2018 Programme Lyon 6, 7 et 8 juillet

Il est trop tard pour être pessimiste!

Prenons soin des humains par l’émergence d’une citoyenneté planétaire

- face au déreglement climatique, nous avons 3 ans pour agir! la mise en oeuvre des engagements pour tenir le délai de 2020 voir l’article dans la revue Nature sur le temps qu’il reste pour tenter de limiter le réchauffement à 2°, et l’appel pour 2020 http://climat-2020.eu/3-ans-pour-agir/. Avec le collectif Transition citoyenne, Villes en Transition, les réseaux internationaux comme Energy Cities, le Réseau Action Climat, les scientifiques du GIEC dont Jean Jouzel, Negawatt. Voir les enjeux d’un dialogue facilitateur COP23 et COP24 http://blog.iddri.org/fr/2017/11/03/preserver-lesprit-de-paris-sommes-en…

- démontrer en acte l’art du Bien vivre face au double déreglement climatique: celui du climat sur la Terre, celui du mal-être voire la glaciation émotionnelle (comme l’appellent Patrick Viveret et Abdenour Bidar)

- Big Brother ou Citoyennete planétaire : les enjeux du Numérique
la nature et les risques d’un processus de type «Big Brother» ou comment sortir de la servitude volontaire3.0 (cf le Projet Sesame chinois de notation de toute personne et de toute activité) et le rôle de plus en plus dangereux joué par les GAFAM ( Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) côté américain. Invitation à construire un processus fécond d’ici l’été avec la Fabrique des Communsl’Assemblée virtuelle, les reseaux autour de l’Institut des futurs souhaitables, l’archipel citoyen Osons les Jours heureux
Sortons des logiques binaires. Contruisons des stratégies dynamiques pour contrer ce que Joseph Stiglitz appelle le totalitarisme marchand / Apprenons à discerner la partie positive du numérique source de bénéfices (au sens éthymologiques de bienfaits) pour tous.

Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent, et qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver. Albert Camus lettre à René Char

Je crois en une contamination de l’amour, de la bienveillance, de la douceur et de l’intelligence. Chaque fois qu’on pose un acte de tendresse, d’affection, d’amour, chaque fois qu’on éclaire quelqu’un en lui donnant une écoute, un conseil, on modifie un tout petit peu l’avenir de l’humanité dans le bon sens Christophe André

Inspirations et réciprocités des avancées par les porteurs de Dialogues en humanité à Bruxelles (les 30 juin et 1er juillet), Dakar, Bangalore, Salvador de Bahia, Rio, Terra Mirim, Seatle, Boston, Montréal, Lac-Mégantic, Rabat, Chandigarh, Himalaya, Sadhana Forest, Addis Abeba, Dire Dawa, Thies, Oran, Bangui, Chamonix, Berlin, Grenoble, Strasbourg, Paris, La Duchère, Villeurbanne, …
Les avancées du conseil mondial de sécurité pour l’humanité, les initiatives locales reliées de conseils de sages à Seattle, Dakar, Bangalore, Salvador de Bahia, Boston, Montréal, Porto Novo

Tout Va Bien, le journal qui réinvente demain, journalisme de solutions (locales et plus). Pour apprendre avec l’équipe de Laurianne Ploix

Ouverture toujours plus grande aux enfants tant dans les ateliers du sensible que dans les agoras

ATD Quart Monde renouvelle ses contributions dont l’expérimentation de territoires zéro chomeur de longue durée et la création d’entreprise à but d’emplois.
Université Quart-Monde et Scènes ouvertes. propositions d’agora «Il faut lutter contre les préjugés» et ou indicateurs de pauvreté/Mésurer la pauvreté avec les premiers concernés. En lien avec les 17 Objectifs commun pris au niveau des nations pour un développement durable ODD, dont le premier est »Eliminer l’extrème pauvreté et la faim»http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/poverty/

Les petits frères des Pauvres proposent un flash mob avec Christophe Gellon, chorégraphe, mobilisant les personnes accompagnées du territoire proche

La santé des abeilles dans diverses régions du monde. Apiculture, santé, prise de conscience de la biodiversité, de la flore, de l’agroforesterie, création d’activité et de dignité. L’exemple des Pygmées dans la région du Congo avec Alain Chevalier président d’APIFLORDEV, l’exemple des tribus des forêts cueilleurs de miel sauvage en Inde et initiateurs de Dialogues en humanité depuis 2015. Ateliers du sensible et temps de coopération action

Opéra «Le grande duchesse de Gerolstein» de Offenbach par la troupe lyrique de Voix En Développement et Malika Bellaribi-Le Moal

