Émergence de la citoyenneté planétaire

L´emergence de la citoyenneté planétaire
> Transformer La vision du politique et de la géopolitique : de la puissance dominatrice à la puissance co-créatrice
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> La grande question géopolitique actuelle n’est pas de savoir quelle puissance dominera le 22 ème siècle mais s’il y aura, pour l’Humanité, un 22 ème siècle. La civilisation humaine est menacée d’effondrement mais c’est son irresponsabilité écologique et sociale, sa propre barbarie intérieure et non extérieure qui la menace. Cela change la façon dont on voit la question de la défense. 
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> Elle devient ainsi  la capacité de l’humanité à organiser son vivre ensemble sur une planète qui demeure habitable. La question écologique et la question humaine, c’est à dire la capacité de l’humanité à affronter ses démons intérieurs et à grandir en humanité devient le cœur d’une nouvelle approche de la géopolitique. Cette vision intégrale et planétaire de la place de l’humain dans la nature change notre regard, qui devient plus apte à la compassion et plus constructif. L’être humain devient tout naturellement citoyen de la Terre, voire de l’Univers. Tout petit et en même temps responsable de son avenir mais, de fait, enclin à l’humilité et à la solidarité car un élément fragile de la famille humaine et de tous les êtres vivants. 
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> Il y a donc le nécessaire passage de la Puissance dominatrice qui fonde la géopolitique classique à la Puissance co-créatrice. Cela conduit à un changement de la notion de gouvernance. Et à une mutation qualitative de la démocratie compétitive et délégative  vers des formes de Démocratie participative et coopérative. De même, c’est le passage d’une politique fondée sur l’inimitié (la figure de l’ennemi) à ce qu’Aristote et Derrida nommaient « une politique de l’amitié » fondée sur l’idée que le « frater » (dans le sens d’enfants de la Mère Terre), ne peut survivre qu’en dépassant ses pulsions violentes. Cela ne signifie ni la fin des conflits ni celle des désaccords mais leur capacité à les comprendre de manière féconde. Cela est important dans des rapports interpersonnels ainsi que dans les ´interactions  au sein de la societé civile planetaire dans sa diversité.
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> Ceci conduit à un changement de la vision juridique : passage, de « la souveraineté solitaire » des Etats-nations à la «souveraineté solidaire»  capable de prendre en compte des éléments de « biens communs » écologiques et sociétaux. Elle prend appui dès aujourd’hui sur de nouvelles approches juridiques telles que la notion d’éco-cide ou de crime contre l’environnement mettant en danger l’Humanité. La Cour pénale internationale se reconnaît compétente si un crime contre l’humanité de nature environnementale est prouvé, et c’est un premier pas dans cette direction.
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> C’est aussi un dépassement de l’approche purement « inter-nationale » pour aller vers  « la mondialité » qui s’oppose à une globalisation qui reste purement économique et `financière pour prendre en compte l’ensemble des questions écologiques et sociales mondiales à partir du niveau local. Cela signifie traiter ces questions en termes de subsidiarité pour que la mondialité ne soit pas contradictoire avec les différentes identités. Ainsi chaque communauté est responsable de la gestion de son espace, appuyée, quand c´est nécessaire, par les autres niveaux. Cela permet, en même temps, la construction d’identités-relations entre communautés et entre différents niveaux (territoires, pays, continents).  Ainsi la reconnaissance d’une citoyenneté planétaire, donnant à tout être humain des droits et devoirs tirés de la Déclaration universelle des droits humains et de la Charte de la Terre, devient compatible avec la citoyenneté locale, nationale ou continentale. L´identité-relation relève de la co-responsabilité entre les differentes échelles de vie et pour la survie de l´ensemble du peuple de la Terre.
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> Il y a aussi bien sûr changement du rapport à l’économie. Une Economie pleinement écologique qui promeut la conscience  du besoin de la bonne gestion de toutes nos demeures: notre corps, nos petites maisons terriennes, nos communautés, nos biomes, notre pays et notre  grande maison planétaire. Cela appelle de nouveaux concepts et indicateurs de richesse et une approche de la comptabilité qui redonne au terme bénéfice son véritable sens d’activités bénéfiques, sources de bienfaits qualitatifs et non quantitatifs, pour toutes et tous, et non seulement pour un petit nombre de privilégiés. Or, nombre de valeurs ajoutées monétaires correspondent en réalité à des activités destructrices pour l’homme, la nature, la santé…, tells que la marchandisation de l’exploitation humaine, des guerres, des maladies, les accidents routiers, l’aggravation des catastrophes naturelles, extractions ou constructions anarchiques et les adictions comme la simple consommation de cigarettes.
