Cr. 06 Mars 2016

Réunion Réseau International Dialogues en humanité - skype 6 Mars 2016
Réunion en Français :
France : Geneviève, Simone, Christine, Nadine, Daniela, Catherine, Natacha, jean-Jacques, Patrick
Brésil : Marcos
USA : Anne-Marie
1) Serment de Paris, Citoyenneté du Peuple de la Terre
Patrick parle de la préparation de la réunion qui aura lieu les 15 et 16 mars à Genève avec Collegium International
http://collegium-international.org/index.php/en/
et les collaborateurs de Ban Ki-Moon, et qui portera sur l’émergence d’une gouvernance mondiale, en examinant la proposition faite par la juriste Mireille Delmas-Marty (voir son texte en annexe, ci-dessous). Extrait : Si la démocratie appelle des contre pouvoirs, il serait urgent de reconnaître en droit la place déjà prise en fait par les acteurs non étatiques que l’on nomme parfois la « société civile ».
N’hésitez pas à faire des commentaires et des propositions de modifications de ce texte avant le 15 mars !
Patrick propose de parler non de société civile mais de Société Civique Mondiale, composée de citoyens à travers le monde, engagés dans la réflexion et l’action sur les grandes questions vitales pour l’humanité, acteurs de cette gouvernance mondiale en devenir.
Le Serment de Paris contribue à ce processus constituant donnant au Peuple de la Terre une existence juridique au coeur d’une démocratie mondiale à construire.
Etant donné la faiblesse institutionnelle de fait du Secrétariat des Nations Unies dont le rôle est de l’ordre du symbolique et non du véritable pouvoir politique, il semble que le Secrétaire Général de l’ONU ait tout intérêt à appuyer l’émergence de ce contre pouvoir citoyen d’échelle planétaire, qui serait son allié évident face au pouvoir des Etats-Nations et à celui de l’oligarchie globale financière.
Si nous avons connaissance de tout document sur des tentatives passées de réformes du système des Nations Unies, envoyons ces documents à Patrick avant cette réunion du 15 Mars
Par exemple :
Ce texte sur des propositions de réformes des Nations Unies sous l’impulsion entre autres de Federico Mayor en 2004 http://upcommons.upc.edu/bitstream/handle/2117/1235/seminari_fra.pdf?seq...
Il y a également cette initiative d’un pouvoir politique mondial, qui repose sur le concept de citoyenneté du monde, à partir de la déclaration d’Albert Camus (1948) aux Nations Unies :
www.worldcitizensmarch.org (contact :  olivier.dargenlieu@numericable.fr)
Marcos partage avec tous son expérience à Porto Alegre dans la réunion préparatoire du Forum Social Mondial qui aura lieu à Montréal, et qui réunissait des réseaux d’activistes de l’ensemble de l’Amérique Latine. Marcos a eu le sentiment que Carminda, la collègue de Raphael qui représentait l’équipe de Montréal à Porto Alegre, n’était pas spécialement intéressée par le Serment de Paris et elle a omis d’en parler lorsqu’elle avait la parole devant 3000 personnes, alors que Marcos lui avait demandé d’évoquer le Serment. Marcos lui-même n’a eu l’occasion de parler du Serment que devant un auditoire beaucoup plus restreint mais a eu des réponses très positives. Il aimerait demander à Debora, qui a eu un très bon contact avec Carminda au Dialogues du Brecho de Salvador, de la contacter afin de comprendre pourquoi il y a eu un tel refroidissement par rapport à l’enthousiasme et à l’implication de Raphael depuis le début. On doit remarquer que Raphael ne donne plus beaucoup de nouvelles et que le Serment de Paris est introuvable sur le site du Forum Social Mondial. Donc il faut véritablement faire un peu de lobbying auprès de nos amis canadiens… Debora, veux-tu les appeler ? de mon côté je vais aussi contacter Raphael pour en savoir plus…
2) Gouvernance du réseau international des Dialogues en humanité