Danse urbaine «Sur les traces de Martin Luther King» par la Compagnie Second Souffle qui reviendra de sa tournée aux Etats-Unis et par BAAZYK les jeunes porteuses d’une initiative de Dialogues en humanité à La Darnaise à Vénissieux

Films documentaires de Lionel Rebornaz: SIGAO (et le rapport à la vitesse); Nos frontières; Horizons. En lien avec les collectifs artistiques dans les quartiers de la Métropole de Lyon et le Festival Les Inattendus du 9 au 17 février 2018.Film Couscous: la graine de la dignité de Habib Ayeb

Projets amplifiés des jardiniers et des citoyens actifs

 

Contribution libre de Patrick  issue d’un échange d’abord au sein d’un diner du groupe initiateur d’ « Osons demain » puis le lendemain d’un comité de préparation des rencontres internationales des Dialogues en humanité autour de deux questions qui intéressent directement l’ensemble des Jours heureux : quel récit porter collectivement et comment construire un « archipel en acte » par rapport aux defis planétaires de 2020 ?

Quel récit ?

 

Celui qui pourrait être racontée par une  femme, appelons la Solenne Rieussec ;), d’une cinquantaine d’années, née au début du 21 ème siècle et s’exprimant en 2050, sur la période   critique traversée par  l’humanité entre 2018 et 2040 et singulièrement dans les années précédant 2020. A l’époque, en 2017,  la période est marquée par  un gouffre entre les alarmes régulières, notamment des scientifiques concernant le dérèglement climatique, et  la faiblesse des actions effectives engagées, en particulier par les états pourtant tous signataires en 2015 d’un accord jugé historique à Paris. Ainsi, malgré ces alarmes ( appel de Nature: «il nous reste trois ans» en juin 2017, manifeste des 15000 scientifiques à la veille de la Coop 23 à Bonn pour indiquer qu’il sera bientôt trop tard pour éviter un emballement du dérèglement climatique mais aussi pour affronter positivement d’autres grands défis tels les risques majeurs sur la biodiversité ),  le «business as usual»se poursuivait comme si on ne croyait pas à ces alertes ou si l’on s’était déja résigné à l’idée que la bataille allait être perdue.  Même la France où un écologiste célèbre était devenu ministre d’état du gouvernement avec le titre ambitieux de ministre de la transition écologique et solidaire, on  était loin d’être à la hauteur des objectifs affichés par son président lors d’un discours en anglais prononcé après le retrait du président américain des accords de Paris et résumé par la formule « make our planet great again ! »

 

Du coup l’autre dérèglement climatique, celui de la glaciation émotionnelle et relationnelle qui se caractérise par la montée des peurs, des replis identitaires, des sentiments d’impuissance, bref ce que le philosophe Spinoza appelait » les passions tristes» conduisant aux catastrophes humanitaires paraissait plus dangereux encore que les effets du dérèglement écologique conduisant à l’aggravation des catastrophes naturelles. Après l’élection de Donald Trump aux Etats Unis et son retrait annoncé en 2017 de l’accord de Paris un cycle régressif dramatique paraissait s’enclencher. Un auteur spécialiste des questions écologiques, Bruno Latour, avait même émis dans un livre intitulé «  Où atterir ? » que tout se passait comme si les classes dirigeantes étaient en réalité bien conscientes de l’impossibilité  de poursuivre les modes de croissance actuels pour dix ou douze milliards de personnes et qu’ils en avaient tiré, eux, la conclusion, ne voulant pas renoncer à leurs modes de vie, qu’il n’y avait en effet pas assez de place sur cette planète et qu’ils avaient donc décidé de s’en sortir seuls. Le creusement des inégalités, le renoncement à la perspective de gouvernance mondiale au profit d’un repli identitaire (notamment sur les Etats Unis avec Trump) et la dénégation du changement climatique pour ne pas avoir à affronter les questions de changement de mode de croissance étaient la conséquence de ce  cynisme parfois conscient et souvent encore inconscient à l’époque.

 

Que s’était il passé fin 2017 qui avait permis de donner un coup d’arrêt à la grande régression qui s’annonçait et permettre au contraire, à partir de 2020, d’enclencher à l’inverse un chemin vers une grande transition inscrivant le Bien Vivre non seulement comme perspective mais aussi comme méthode d’action tant en termes de résistance que de propositions et d’expérimentations ? 

 

Plusieurs éléments avaient joué un rôle important dans cette perspective, notamment, la proposition, lors du forum social mondial de mars 2018 à Salvador de Bahia, de deux  réseaux internationaux celui  des Dialogues en humanité et celui issu du « manifeste convivialiste » d’un processus mondial alliant « citoyenneté planétaire et bien vivre » et organisant la création d’un « Conseil de sécurité de l’humanité » appuyé par un « conseil de sages » , lui même proposé par une nouvelle édition d’un « sommet des consciences » qui s’était tenu pour la première fois en 2015 avant la conférence de Paris sur le climat.