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> Ce qui compte dans une maison c’est le Vivre Bien de toutes et de tous ceux qui l’habitent. Le vrai but de l’activité économique doit être le Vivre en plénitude, et non le profit et l’accumulation d’argent et de propriétés. Vivre en plénitude comprend avoir accès à toute condition qui facilite le développement des potentiels, qualités et talents de chaque personne, communauté, territoire et peuple. Le partage de la propriété et la gestion des biens productifs, soit la terre et les unités industrielles et financières, soit la technologie et la connaissance nourit la solidarité, la reciprocité et la complémentarité. Cela oblige a d’autres changements profonds, tels que la transition vers une économie plurielle et le déplacement du centre des activités économiques de l’entreprise privée vers les communautés humaines dans leurs térritoires et écosystèmes, autogérés et solidaires entre elles; la planification participative du développement socioéconomique et humain autogestionnaire, qui oriente l’offre vers la production de biens et services qui répondent aux besoins réels des sujets sociaux; et des modes de gouvernance participatifs et non-hiérarchiques, organisés du local vers les spheres plus générales. Cette vocation de service au Vivre Bien intégral des gens s’étaind à l’Etat, dont les responsabilités comprennent l’orchestration de la diversité social, la promotion de rapports harmoniques et égalitaires entre les communautés et les régions, ainsi que le respect à la diversité, la gestion des biens naturels et la production des infrastructures qui servent aux spheres régionales et nationale, la garantie d’une gestion responsable des biens communs, des biomes et écosystèmes et la protection de la résilience des environnements touchés par l’action humaine.
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> Il y a également changement du rapport à la spiritualité. Spiritualité ouverte fondée sur le rapport à la beauté, au mystère de l’intériorité permettant de dépasser nombre de religions organisées autour de la peur, de la culpabilité, de la soumission et du sacrifice. Surtout il y a dépassement de la logique de Puissance dominatrice qui a corrompu en profondeur nombre de faits religieux et a conduit aux pires guerres, celles conduites au nom de Dieu. Cette spiritualité ouverte, créatrice et non dominatrice peut alors être pleinement cohérente avec une approche ouverte de la laïcité. La spiritualité devient ainsi une recherche intime de la mission profonde de chacune et chacun dans cette vie, ce que nous ramene à la pratique de la joie de vivre avec soi-même, avec les autres et avec la Nature. C’est donc un changement du rapport entre microcosme et macrocosme qui conduit à une vision fractale tant de l’univers extérieur que de l’univers intérieur et ouvre à l’approche d’une transformation personnelle autant que sociale. Cela suppose bien sûr l’ouverture à une intelligence globale autant ouverte sur le cœur et le corps que sur l’esprit.
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> Il y a dès lors changement de la notion de civilisation. La perspective d’une Civilité mondiale permet d’offrir une alternative non seulement à la notion de civilisation colonisatrice mais aussi à la guerre de civilisations théorisée par les néo-conservateurs américains. Cela vaut en particulier pour le nécessaire dialogue, à la fois exigeant et ouvert entre Modernité et Tradition capable de conserver le meilleur des deux. De la Modernité on gardera la liberté de conscience, la reconnaissance de la singularité et donc des droits de tout être humain, sans le pire (la chosification ou la marchandisation de la Nature, du Vivant et des Humains eux-mêmes). Et on opérera le même « tri sélectif » entre la part lumineuse de la Tradition, (la reliance à la nature, aux autres, aux questions du sens) en rejetant sa part d’ombre : la dépendance issue de la domination patriarcale (contrôle social, fondamentalisme identitaire voire écologie misanthropique). 
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> C’est toute la perspective de l’humanisme qui se trouve ainsi transformée. Co-construction d’un Humanisme au service du Vivant et de la citoyenneté planétaire et non humanisme de domination de la nature et d’imposition d’une vision occidentale du monde.
