préface livre Françoise keller

La vie sur notre petite planète bleue est si fragile. En même temps nous avons conscience qu’il y a encore tant à explorer sur le continent de la vie. Pour cela osons renouer avec ce que savent si bien faire nos cellules: coopérer et créer à partir de notre entièreté affective.

Saurons nous apprendre à vivre en confiance et en conscience ensemble, à transformer les difficultés en des opportunités, à apprivoiser l’incertitude? Si nous voulons être pleinement humain et citoyen du peuple de la Terre, que faire?

La bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que nous sommes de plus en plus d’individus dont l’envie est de devenir acteur de sa vie, de se réaliser soi-même au sein d’une communauté bienveillante et solidaire, de reprendre le pouvoir sur notre destinée. Dans les quartiers populaires, de jeunes générations créent et inventent en mettant leur imagination au service de la vie. A Bondy et à Créteil ou Villeurbanne, des femmes qui ont subi des violences apprennent la puissance de la voix avec la chanteuse lyrique Malika Bellaribi-Le Moal, c’est un chemin puissant vers l’estime de soi. Des actions d’entr’aide et d’empathie pour l’accueil d’un voisin démuni ou d’une famille exilée se développent car la fraternité est la valeur en hausse, parce que nous le décidons.

Si les puissants ont tous un talon d’Achille, les plus vulnérables ont tous une force de vie qui peut nous interpeler comme ce champion international de basket et de rugby fauteuil, Ryadh Sallem, né sans jambe et sans main quand il nous dit «J’ai juste choisi d’être heureux!» ou que «La paix est un état, et c’est nous!»

C’est une invitation pour tous les citoyens à se mettre en mouvement: en particulier ceux qui ont de l’influence aussi bien dirigeants d’entreprise que de médias, ou ceux qui ont une influence politique, ceux qui ont du charisme et se découvrent une capacité de leadership bienveillant, les responsables spirituels, les éducateurs.

Pouvons-nous choisir la grande transition comme alternative à un risque réel de grande regression?

Avons nous besoin qu’on nous y autorise? alors qu’il suffit de trouver un arbre pour se mettre en cercle sous son ombre et y lancer des Dialogues en humanité ou des ateliers du sensible et du discernement? Il n’y a pas d’expert en humanité mais chacun peut, s’il le souhaite, partager son expérience de vie et son vécu.

A tout bien considérer, qu’est-ce qui nous empêche de transformer les moyens consacrés à préparer ou faire la guerre en moyens pour éduquer à la paix, à l’empathie et à la CNV?

Le plus sérieusement du monde, les exercices pratiques de CNV proposés par Françoise Keller vont nous ouvrir des perspectives insoupsonnées car il n’y a pas d’âge pour grandir en humanité. Comme les muscles de notre corps ou les connections de nos neurones, cela s’entretient, se renforce et se propage.

Puissent ces témoignages et ces exercices pratiques de CNV nous encourager à oser agir et grandir en humanité.

Lyon le 7 janvier 2017

Geneviève Ancel-Grotzinger

co-tisseuse de Dialogues en humanité (c’est très contagieux)