounting which give back its true and original meaning to the term “benefit” which means the kind of activities which are beneficial to humankind - qualitative in essence and not quantitative, in improving the quality of life. But numerous activities which are supposed to add to the Gross Domestic Product are in fact destructive pour people, their health, and the health of the Planet, such as human exploitation, wars, car accidents, the worsening of natural catastrophes, and addictions to tobacco, drugs, alcohol and other substances.

 

 

 

This transition would also translate into a change in the relationship with Spirituality. Whereas organized religions have often historically followed the paradigm of Power of Domination, keeping their believers under the fear of punishment, and demanding their submission and sacrifices, a new form of open spirituality would overcome them. This new spirituality would be based on the relationship to beauty and to the mystery of the inner life in relationship with one another and with nature and the cosmos. It would allow for overcoming the dominating drive of religions which have deeply corrupted human souls and have led to the worse wars, waged in the name of God. This open and creative, non-dominating Spirituality could therefore be completely coherent with and non-antagonistic to an open approach of secularity.

 

The process in the making is a deep change between microcosm and macrocosm that follows a fractal construction and vision of the inner universe as much as of the external universe, and opens to metamorphosis at all levels, from personal transformation to societal transformation. This begs for the opening to a global intelligence which is as much open to the heart and the body as it is open to the mind.

 

The notion of civilization is itself deeply transformed. The perspective of a world citizenry allows to offer an alternative to the notion of a colonizing civilization but also to the notion of a clash of civilizations as theorized by Huntington and other American neo-conservatives. This implies the necessity of on open but demanding dialogue between Modernity and Tradition, able to keep the best from the first (liberty of consciousness, recognition of the singularity of each human being, and respect of human rights) without its worst part (the commodification and marketization of nature, of life, and of humans themselves). It would imply too that the second - Tradition -  is carefully checked so we can sort out between its part of light, which is the part that connects to nature, to one another, and which provides a meaning to life, and its part of darkness (which should be rejected), the part that enforces dependency on individuals submitted to social control and to identity-based fundamentalism, or even to some kind of misanthropic intolerant ecological school of thought (deep ecology for instance).

This dialogue between Modernity and Tradition is urgently needed at all levels of society, from the neighborhoods of Global-Cities metropolises to the Global community as a whole. 

 

It is the whole humanist project which is therefore transformed. This redefinition of humanism calls for a humanism that is no longer based on the domination of nature and on the imposition of a western vision of the world, but on the co-construction of a humanism which serves life and the protection of the planet, its legal manifestation being the construction of a planetary citizenship.

C’est toute la perspective de l’humanisme qui se trouve ainsi transformée . Coconstruction d’un 

 

 

 

Towards a society of « buen vivir »

 

In 2009, at the World Social Forum organized in Belem, Brazil, a proposal drafted by the Indigenous Peoples of Latin America strongly emphasized the necessecity of a transition towards societies of « Buen Vivir » (Sumak Kawsay in quechua language), which could be translated in English as the «well living and being», which takes its full meaning today and provides the spiritual turning point which our world desperately needs.

But the Buen Vivir can only take its full force as a global project of society it it is embodied into a citizen movement that takes this concept seriously enough to organize accordingly around this axis and lead significant actions towards this goal. This notion cannot remain at the level of Hope but needs to incarnate itself through Experimentation.

The Indigenous Peoples of the Andes have proposed to illustrate Sumak Kawsay through 13 principles that are limpid and easy to grasp, and can serve as an inspiration for all those who are willing to undertake their own personal transformation in order to contribute to the global societal transition. This transformation starts in our daily actions and ends changing everything, because it is deeply and fundamentally a complete change of the meaning of life that is expressed in the search of “being well and living well.” It means being well with ourselves, with all those who live around us, and with Her that nourishes us, Mother Nature.