Nous discutons ensuite des progrès nécessaires à l’avancée des 6 comités travaillant à plusieurs aspects de la gouvernance interne au réseau international des Dialogues
Rappel: Ces 6 comités sont :
Accueil et Communication: accompagnement du site internet et ses améliorations, organisation de la réunion virtuelle mensuelle, constitution d´un groupe de responsables Dh sur internet (du genre google ou yahoo groupe), hebergement solidaire, organisation de la réunion annuelle post rencontre de Lyon, etc. Responsables: Simone Kunegel et Emerson Sales. Personnes ressources: Jean Jacques Ancel, Sophie de Lannoy, Annie Gourdel, Philippe Piau, Claire Durieux, Lila Gouache...
Accompagnement des nouveaux porteurs de Dialogues:  création d´un "kit" comprenant: Charte des Dialogues, liste des responsables et leurs contacts, textes explicatifs du réseau comme celui d' Ivan Malcheff et Débora Nunes , orientation sur l'organisation du programme, de l'accueil, de l'hébergement (notamment solidaire), etc.Responsables: Natacha Kaminski et Débora Nunes. Personnes ressources: Geneviève Ancel, Daniela Schwendener, Anne-Marie Codur, Marcos Arruda, l' Association des Dialogues à Lyon...
Réseautage - identifier et contacter les partenaires possibles afin de développer des synergies: ONGs, associations, institutions, entreprises, artistes, journalistes, citoyens engagés, scientifiques. Responsables: Catherine André et Marcos Arruda. Personnes ressources: Xavier de Lannoy...
Engagement des jeunes - trouver les moyens de susciter davantage encore l'implication des jeunes dans le réseau Dialogues, notamment les jeunes qui organisent le FSM 2016 au Québec. Responsables: Anne-Marie Codur et Geneviève Ancel. Personnes ressources: Catherine André, Débora Nunes et les stagiaires et bénévoles...
Séminaires sur les nouveaux modeles politiques: approfondir la discussion sur la gouvernance horizontale, politique de l'amitié, etc. Responsables: Patrick Viveret et Catherine André. Personnes ressources: Geneviève Ancel,  Anne-Marie Codur, Marcos Arruda, Débora Nunes, Emerson Sales, Natacha Kaminski, Xavier de Lannoy...
Plan d'action: suivi des plans d'actions des differents comites et proposition d'un plan d'action general pour le réseau Dialogues. Responsables: Débora Nunes et Xavier de Lannoy.  Personnes ressources: Catherine André et Anne-Marie Codur
Aujourd’hui, nous parlons surtout du premier comité et du besoin qu’a Simone d’être plus soutenue afin de remettre de l’ordre dans le site des Dialogues. Nous suggérons une réunion par skype dédiée exclusivement à la question du site, en Avril, avec ceux d’entre nous qui pourront s’y joindre, au cours de laquelle nous aiderons Simone a décider des priorités dans la présentation des pages, de ce qu’il faut garder et de ce qu’on peut mettre de côté. Simone aura aussi l’aide technique de un ou deux jeunes volontaires des Dialogues qui sont des « digital natives ».