 

Encore jeune à l’époque, elle avait 18 ans, notre récitante s’était passionnée pour la rencontre de Bahia mais s‘était surtout investie dans ce qui s’était dénommé en France « l’archipel Citoyen : Osons les Jours heureux ! » qui avait vu le jour fin 2017 lors d’une rencontre de responsables d’une cinquantaine d’organisations tenue dans une petite ville de l’ile de France, à Villarceaux.

 

C’est en effet au sein de cet archipel qu’une campagne d’un nouveau type destinée à sensibiliser les consciences avait été imaginée puis mise en œuvre en appui du Tour d’Alternatiba, l’une des associations de l’archipel les plus en pointe sur l’enjeu du dérèglement climatique . Solenne se souvenait de l’intervention d’un participant qui l’avait marqué à l’époque :

 

«  Nous sommes  pris au piège d’une injonction contradictoire. Si nous sommes lucides sur les risques nous sommes accusés de catastrophisme et nos alertes finissent par nourrir la peur, l’impuissance et finalement le déni pour ne pas voir venir l’abîme. Si nous nous tournons vers l’espérance, nous voici bisounours idéalistes, sans prise sur le réel et même soupçonnés de préparer un enfer pavé de nos bonnes intentions. Au total nous nous bloquons simultanément du côté de l’intelligence et de la volonté. Nous n’allons pas au bout de l’invitation de Romain Rolland et Antonio Gramsci nous exhortant à allier «le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté». Notre optimisme est aussi mou que notre pessimisme , notre volonté aussi peu créative et notre intelligence aussi peu lucide. Comme le note Jean Pierre Dupuy à propos des catastrophes : » nous le savions, mais nous n’y croyions pas !»…Bref nous sommes en train de rater une opportunité cruciale… »

 

Comment sortir de cette injonction contradictoire s’était demandé le groupe réuni à Villarceaux pour imaginer  une campagne d’action destinée à favoriser  un réveil des consciences et produire des changements significatifs d’ici 2020 ? La réponse avait été : Faisons l’inverse de cette double autolilmitation tant du côté des risques que des potentialités créatrices.  Osons dire le cauchemar dans lequel nous sommes déjà entrés pour mieux nous autoriser nos rêves et dire qu’eux aussi ont déjà commencé à se réaliser à l’instar de ce que racontent des films comme «Demain!» ou  des livres comme «un million de révolutions tranquilles» , cette formidable créativité planétaire des forces de vie, de l’Éros à Nouveau mobilisé contre Thanatos comme le rappelle avec force Edgar Morin dans son hommage à Stephane Hessel prononcé lors du centième anniversaire de sa naissance.

 

Osons dire Oui à Demain ! Osons dire que  les années qui viennent seront les plus intenses de nos vies :  le peuple de la Terre, notre famille humaine , est à un tournant décisif de son histoire et elle n’a pas le droit à la sortie de route. Créons les conditions pour que nos enfants  se souviennent longtemps de ces années décisives qui commencèrent d’inverser la tendance au cauchemar entre 2018 et 2020 pour ouvrir ensuite un chemin d’espérance entre 2020 et 2040….

 

2) C’est sur cette base qu’une campagne avait été imaginée appuyée en France sur le Tour d’Alternatiba et développée sur les places publiques du monde entier après la mutualisation des initiatives débattues lors du forum social mondial de Bahia en mars 2018.

L’objet de cette campagne fut de mettre en scène et en acte  ce récit enrichi de multiples situations et personnages en fonction des cultures et des histoires différentes mais avec pour point commun cette double représentation des alertes sur les risques et des forces créatrices en action. D’ailleurs les uns et les autres avaient repris le terme commun de REVE alliant le R de la Résistance créative face aux grandes régressions écologiques sociales ou démocratiques, le V de la vision transformatrice qui décolonise les  imaginaires et permet de sortir de la sidération ( la fonction du recit) et sans attendre le E de l’expérimentation anticipatrice qui donne à voir l’extraordinaire créativité déjà presente dans tous les domaines entrepreneuriaux  sociaux, spirituels tout autant qu’educatifs, écologiques ou démocratiques . A ce REV on pouvait  ajouter le dernier E celui de l’éthique comme discernement mais aussi de l’evalutaion democratique comme deliberation sur ce qui fait valeur comme force de vie ou comme destruction de valeur redonnant aussi aux termes de bénéfices et de pertes leurs Sens originels d’activités bénéfiques, sources de bienfaits, ou d’activités nuisibles susceptibles de conduire l’humanité à sa perte. Comme les termes de Resistance, Experimentation, Vision et Evaluation étaient aussi utilisables en anglais on pouvait donc simplement ajouter dans la langue de Shakespeare que ce REVE était aussi un Dream.