The 13 principles for a well-balanced living and being are:

 

1) to know how to feed ourselves with healthy food ; 

2) to know how to drink while enhancing the flow of Life; 

3) to know how to dance in the rhythm of the Universe, 

4) to know how to rest, and sleep from one day to the next; 

5) to be able to work with joy; 

6) to know how to stay silent and seek meditative silence; 

7) to think through the connection between the heart and the mind ; 

8) to know how to love and be loved, 

9) to know how to listen to oneself, to the others, and to Mother Earth; 

10) to know how to speak in a constructive manner ; 

11) to know how to dream of a better world, 

12) to know how to walk, accompanied by the good energies; and

13) to know how to give and how to receive.

 

In order to amplify significantly the transition towards societies of the well-living and being, which has already started at the grassroot level all over the world, it is necessary to demonstrate that this transition is highly desirable.

The new type of social and citizen movement anticipating new forms of political, economical, educational organizations, can only attract many more forces around such a societal project when it is able to create this desire and to demonstrate that this project is feasible and realizable at a large scale.

 

The ambition of such radical projects to redesign civilization would not be conceivable without the connection between a creative resistance and the experimentation of anticipative initiatives.  

The Strategy proposed by the French citizen networks gathered around the “Estates General” of the social and solidarity-based economy was coined with the acronym REVER (“to Dream” in French) which stands for:

R – the Resistance, in the sense of a Creative Resistance, to prevent it from turning into a desperate rebellion.

E – the Experimentation, which gives its creative characteristic to the movement of Resistance

V – the Vision, which releases and frees the Imagination from any block and launches the transformative visions of tomorrow

E – the Evaluation, done through a democratic process built on the organization of citizen deliberations, which gives birth to shared values – the term value taking back its original meaning valor which is the force of life.

R – the Resilience, completes this acronym with a final R, as the re-foundation of civilization will require Resilience to face the likely collapses that our societies will experience in the future, caused by decades of ecological, social and financial irresponsibility in the hands of an hyper-capitalistic economy.

REVER – To DREAM – is an appropriate acronym for a project that is born in times that might turn into nightmares. And we will need to DREAM BIG in order to mobilize the enthusiasm of the millions and billions of citizens worldwide, embarked in a journey filled with dangers and obstacles! 

 

Therefore we must built a true « Alliance of the Forces of Life » which is capable, not only to resist against the logics of death and destruction, but also to promote this Great Transition towards the societies of Buen Vivir, in the perspective called for by a large amount of actors from the French philosopher Edgar Morin, to the film “Tomorrow” (https://www.youtube.com/watch?v=NUN0QxRB7e0), to the countless initiatives around the world such as the Transition Town Movement, the Global Ecovillage Network, Gaia Education, the New Economy Coalition (USA), the Convivialist Manifesto (France), the Leap Manifesto (launched by Naomi Klein in Canada), and many others which testify of a formidable creativity of citizens around the world at the cultural, ecological, economical, societal levels.

 

At the heart of this Project of Transition toward a society of the well-living and being, there is however a blind spot which, if not understood fully, can lead many transformative experiences to failure or to a limited extent of their creative power. This blind spot is the lack of internal creative energy, which has been the cause of the ultimate failure of countless transformative movements throughout history. These movements have not succumbed because of the overpowering of their adversaries (capitalism, despotism, for instance) but because of their internal weaknesses.

Communism for instance, born out of a tremendous energy of societal transformation, destroyed itself from the inside and produced deadly caricatures of totalitarian regimes which ended up making capitalism desirable by the populations which were under their terrible domination. In the analyses of the causes of such tragic failures, we always find that at the heart of all these movements was the strong presence of forms of ill-living, ill-being, abuse and violence.