Réunion en Anglais :
India : Siddharta, Aviram
Brazil : Marcos
France : Geneviève, Simone, Jean-Jacques
USA : Marta, Anne-Marie –
Pour ceux d’entre vous qui ne la connaissent pas, Marta Ceroni est Italienne, et elle vit dans le Vermont où elle dirige le Donella Meadows Institute, du nom de la célèbre théoricienne des systèmes et activiste Donella Meadows, co auteur de Halte à la Croissance! le rapport du Club de Rome en 1973 qui a redéfini en son temps le mouvement écologiste mondial. L’influence intellectuelle de Donella a été immense aux Etats-Unis et après sa mort, un Institut a été créé pour continuer à porter son message. Marta fait un travail remarquable à la tête de cet Institut, aidant à créer des ponts entre la réflexion systémique et la pratique activiste avec des citoyens engagés, dans le Vermont et au New Hampshire, dans la mise en œuvre concrète d’approches écosystémiques de la relation entre les humains et leur milieu naturel, à travers les écovillages du Vermont, et des initiatives alternatives diverses de la nouvelle économie. Je suis particulièrement heureuse que mon amie Marta ait rejoint l’équipe internationale des Dialogues. Bienvenue Marta !
Dans la réunion en anglais, nous commençons par un résumé de ce dont nous venons de parler dans la réunion en anglais
Au sujet du Serment de Paris :
Siddharta partage que dans le contexte indien, le titre « Oath of Paris » n’évoque rien et qu’il faut réfléchir à un autre titre.
En plus du texte général du Serment, Siddharta propose  de donner plus de corps au texte dans une version plus longue et explicative
Nous discutons tous du fait que nous devons permettre à chaque groupe de se réapproprier le texte du Serment et de le réinterpréter chacun dans son contexte, en insistant sur la partie qui a le plus de sens dans ce contexte – de sorte que à côté du texte d’origine, puisse se développer un corpus de textes plus ancrés dans la réalité de chaque groupe, communauté, ville, pays, où s’implantent les dialogues
Marcos rappelle qu’un poète brésilien a composé un magnifique poème autour du Serment (que Simone a traduit en anglais)
Par exemple dans le contexte de l’Inde en ce moment, Siddartha parle des préoccupations citoyennes qui tournent autour de la question identitaire et du risque d’un tournant fasciste pris par la droite indienne au pouvoir. Alors que la Constitution Indienne est fondée sur des principes de laïcité, et d’égalité entre citoyens au-delà de toute appartenance religieuse, de caste, etc… il y a des tentations de retour en arrière et de remise en question de la Constitution avec des tentatives de réformes allant dans le sens de l’exclusion et de l’intolérance, pour en retirer le principe de laïcité.
Marcos ajoute qu’au Brésil, après 15 ans au pouvoir, la gauche est à bout de souffle, qu’on lui fait porter sur le dos la responsabilité de la corruption du système, qui est structurelle et endémique et existait bien avant l’arrivée de Lula au pouvoir, et que dans cette atmosphère il est à craindre un retour au pouvoir d’une droite autoritaire et intolérante.
Siddharta souhaite que les dialogues contribuent à des discussions citoyennes sur la question de la relation entre laïcité, droits humains et religions.
Ce qui se passe du côté de l’Hindouisme idéologique en Inde, comme de l’Islam sunnite instrumentalisé en islamisme - depuis l’Arabie Saoudite jusqu’à Daesh - est un détournement extrêmement dangereux du religieux, mais on ne peut sans doute pas le combattre efficacement avec une laïcité froide et désincarnée, à la française. D’où l’importance de débattre de la question de la place de la spiritualité comme alliée explicite dans le combat humaniste pour les droits humains dans une démocratie ouverte et qui n’a pas peur de la dimension spirituelle essentielle pour la plupart des êtres humains.
Côté Eglise Catholique, Marcos remarque que le Pape François est de fait un allié explicite, et que le texte de l’Encyclique est d’une radicalité politique inouïe, et que le tournant pris par l’Eglise Catholique sous l’impulsion de François a un immense retentissement auprès des plus pauvres, partout en Amérique Latine. Les églises catholiques sont en train de devenir des lieux de mobilisation politique grassroot, dans la lignée de la citoyenneté de la Terre…
Autre exemple dont on peut s’inspirer, dans les sens d’une relation positive et constructive entre religion et démocratie : le rôle du Bouddhisme au Bhoutan, que Marcos a visité récemment, et qui est une petite monarchie constitutionnelle où le Bouddhisme joue un rôle éthique dans la vie quotidienne, un rôle pacificateur et modérateur, sans institution cléricale invasive et contrôlant les mœurs de façon oppressive.
Geneviève rappelle que ces questions seront abordées au cours des agoras des Dialogues de Lyon.
Aviram est désolé de ne pas pouvoir venir à Lyon cette année mais un de ces collaborateurs de Sadhana Forest viendra sûrement à sa place, d’autant que Simone a évoqué que de nombreuses personnes qui seront présentes à Lyon seraient d’excellents contacts pour Sadhana.
Sur la question du rapport à la Terre, qui fera l’objet d’une journée entière à Lyon (création de 1000 écovillages) Aviram tient à souligner l’importance de concevoir des écovillages qui soient tournés vers la communication avec le reste de la société. La première génération des écovillages a eu trop tendance à s’inscrire dans une volonté de réussir des expériences d’autarcie et d’auto-suffisance, comme des systèmes presque entièrement fermés sur eux-mêmes et qui ne voulaient rien avoir à faire avec “LE” Système. Pour Aviram, c’était une erreur, et il est essentiel que les écovillages de la deuxième génération soient ouverts, se mettent en réseaux entre eux, échangent entre eux des idées et des pratiques, ainsi qu’avec le reste du monde.
Enfin, Marta et moi faisons part au groupe de nos questions afin de mieux communiquer l’esprit et la substance des Dialogues avec les groupes de jeunes que nous cherchons à impliquer dans la création de nouveaux Dialogues en humanité, dans le Vermont, et à Boston.
Notre prochaine réunion skype aura lieu le Dimanche 3 Avril
A la demande de nos amis en Inde pour qui l’horaire de la réunion en Anglais est trop tardif, nous voudrions faire la proposition suivante :
Commencer la réunion en Français à 14h heure française, pour que la réunion en anglais puisse avoir lieu à 16h. Est-ce possible pour vous tous ? Merci d’avance !