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> L’enjeu du « Buen Vivir »
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> Dans cette perspective, la proposition initiée par les peuples premiers de l´Amérique Latine et parue avec force lors du FSM de Belem en 2009, propose une transition vers des sociétés du « Buen Vivir » (sumak kawsay en quechua), du Vivre Bien vivre, qui prend tout son sens aujourd’hui et crée la bascule spirituelle dont notre monde a besoin.
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> Mais le Buen Vivir ne deviendra un véritable projet de société que s’il est incarné par un mouvement citoyen qui le prend suffisamment au sérieux pour s’organiser en conséquence autour de cet axe et  mener des actions concrètes. Il nous faut en faire un enjeu d’expérience et pas seulement d’espérance. La simplicité des 13 pas proposés par les Indiens des Andes pour exprimer le sumak kawsay au quotidien peut servir d’inspiration à tous ceux et toutes celles qui veulent entreprendre une transformation personnelle pour contribuer à la transformation sociale. Cette transformation commence par la vie quotidienne à l’echelle individuelle pour s’elargir à l’echelle de toute la société globale. C’est un nouveau sens de la vie qui s’exprime dans la recherche du « Vivre Pleinement », dans un sens intégral : Vivre bien avec nous-mêmes, avec ceux qui nous entourent et avec celle qui nous nourrit, la Terre Mère. Les 13 principes du Vivre Bien pour la recherche de l’équilibre sont: 
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>     1) savoir se nourrir de ce qui est sain ; 
>     2) savoir boire en favorisant le flux de la Vie ; 
>     3) savoir danser dans le rythme de l’Univers, 
>     4) se reposer, dormir d’un jour à l´autre ; 
>     5) être capable de travailler avec joie ; 
>     6) savoir se taire et chercher le silence méditatif ; 
>     7) penser en reliant le cœur et l’esprit ; 
>     8) savoir aimer et être aimé, 
>     9) savoir écouter soi-même, les autres et la Terre Mère ; 
>     10) savoir parler de manière constructive ; 
>     11) savoir rêver d’une réalité meilleure, 
>     12) apprendre à marcher en étant accompagné des bonnes énergies et 
>     13) savoir donner et recevoir.
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> Pour qu’une transition vers des sociétés du Vivre Bien, déjà commencée aux quatre coins du monde, soit amplifiée de manière significative, il faut qu’elle soit désirable. L’anticipation de ce monde en devenir, déjà pratiqué et expérimenté par un nouveau type de mouvement social et citoyen, est en train de créer ce désir pour tous et toutes d’y participer, et de démontrer qu’il est réalisable à grande échelle. Nous devons donc construire une véritable «alliance des forces de vie» capable non seulement de résister aux logiques mortifères mais aussi de promouvoir cette grande Transition vers des sociétés du Buen Vivir dans la lignée des mouvements qui essayent de vivre ici et maintenant leurs rêves, tels que le manifeste convivialiste, les auteurs de films comme «Demain», le mouvement  des Villes en Transition, le Programme Éducation Gaia, le Réseau Global des Ecovillages, le mouvement Nation Pachamama, le Réseau Intercontinental de promotion de l’économie sociale solidaire (RIPESS), Gawad Kalinga aux Philippines et de toutes les initiatives qui manifestent dans le monde entier une formidable créativité culturelle, écologique, économique, sociétale et citoyenne.  (Amis/ies d´Asie et Afrique ajouter d’autres exemples, s´il vous plaît)
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> Au cœur de ce Projet de Transition vers une société du Vivre Bien, il y a cependant un point aveugle important qui, faute d’être compris pleinement, conduit nombre de projets transformateurs à l’échec ou à voir limitée leur Puissance créatrice. Ce point aveugle, c’est que nombre de projets alternatifs dans l’Histoire ont fini par échouer, non par la force de leurs adversaires (le capitalisme, le despotisme, par exemple) mais par l› implosion causée par des rivalités fratricides et par l› insuffisance d’énergie créatrice intérieure. Toujours on retrouve, si on analyse les causes de ces échecs, le fait que des formes de mal vivre, voire de maltraitance étaient fortement présents au cœur de ces mouvements. Or tout mal être collectif ou individuel se traduit par un déficit d’énergie intérieure qui conduit à rechercher à l’extérieur l’énergie manquante. Cela se traduit par la rivalité dans les rapports avec autrui, la prédation dans les rapports à la nature et par la dépression dans le rapport à soi-même. A ce titre il n’est pas sans intérêt de voir comment des problèmes dits « personnels » ont joué un rôle décisif dans des bifurcations négatives de forces transformatrices : Qu’il s’agisse de Danton et de Robespierre, de Marx et de Proudhon, de Lénine et de Trotsky, de Castro ou de Mao Tse Toung, respectivement avec plusieurs de leurs compagnons de révolution. La liste est longue de ces influences négatives de manque de sagesse qui se traduisent par des formes brutales dans les modes d’organisation et de leadership. On peut sans difficulté en trouver de nombreux exemples dans l’actualité des organisations auxquelles nous appartenons les uns et les autres.