Any collective or individual ill-living translates into a deficit of inner energy which leads to seek externally the lacking energy. This turns into three forms of dysfunctional behaviors: rivalry with others, predatory relationship to nature, and depression towards oneself. It is not anecdotic to realize how “personal issues” have played a decisive role in the negative bifurcations taken by the course of history: the rivalries of Robespierre and Danton during the French Revolution,  between Mark and Proudhon as intellectual founders of socialism, between Lenine and Trotsky in the beginnings of the Communist experiment in Russia, between Castro and Mao Zedong, etc… There is an endless list of the negative influences of a lack of wisdom and a lack of internal well-being and well-living, which have manifested into regressive and brutal forms of organization and leadership. It is painful to observe till this day countless NGOs, organizations and movements with very worthwhile social and ecological missions, aiming at the betterment of the world, which nevertheless collapse and perish because of the same internal weaknesses.                 

 

There is an obvious need to change this dynamics in order to give more space to movements that renew the energy of their participants while pursuing the transformation of the world. Movements based on self-management and shared leadership that valorize the contributions of each and every one, confirm that this need is being expressed more and more consciously. Various collectives are becoming stronger and more appealing, through their advocacy that ties of friendship -both in their tolerance and their demanding expectations – are a political force and don’t only belong to the personal sphere. These collectives of citizens are creating the necessary conditions that make trust and friendship into a force for action towards the realization of their objectives, and they make an effort in their modes of functioning to be internally coherent with the transformations of the world which they aspire to – following Gandhi’s prescriptions to “be the change you want to see in the world”.

 

Many examples have sprouted here and there for decades, as the seeds of a renewal which already is bearing fruits. However despite their number, most of these experimentations remain in the blind spot of our knowledge and consciousness, except the emblematic political examples of Mandela, Desmond Tutu, Gandhi and Martin Luther King.

However, numerous citizen experimentations which are more recent, everywhere in the world, from Africa to Asia to the Americas, show that such a change is possible, including at a large scale, impacting millions of families. In the Philippines, the NGO Gawad Kalinga, based on a the crazy dream and the shared values of eradicating poverty through education, equitable sharing, the regeneration of soils, and social entrepreneurship has changed the lives of millions of poor. In the terms of its founder, Tony Meloto, “Quality of life at the bottom of the pyramid is not measured by the flawed quantitative GDP but by qualitative extra-financial values like tenacity, resiliency, generosity, purpose, well being, caring and sharing. (…) The goal is to achieve sustainable prosperity and peace by not leaving the weak and powerless behind. The challenge is to create proofs and templates that it can be done. (…) Social business to build a positive economy is the hope of the rising poor and the buying mood of the new market. (Tony Meloto, July 2017, Aix-en-Provence, France).

 

In that perspective, had been proposed at the World Social Forum in Porto Alegre, by the founders of the collective Dialogues en humanité (including French philosopher Patrick Viveret) the axis of “PTST” Personal Transformation/Social Transformation, which emphasizes the necessity to move forward simultaneously on the field of personal transformation AND the field of societal transformation. The deficit in inner energy triggered by the lack of internal joy leads towards compensating with all kinds of “sad passions” as Spinoza named them.

 

In ecological terms, ill-being is at the origin of forms of bulimia such as productivism and extractivism. Only a “happy frugality” (“la sobriété heureuse” according to French activist and pioneer in agroecology, Pierre Rabhi) is able to fight this deadly process of consumptive bulimia, on the condition that we insist on the adjective “happy” more than on the noun “frugality”. But this is only possible if the quality of consciousness and of Life presence allows us to progress to that point.

 

The Joy of Living – La Joie de Vivre – at the heart of the well-living and being, constitutes the individual and societal alternative to the economies of ill-being and abuse. Indeed, according the United Nations, the annual spending on drugs and addictive substances represents ten times the amounts that would allow to cover for all the basic needs of humankinds – and military spending on weapons represents twenty times this amount! The industry of Advertising, which takes fully part into the economy of ill-being, by selling promises that are supposed to relate to BEING (handsome, happy, fulfilled,…) in order to better drive the race to HAVING (always more stuff) also weighs ten times the amount of money that could eradicate hunger, would allow universal access to safe freshwater and to basic health care.