 

 

MEETING INTERNATIONAL NETWORK DIALOGUES EN HUMANITE MARCH 6 2016
Meeting in French:
Geneviève, Simone, Christine, Nadine, Daniela, Catherine, Natacha, Patrick, Marcos, Anne-Marie

1) Oath of Paris and emergence of a citizenship of the people of the Earth
Patrick shares preparation on the meeting in Geneva with Collegium International
http://collegium-international.org/index.php/en/
and with Ban Ki-Moon’s team, on the topic of world governance
in international law there is a need for the emergence of that counter power of civil society – as expressed as international law jurist Mireille Delmas Marty (See her text below – a citizen dynamics)
Patrick is asking if we can share with him any documents that we might know of that were produced in the past 20 years or more, which related to attempts to reform the United Nations System in that direction opening towards world-scale governance
For instance these 2 initiatives
Proposed reform of UN System in 2004 http://upcommons.upc.edu/bitstream/handle/2117/1235/seminari_fra.pdf?seq...
NGO built on the concept of world citizenship, inspired by Albert Camus’ speech at the creation of the UN in 1948
www.worldcitizensmarch.org (contact :  olivier.dargenlieu@numericable.fr)
What could be the contribution of the Oath of Paris, as part of this movement of definition of a World Civic Society: necessity to promote this text in many different ways and venues and to reinterpret it according to each context and needs so that the text is being appropriated by various groups and rephrased according to their own needs and priorities… such that the original text will remain as is but will be completed by a corpus of additional texts expressing a diversity of aspects of what the citizenship of the people of the Earth means to each group, community, city, in which the Dialogues are rooted
Siddhartha mentions that we should think of changing the title in India as Oath of Paris doesn’t refer to anything easily understandable
In terms of global platform to give more visibility to the Oath, we will make sure that the text is promoted in Montreal during the World Social Forum
2) Internal Governance – International Network of Dialogues

We have decided in December in Paris to organize 6 committees working of the following aspects of governance
Internal and external communication and Welcoming committee: website, skype meetings, flyers and media, and actual meetings of the international network core group (Simone Kunegel, Emerson Sales)

Accompanying the new groups starting Dialogues:  creating of a "kit" including founding texts, orientation material, etc..(Natacha Kaminski et Débora Nunes).

Networking- identifying possible partners in order to develop synergies: NGOs, associations, businesses, institutions, artists, journalists, scientists and various groups of engaged citizens (Catherine André, Marcos Arruda)

Youth engagement - fostering the contribution and engagement of the young generations in all the Dialogues (Geneviève Ancel, Anne-Marie Codur)

Seminars/Workshops on new political forms: more in-depth discussions on the nature of network- based "rhyzomatic" horizontal governance, and the  "friendly and empathetic politics" or so-called "Politique de l'amitié" (Patrick Viveret, Catherine André)