 

Ainsi cette campagne s’était organisée sur les places publiques du monde entier reprenant la suite des Indignés, d’Occupy Wall street, de Nuit Debout mais en  en accordant par choix une priorité à la perspective créative afin de mettre  en œuvre  le précepte de Mathieu Ricard » il est trop tard pour être pessimiste!». Pour cette mise en scène tant des risques que des opportunités on avait  imaginé des panneaux indiquant le compte à rebours par rapport aux échéances 2020 et  repris l’idée d’une  cotation citoyenne telle celle imaginée dans le film «Enfin des bonnes nouvelles!» de Vincent Glenn. La campagne avait pris  aussi d’autres formes ludiques de type carnaval avec défilés de chars et toujours une forte Présence de composantes artistiques ( Cine, Theatre, orchestres, chorales etc.) . Dans chaque pays on avait intégré tous les grands Rendez vous , initiatives projets qui avant  2020 concouraient à cette perspective: En France il s’agissait du tour Alternatiba, des actions contre les lobbys et l’évasion fiscale, des initiative de l’Economie sociale et solidaire, du Pacte de la transition, des colibris, de l’appel des solidarités de la manière d’inscrire l’enjeu des élections municipales dans une telle perspective. A l’échelle internationale , Les Dialogues en humanite présents sur quatre continents, le forum social mondial en mars au Bresil, et un nouveau Sommet des consciences, avaient joué également un rôle crucial pour construire en acte cet archipel d’initiatives citoyennes. Ce qui avait considérablement renforcé l’énergie créatrice de l’ensemble c’était la prise de conscience intervenue lors du forum social mondial de Porto Alegre de la nécessité d’articuler Transformation sociale et transformation personnelle dans une même dynamique et de pratiquer sans attendre le bien vivre en acte dans tous ces mouvements afin d’éviter les effets pervers de ce que l’on avait appelé avec humour « le militantisme sacrificiel »

 

C’est cette campagne qui avait conduit à l’émergence d’un grand mouvement citoyen mondial obligeant les acteurs économiques et politiques à sortir enfin de leur attentisme et de leur cynisme car ces citoyens étaient aussi des consommateurs et des électeurs et leur poids ne pouvait être négligé. Des mesures significatives avaient ainsi pu commencer de limiter la casse par rapport aux rendez vous critiques de 2020 et permettre ensuite, lors des vingt années suivantes d’enclencher un processus permettant au peuple de la terre d’entamer une nouvelle phase positive de son histoire, celle de son humanisation après celle de son hominisation…

A suivre….compléter, modifier à votre guise….

 

Parmi les participant-e-s confirmé-e-s

Aliou Seye anthropologue, éducateur de rue, auteur d’ouvrage sur l’addiction, co initiateur des Dialogues en humanité à Dakar Hann

Andrée Ruffo magistrate, créatrice du Bureau international du Droit des enfants Québec Montréal

Jacky Buffet maître de conférence chercheur gestion de projet, coopération, développement science po Université de Lyon

Henryane de Chaponay citoyenne du monde, voir le site henryanedechaponay.free.fr et le livre Toile filante

Lorella Pignet-Fall présidente de l’ALPADEF pour l’entrepreneuriat féninin en Afrique, enseigante RSE et développement durable à l’IAE Université de Lyon, 

Malika Bellaribi-Le Moal mezzo-soprano, auteure de Les sandales blanches, troupe lyrique française Voix en développement, active avec le programme Une Diva dans les quartiers

Mélina Planchenault conseillère en planification Bureau du développement durable Direction générale de la ville de Montréal Québec

Pascal Canfin directeur du WWF, ancien Ministre et ancien député européen

Thierry Salomon président de NEGAWATT, scénario pour réussir la transition énergétique, co auteur du Manifeste Négawatt avec Marc Jedliczka et Yves Marignac

Patrick Viveret co fondateur des Dialogues en humanité, auteur de la Cause humaine, Fraternité j’écris ton nom!

Shoki Ali Said président France-Ethiopie, et vice-président de l’association Dialogues en humanité

Sossa Joseph Adjahi France Bénin, trésorier de l’association Dialogues en humanité

Contacts Lyon Métropole et réseau international des Dialogues

Geneviève Ancel gancel@grandlyon.com(link sends e-mail) tél + 33 (0)4 26 99 38 72 ou +33 6 89 74 46 86
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