 

Therefore it is imperative to continue working towards our own transformation by asking the following question: how do we succeed to fully put into action this “well-living” which we proclaim to be essential? Let us continue the construction of a social ecosystem that would allow access to fundamental goods and services to all of its members through the mutualization of all the new tools that we can use such as the new indicators of wealth, the forms of exchange (time banks, local exchange trading systems – LETS – local currencies, networks of reciprocal exchanges of knowledge, etc.), the leverage of savings groups based on solidarity, of ethical banking, and the new forms of labor!   

 

Let us multiply the forms of political cooperatives, breaking away from the competitive and egotistic forms of politics which have led groups of extreme-right to seize power in so many countries ! Let us continue to innovate and to give citizens the desire to innovate in new educational approaches!

 

Let us use our own money and resources as investments that will speed up the development of a new economy, more human and ecological! Let us educate children from the most tender age, to the consciousness that what is most precious are the goods that multiply while being shared – so the more you give them the more there is to give – such as love, joy, enthusiasm, optimism, the research of what is best in each of us, the opportunity that comes after a crisis, the rainbow after the rain, the audacity to undertake projects, the pleasure to create together, to give, to receive, to discover, to challenge oneself beyond one’s comfort zone, the intelligence of the heart, the imagination, the knowledge and respect of Nature, music and dance and all the Arts… ! 

Let us experiment new forms of spirituality that are open and allow the blossoming of the quest for meaning in our exchanges, to offer a creative and fulfilling alternative to religious fundamentalisms! Let us explore the new forms of the art of love, the new relationships between men and women, between adults and children, while remembering that anticipative thinkers such as Charles Fourier, Rosa Luxembourg or Marcel Mauss believed that there can be no social transformation without the mobilization of the loving energy!

 

This debate needs to be wide open and shared by all, and we need the census of all the existing experimentations, to broadly share the lessons we have learned from them, in order to fuel this capacity to live, individually and collectively, with meaning and with joy, to identify all these innovations and experimentations of Buen Vivir, of the well-living and being, of well-communicating, of well-deciding together, based on the values of caring and empathy, as part of the global ecosystem composed by all the actors who are working towards the “Great Transition”. 

 

We will ask how to resist to the temptation of always following the accelerating pace taken by our societies, and on the contrary how to coordinate ourselves in order to slow down this pace? We can for instance rely on each other since at any single time there are projects, initiatives and events taking place somewhere on Earth in our great global family of the well-living and we can therefore use the biodiversity and socio-diversity of all our experimentations, to learn from each other, and to build from this common knowledge while initiating more projects and events together. What is needed now is to design an ambitious global project for all of these networks, and open it to be shared by all the forces, all the energies that are currently fragmented at the local level so they can all collaborate together in real time to this effort!

A first and important step would be to identify this great family through common symbols (logos, labels, common tools of communication, etc…) in order to make it visible, obvious, unavoidable, and so that its countless members can all realize that they are part of this big family, and can exclaim : yes, we have the power to act, we are at home everywhere we go on this Earth who is our common home, we are all fellow citizens of the people of the Earth, and we can organize ourselves to insure together our collective autonomy independently of the dominating system, and to experiment new forms of life which we consider more desirable both ecologically and socially!

 

True, as members of the Dialogues en humanité, we only are at the origin of one of the fractal cells of this global citizen movement for the well-living. But all the great projects in history have started this way and if several actors are ready to co-construct such a project, it will be possible to move it forward quickly and to make it grow, maybe on the occasion of the next World Social Forum in Salvador de Bahia, Brazil, in March 2018.

The vision itself is immense but Action will take its time, step by step, to follow the path of that vision, with confidence, and in conscience, an action which will radiate through the quality of its results, attracting more and more creative energies for the future. 

 

 

This complex paradigm is unheard of and we are about to see it being birthed. It will bring a multitude of approaches and concrete actions, processes of trial and error, with a common vision, new spaces for creation, new relationships, new transversalities, new hierarchies of values, and a new language too, which we will invent together, with all the cultural creatives, in all the dimensions they are engaged in, economic; political, religious, agnostic, spiritual,…!