Action Plan: follow up and coordination on all the different committees in order to advance a general action plan at the global level for all current and future Dialogues (Débora Nunes, Xavier de Lannoy)
We will have in April a skype meeting exclusively dedicated to helping Simone “clean” the website by prioritizing what needs to be prominently shown on the website and what can be put aside
3) Meeting in English
Included Siddharta, Aviram, Geneviève, Simone, Marcos, Marta and Anne-Marie
Siddharta shares concerns about India and its breed of fascism that is threatening to strip the Constitution away from its principles of secularism and equality of citizens. Identity politics has fostered intolerance and walls are being erected and dialogues become very difficult intra groups. Religion is playing a disastrous role in India right now.
The mixture of religious fundamentalism and neo fascism rising in India, which is paralleled by other forms of bigotry and fascism emerging in the US (Donald Trump) and in Europe (anti-Muslim neo fascism tendencies based on a breed of dogmatic secularism, almost as bad as religious fanaticism) is a world phenomenon to be reckoned with. How can the dialogues contribute constructively to address these issues, and how can the text of the Oath become a rallying flag around which new progressive forces could coalesce?
Issue is that progressive parties are burned out – the traditional Left is burned out. See the example of Brazil where 15 years of Lula + Dilma rule has exhausted the Left and make it vulnerable to the attacks of the right, which accuses it of being responsible for the structural corruption of the system.

Siddhartha insists that the key theme to explore for the Dialogues is the relationship between secularism, human rights and religions
Idea of workshops on this theme? Broadening the conversation:
Although Hinduism in India and Islam in the Middle East North Africa and in Europe are being degraded and manipulated in the hands of fanatic extremist ideologues and politicians, on the other hand the Catholic church is experiencing a rebirth and return to the original message of Jesus, with a liberating fresh air inspired by Pope Francis whose Encyclical is the most radical political text today challenging global capitalism. Marcos remarks that there is an explicit alliance that is being formed in Latin America between the most progressive forces at the grassroot level and the Catholic church
Pope Francis is embracing oecumenism and a humanist approach of religion, in the brotherhood of humankind, regardless of the religion of each person
In Latin America, the Catholic church is a force that can be worked with in the reinvention of the Left, whereas the Right wing is supported by the regressive and conservative evangelical churches (this is exactly what’s happening in the United States) – evangelism being the form of Christian fanaticism similar to the Islamist and Hinduist fanaticism
Marcos also talks about his trip to Bhutan, a tiny constitutional monarchy which has democratized in recent years and where the role of Buddhism as a living force in the every day life offers positive ethical guidance quite at the opposite of an oppressive rigorous and constraining imposition.
Role of relationship between the sacred and the political, between spirituality and democracy and how spirituality can be seen as a positive force for the building of the world governance, as long as it is an open spirituality, embracing all diversity of religions and worship
Beware of the kind of cold and disembodied secularism which is another extreme – and which characterizes French laïcité that is preventing the French society to have an open and relaxed dialogue on the religious dimension of life in democracies, and is rigidly opposed to any expression of religious identity inside the civic space.
All these issues will be discussed in Lyon
Aviram is sorry that he will not be able to attend the Dialogues in Lyon this year
A full day in Lyon will be dedicated to ecovillages
Aviram notes that it is important to realize that the first generation of ecovillages tended to be too closed on themselves, focusing on their self sufficiency, without seeking to share with the rest of the world their experience. Today the second generation of ecovillages needs to be open to the rest of the world. Ecovillages need to connect to each other in networks to share ideas practices and experiences, to create solidarity among themselves but they also need to be open to the rest of society at large, as an alternative system in the making.
Siddharta mentions that at Fireflies the term ecovillage has been replaced by the term carbon neutral villages – to reflect on the role of agriculture in fighting against climate change (soils restoration is a key strategy to sequester carbon, as much as it is an absolute necessity to reach food security and food sovereignty)
Marta mentions the experience of the ecovillage founded by Donella Meadows, the academic and activist co-author of the groundbreaking book “limits to growth”, who has been a main source of inspiration for generations of environmentalists in America. The Donella Meadows Institute, which was created after Donella’s death, to carry on her message, is an NGO whose role is both a think tank and an action tank, facilitating discussions and action plans in the community. Marta is the Executive Director of the Institute, and I am particularly happy that she has joined the international team of Dialogues en humanité. Welcome Marta 
Marta works with several interns, students in Universities in Vermont or in New Hampshire, and is planning mini dialogues, co-organized with this young people, on various locations of farmers markets where a broader mixing of population is happening once a week and where dialogues could connect farmers, and urbanites from the middle class
Anne-Marie is in the process of meeting with community organizers in the Boston area to engage discussions on how the form of open dialogues could be useful to them to communicate to a broader and more diverse audience on their work. More news to follow shortly
Our next meeting will be Sunday April 3, we will try to start at 2pm French time for the meeting in French so we can start the meeting in English at 4pm French time, and end towards 5:30pm