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> Le besoin de changer cette dynamique pour donner plus de place à des mouvements qui renouvellent l’énergie des participants tout en voulant changer le monde ici et maintenant, devient évident. De nombreux mouvements existants, basés sur l’autogestion et le leadership partagé qui valorisent la contribution de tous et de toutes, confirment ce besoin de plus en plus conscient. Ces collectifs se rendent plus forts et attirants, en particulier sur la jeunesse, parce qu’ils prônent les liens d’amitié en tant que force politique.  Cette politique de l’amitié et de la confiance repose sur la bienveillance de l’un à l’égard de l’autre, sur l’accueil des différences, mais aussi sur l’exigence de responsabilité personnelle et collective, en cohérence avec les valeurs partagées. Ces collectifs, grâce à leur capacité d’unité dans la diversité, deviennent une force d´action majeure dans la transformation du monde. Tous les exemples qui existent ici et là depuis des décennies sont des graines de renouveau et portent déjà leurs fruits, abondants mais trop souvent méconnus, à l’exception d’exemples politiques emblématiques commeceux de Rosa Luxembourg, Rosa Parks, Wangari Mattaai, Leymah Gbowee, Rigoberta Menchú, Nelson Mandela, Desmond Tutu, Martin Luther King et Gandhi, dont la célèbre citation résume la philosophie de ces nouveaux mouvements citoyens: «Sois le changement que tu veux voir dans le monde», reprise par le Pape François dans son Encyclique «Laudato Si».
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> La Joie de Vivre au cœur du Vivre Bien constitue l’alternative individuelle et sociétale aux économies du mal-être et de la maltraitance. Ainsi, selon les Nations unies, les dépenses annuelles de drogue et de stupéfiants représentent dix fois les sommes qui permettraient la satisfaction des besoins vitaux de l’humanité et les dépenses d’armement vingt fois ! Ajoutons que la publicité qui participe de cette économie du mal-être en vendant des promesses dans l’ordre de l’ETRE (beauté, bonheur…) pour mieux alimenter la course à l’AVOIR, est évaluée elle aussi a plus de dix fois les sommes requises pour éradiquer la faim, permettre l’accès à l’eau potable ou aux soins de base. Le déficit énergétique provoqué par l’insuffisance de joie intérieure débouche sur la compensation de ce que le philosophe Spinoza nommait les passions tristes. Si, en termes écologiques, le mal-être est aussi à l’origine des formes boulimiques de productivisme et d’extractivisme, seule une sobriété heureuse,  (à condition d’insister sur ce second terme) et une économie du suffisant, sont de nature à inverser ce processus délétère. Mais ceci n’est possible que si la qualité de conscience et de présence à la Vie nous permet cette progression.
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>  Comment les acteurs qui oeuvrent pour «la Grande Transition” peuvent-ils mieux se coordonner à l’échelle globale? Le concept de citoyenneté planétaire offre la possibilité d’un projet mondial ambitieux permettant à toutes les énergies créatrices, présentes actuellement de manière fragmentée, de s’unir dans toute sa diversité, et de s’amplifier. Réunissons nous donc autour de ce projet commun. Travaillons à identifier les signes d’appartenance à notre grande famille (logos, labels, outils communs de communication, etc.) afin de la rendre visible, naturelle, évidente, incontournable. Cette visibilité est essentielle afin que ses membres, de plus en plus nombreux, puissent se dire: oui, nous avons le pouvoir d’agir; oui, nous sommes partout chez nous tout autour de la Terre; oui nous sommes toutes et tous des citoyennes et des citoyens du Peuple de la Terre; oui nous pouvons nous organiser pour assurer ensemble notre autonomie par rapport au système dominant et pour expérimenter des nouvelles formes de vie que nous considérons écologiquement et socialement les plus désirables !
