Garder ses distances sans prendre des distances?

La réflexion d’une petite fille croisée dans la rue :«Dis maman, est-ce que la dame, elle est à la bonne distance?», m’a interpellée.
C’est vrai que depuis la pandémie, nous sommes obligés de veiller à garder une distance d’au moins 1 mètre avec ceux que nous croisons, virus oblige. La difficulté de ce nouveau réflexe, c’est qu’il peut être interprété par les enfants comme «les autres sont dangereux» ou «je dois m’en méfier» ou encore «le contact avec l’autre peut être mortel».
Comment tout cela peut-il être ressenti par un enfant? Serait-on en mode ’voyage retour’ vers « l’enfer c’est les autres » de Sartre?
Tout l’enjeu est d’apprendre à garder les bonnes distances sans pour autant prendre ses distances. Ce n’est pas parce qu’on peut moins se contacter physiquement, qu’il faut s’éloigner affectivement des autres.
Cela va sans doute nous demander des efforts. Car comme on dit « loin des yeux, loin du cœur », on pourrait dire aussi « loin du corps, loin du cœur».
Comment manifester son affection et sa proximité lorsque l’on ne peut plus se prendre dans les bras ou même se serrer la main? Sans doute en trouvant des gestes de salutation chaleureux ou en traduisant notre intérêt pour l’autre par un regard bienveillant.
En me promenant dans les rues ces derniers temps, j’ai été frappée de voir que certains confondent ´porter un masque et garder une distance ´, avec ´fuir l’autre du regard’.
À nous de rester vigilants en maintenant ce contact visuel avec les autres, même masqués. Et à faire preuve de pédagogie avec les plus jeunes, en leur expliquant que garder ses distances ne rime pas avec prendre ses distances.
Une nouvelle façon d’être ensemble à inventer!✨
Lætitia de Traversay journaliste à RCF

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