 

Text which will be presented and discussed in Geneva – 15, 16 March 2016
Une dynamique citoyenne en route vers la paix
Projet pour ouvrir un débat sur la gouvernance mondiale

« Maintenir la paix et la sécurité internationale » était l’ambition inscrite à l’article 1er de la Charte des Nations Unies en 1945. Soixante dix ans plus tard, le bilan est contrasté. Certes la 3ème guerre mondiale n’a pas éclaté, mais les conflits armés n’ont pas cessé et les fureurs sacrées du terrorisme global continuent depuis le 11 septembre 2001 à embraser la planète. Les pulsions de vie et de mort les plus archaïques, armées par les progrès technologiques les plus innovants, conduisent les démocraties apeurées à des dérives sécuritaires, au risque de s’autodétruire au motif de se défendre. Plus largement la plupart des crises actuelles, qu’elles soient financières, sanitaires, migratoires ou environnementales, sont marquées à la fois par une globalisation sans précédent et par un repli identitaire farouche qui aboutit paradoxalement à marginaliser les organisations internationales au moment où elles seraient le plus nécessaires. Même l’Europe est comme tétanisée.

Pourtant la mobilisation exceptionnelle des diverses composantes de la société en faveur du climat à la fin de l’année 2015 invite à se demander si le dérèglement climatique ne serait pas une chance pour l’humanité. Une chance (en espérant que ce ne sera pas la dernière) si ce dérèglement fait naître en temps utile un sentiment de responsabilité. En effet cette mobilisation semble exprimer la peur d’un danger, mais aussi la conscience d’un destin commun et la volonté de le prendre en charge. Ce serait donc le moment de franchir une nouvelle étape dans la gouvernance mondiale.

Certes il ne faut pas sous évaluer la résistance des Etats. Même si leur capacité juridique est faible pour traiter des crises qui relèvent d’une responsabilité et le cas échéant de sanctions, à l’échelle mondiale, les Etats sont porteurs d’une légitimité politique et restent en charge du pouvoir exécutif c’est-à-dire de la mise en œuvre des décisions. Mais alors comment placer l’Onu au centre de la gouvernance mondiale, alors que, même à l’échelle de l’Europe, les institutions supranationales sont soupçonnées, souvent à juste titre, d’une bureaucratisation qui éloigne de l’esprit démocratique?

Si la démocratie appelle des contre pouvoirs, il serait urgent de reconnaître en droit la place déjà prise en fait par les acteurs non étatiques que l’on nomme parfois la « société civile ». Une société fort hétérogène qui regroupe les acteurs économiques privés (entreprises transnationales), les acteurs scientifiques (chercheurs et experts), enfin les ONG, les syndicats, les collectivités territoriales et les lanceurs d’alerte. En somme toutes les composantes d’une citoyenneté du monde dont aucun habitant de la Terre ne devrait être déchu dès lors qu’elle serait inhérente à la personnalité de tout individu né sur Terre.

Comme aux grands tournants de l’histoire, des projets de déclaration fleurissent, marquant l’apparition de l’Humanité, des Générations futures, et plus largement des Biens communs mondiaux. Quelques exemples : la Déclaration universelle d’interdépendance (Collegium international, 2005) ;  la Déclaration universelle des responsabilités humaines (Fondation Léopold Mayer, 2012) ; l’Appel vers une gouvernance mondiale solidaire et responsable (Collegium International, 2014) ; la Déclaration des Droits de l’humanité relative à la préservation de la planète (Univ. Limoges, 2015) ; la Déclaration universelle des Droits de l’humanité (Corinne Lepage rapport au Président de la République française 2015); le Serment de Paris, engageant, sur le modèle du serment du jeu de paume, des réseaux citoyens internationaux à faire du peuple de la Terre un acteur dans la mise en oeuvre de l’Accord de Paris (2015). Trois convergences pourraient caractériser cette étape de l’histoire humaine.
1. Reconnaître les interdépendances

Certes le premier Sommet de la Terre, à Rio en 1992, avait proclamé que « La Terre, foyer de l’humanité forme un tout marqué par l’interdépendance ». Et pourtant, même quand les interdépendances sont évidentes, les Etats ne semblent pas prêts à renoncer au déni de réalité qui consiste à affirmer haut et fort leur indépendance souveraine.