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> Certes nous ne sommes encore à l’origine que d’une cellule fractale de ce mouvement citoyen mondial pour le Vivre Bien. Mais tous les grands projets dans l´Histoire ont démarré ainsi et si plusieurs acteurs présents, par exemple au Forum Social Mondial, sont prêts à co-construire un tel Projet, il pourra vite prendre de l’ampleur. La Vision doit être immense et l’Action prendra le temps, à petits pas, de la suivre, en confiance et en conscience, rayonnant par la qualité de ses résultats et attirant toujours plus d’énergies créatrices d’avenir.  C’est un paradigme complexe inédit que nous sommes en train de voir naître. Il suppose des approches multiples et des actions concrètes, des essais-erreurs, avec une vision commune, de nouveaux espaces de création, de nouvelles relations, de nouvelles transversalités, de nouvelles hiérarchies de valeurs, un nouveau langage aussi, à inventer ensemble, avec tous les créatifs - culturels, économiques, politiques, religieux, agnostiques, spirituels… ! (MA - qui sont les sujets de ces adjectifs? Ou pourrait remplacer la virgule par : dans toutes les sphères… et mettre les adjectifs au singulier)
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> Le réseau Dialogues en humanité propose, pour servir cette vision, le concept de Conseil de Securité de l’Humanité. Face aux effondrements majeurs tels que crises financières, catastrophes écologiques, explosions sociales, risques liés à l’usage volontaire ou accidentel d’armes de destruction massive etc., l’idée de construire, à partir de la societé civile mondiale, un Conseil de Sécurité de l’Humanité pourrait être un projet commun à nos mouvements. Sur ce point le Conseil de Sécurité des Nations Unies est loin d’être à la hauteur de sa mission et le fait que les cinq membres permanents, qui devraient avoir une responsabilité accrue sur l’enjeu mondial, soient aussi les cinq principaux vendeurs d’armes en constitue une tragique illustration. Il nous faut donc construire les conditions de ce que serait un authentique «Conseil de Sécurité de l’Humanité» en combinant deux types de ressources. D’une part l’ensemble des acteurs susceptibles de formuler des alertes et des contre-propositions sur les grands risques que court l’Humanité: les grandes organisations de la société civile qui oeuvrent dans les domaines écologiques, humanitaires, sociaux, technologiques bien sûr, mais aussi tout type d’acteur, quelque soit sa forme institutionnelle, qui peut apporter une contribution de ce type en faisant remonter sous une forme décentralisée l’ensemble des informations et propositions qui peuvent alimenter cette perspective. D’autre part les apports de «sages de l’humanité» à l’instar de celles et ceux qui participèrent au «sommet des consciences» lors de la COP 21 et qui peuvent manifester, au delà de tout intérêt économique, politique ou religieux, une conscience du devenir de notre famille humaine. Le Conseil de Sécurité de l’Humanité, appuyé sur ce « Conseil de Sages », permettrait d’avoir un dialogue exigeant et transparent avec l’actuel Conseil de Sécurité de l’ONU
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> Dans un appel publié par la revue Nature en juin 2017 plusieurs personnalités ont proposé six grands chantiers qui, s’ils entrainent des changements significatifs dans l’émission de gaz à effet de serre, permettraient à l’Humanité de gagner une vingtaine d’années pour poursuivre son chemin de décélération du changement climatique. Depuis cet appel, rien de véritablement à la hauteur du défi ne s’est produit. Le » business as usual» a vite tendance à reprendre le dessus. Il faut donc, sur cet enjeu décisif, réussir l’alliance dont nous avons besoin entre les forces sociales et citoyennes, les grands acteurs scientifiques et spirituels et les acteurs en position de responsabilité politique ou économique. Ce pourrait être le premier sujet destiné à promouvoir le Projet de Conseil de Sécurite de l’Humanité. L’Objectif 2020 est une incitation à mobiliser les forces que nous voulons rassembler dans la perspective d’une citoyennete planétaire avec un agenda dynamique.
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> Texte proposé, au nom des Dialogues en humanité, par Patrick Viveret, Débora Nunes, Marcos Arruda, Anne Marie Codur, Christine Bisch, Siddhartha, Laurence Baranski, Geneviève Ancel, Irène Koukoui, Shoki Ali Said et Hugues de Rincquesen. 

http://dialoguesenhumanite.org/sites/dialoguesenhumanite.org/files/compt…