On le voit par exemple en matière de terrorisme. La « guerre contre le terrorisme » est devenue un phénomène global car elle est menée, non pas contre un Etat (malgré la dénomination d’Etat islamique) mais contre des groupes de terroristes djhiadistes, y compris les « combattants étrangers », venus de plus de 100 pays pour se former en Irak, en Syrie et en Libye. Ils sont pourvus d’une organisation en réseaux, dont la dispersion et l’instabilité permettent des effets de surprise et créent des urgences qui fragilisent les Etats. Pourtant la grande coalition issue du vote unanime du Conseil de sécurité de l’Onu le 18 décembre 2015, quelques jours seulement après les attentats de Paris, n’a pas conduit à un accord sur la désignation des mouvements terroristes. Chacun mène sa guerre contre ses ennemis préférés, au risque de sombrer dans une confusion qui brouille la coopération et conduit à l’enlisement.

On le voit aussi avec la crise migratoire, exemple particulièrement significatif car le déni de réalité a même conduit les Etats à remettre en cause non seulement les interdépendances planétaires mais encore les interdépendances au sein d’une Union européenne fondée sur la libre circulation des personnes. N’hésitant ni à remettre en cause les accords de Schengen en refermant leurs frontières intérieures, ni à transformer l’Europe en forteresse pour les pays tiers, les Etats semblent avoir oublié que les traités et la Charte des droits fondamentaux font de la solidarité l’une des valeurs de l’Union européennes.

Même en matière climatique, la résistance des forces politiques des Etats a longtemps bloqué les négociations. Certes ils avaient adopté en 1992 la Convention-cadre sur le changement climatique, et la conférence de Kyoto (1997), avait permis d’instaurer le mécanisme des permis à points dans l’espoir de réduire les émissions de gaz à effet de serre durant la période 2008-2012. Mais tous les Etats n’ont pas adhéré et le mécanisme d’observance a mal fonctionné, de sorte qu’il a fallu attendre la COP21 pour obtenir un consensus mondial.

Et pourtant les interdépendances ne cessent de se développer, stimulées par la progression « fulgurante » des nouvelles technologies. Elles se développent :
- entre groupes humains, étatiques ou non étatiques, entraînant à la fois des violences intentionnelles (criminelles et guerrières) et des risques involontaires (écologiques, sociaux, sanitaires, financiers etc) ;
- ainsi qu’entre les humains et l’écosystème auquel ils appartiennent.

Alors que les peuples, unis par leur histoire singulière, se sont constitués autour de déclarations d’indépendance comme autant de souverainetés solitaires, les habitants de la Terre, unis par un même désir d’avenir, doivent reconnaître leurs interdépendances subies afin de les transformer en un destin commun et voulu comme tel. La reconnaissance des interdépendances est une condition nécessaire pour ouvrir un chemin vers la Paix. Nécessaire mais pas suffisante car les interdépendances sont un fait qui ne résout pas les contradictions de la mondialisation. Pour réguler ces exigences contraires, un engagement sur des principes régulateurs communs est indispensable.


2. Réguler les contradictions de la mondialisation

Marquant la volonté d’exprimer l’appartenance de tous les êtres humains à l’humanité, quatre principes, déjà inscrits dans le droit international sous des dénominations variées, peuvent contribuer à réguler les contradictions de la mondialisation :
- le principe de l’égale dignité de tous les êtres humains (art. 1, DUDH, 1948) pour réguler sécurité et liberté, dans la lutte contre les violences entre groupes humains ;
- principe de solidarité planétaire (Constitution de l’OIT 1919 et Charte UE 2000) pour réguler compétition et coopération face aux risques involontaires (écologiques, sociaux, sanitaires, financiers, etc), auquel aucun Etat, si puissant soit-il, ne peut échapper à lui seul;
- le principe de précaution/anticipation (Convention-cadre sur le climat, 1992) pour réguler innovation et conservation, alors que le développement économique, démographique et technologique fait de l’humanité une véritable force de la nature, pouvant menacer la survie des générations futures, voire de la planète;
- enfin un principe de cohésion pluraliste (universalisme de la DUDH 1948 et particularisme de la Déclaration Unesco sur la diversité des cultures 2001) pour réguler exclusion et intégration dans le combat entre forces d’attraction et de répulsion.

Ces principes doivent devenir opposables aux acteurs les plus puissants et justiciables devant une autorité, nationale ou internationale, compétente pour mettre en oeuvre les interactions qui commandent une coresponsabilité planétaire.

3. Mettre en œuvre les interactions d’une coresponsabilité planétaire

Pour atteindre l’objectif annoncé à l’occasion du Millénaire, le rapport du Secrétaire général des Nations Unies « Une vie de dignité pour tous » (26 juillet 2013) recommande un processus intergouvernemental transparent qui regroupe les contributions de toutes les parties prenantes, y compris la société civile, les institutions scientifiques et académiques, les parlements, les autorités locales et le secteur privé. En pratique la Conférence de Paris sur le climat a montré comment se prépare et se construit un consensus mondial de 195 Etats : de haut en bas, en partant de la définition des objectifs communs, mais aussi de bas en haut, en partant des contributions des Etats et des responsabilités « communes mais différenciées » évaluées selon le contexte national.

Il reste à vérifier la mise en œuvre de ce consensus et la possibilité de transposer la méthode en d’autres domaines. Plus précisément il faudrait :
- pour les acteurs publics tester les interactions verticales entre le niveau planétaire (organisations internationales), national (Etats) et le niveau local (collectivités territoriales), en précisant les critères universels qui définissent des objectifs communs et les critères contextuels (historiques, économiques, sociaux, culturels) qui commandent la différenciation;
- pour les acteurs économiques évaluer l’efficacité des interactions horizontales en confrontant les engagements volontaires des entreprises ( responsabilité sociale et environnementale) et les nouvelles procédures d’identification des responsables (entre société mère, filiales et sous-traitants), de mise en conformité et parfois de sanction en cas d’échec ;
- enfin pour les acteurs civiques (ONG et syndicats, experts scientifiques, lanceurs d’alerte) qui s’engagent eux-mêmes, à l’image du « serment de Paris », comme citoyens du monde, analyser les conditions et les effets d’un partage des responsabilités.


En résumé, ce projet ne propose ni de nouveaux concepts comme un contrat social mondial, ni de nouveaux modèles comme un état de droit sans Etat, ni de nouveaux instruments normatifs comme une constitution pour le monde. L’arsenal juridique est déjà chargé et les institutions ne manquent pas.

Considérant la mondialisation comme un processus dynamique complexe qui évolue dans des directions multiples et à des vitesses différentes, ce  projet conçu comme « processus constituant » a l’ambition de faire de la citoyenneté mondiale une réalité et pas seulement un idéal. L’objectif est d’engager les citoyens du monde et le Secrétariat général des Nations Unies à se reconnaître et se renforcer mutuellement afin d’œuvrer ensemble pour inciter les Etats à transformer leur souveraineté solitaire en souveraineté solidaire et les entreprises à élargir leur responsabilité sociale en une responsabilité solidaire.

A cette étape dite de l’Anthropocène, où l’Humanité devient une force tellurique capable d’influencer l’avenir de la planète, elle devrait logiquement être capable d’influencer son propre avenir en organisant une gouvernance mondiale pacificatrice. Encore faut-il être conscients des limites de la raison et ne pas présupposer que les raisonnements de type logique (algorithmique) sont universalisables, tout en négligeant les pulsions (heuristiques) dont le poids dépend du contexte émotionnel individuel et social. Il ne suffira pas d’améliorer les capacités cognitives et les conditions sociales. Encore faudra-t-il que les citoyens apprennent à résister à des pulsions qui, sous le poids des émotions, échappent souvent à la raison ; et que les dirigeant renoncent à instrumentaliser ces pulsions mais au contraire contribuent eux-mêmes à éduquer les citoyens à l’autonomie critique.

La route vers une paix durable n’est pas une route tranquille, continue et linéaire, mais un apprentissage chaotique, avec des avancées, des reculs, des phases d’accélération et des blocages. Il est donc urgent d’engager ce « processus constituant », s’il est temps encore.


Mireille Delmas-Marty, extrait de Aux quatre vents du monde, à paraître Seuil 2016