Mémoire de stage Evaezi Otuorimuo sur les démarches participatives 2017

Portrait de genevieve

Mémoire de stage
Université Jean-Moulin Lyon 3 - Faculté de Philosophie - Année universitaire 2016-2017
Master 2 Ethique, Ecologie et Développement Durable
Les Démarches Participatives dans les Structures Public
Cas des Dialogues en humanité
Evaezi Otuorimuo (n°9158337): evaeziotuorimuo@yahoo.com
Sous la direction de:
Tutrice de stage : Geneviève Ancel
Tuteur universitaire : Charles Girard
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REMERCIEMENTS
J’adresse mes remerciements aux personnes qui m’ont aidé dans la réalisation de ce mémoire.
En premier lieu, je remercie Charles Girard, professeur à l’université de Jean Moulin III. En tant que Directeur de mémoire, il m’a guidé dans mon travail et m’a aidé à ranger mes idées pour avancer et pour son travail de relecture ainsi que son regard critique.
Et je remercie Geneviève Ancel, pour m’avoir permis de vivre et découvrir l’expérience des Dialogues en humanité à travers des échanges d’expériences, de vies croisées, de coopération-action, d’ateliers du sensible, d’agoras, d’activités festives en réalisant mon stage.
Je remercie ensuite Simone Kunegel pour le temps qu’elle m’a consacré dans la réalisation de ma mission pour les Dialogues en humanité
L’équipe, à savoir Alicia Sanchez, Matteo Povero, Sarah Courbiere, Mathilde Sihr et Juliette Goemare, font l’objet de sincères remerciements pour leur énergie positive durant ces cinq mois de stage.
Enfin, je remercie ma famille, mon père Isaac Otuorimuo, ma mère Loretta Otuorimuo, mon frère et mes soeurs Isaac, Elo et Ewhoma, pour leur soutien.
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SOMMAIRE
INTRODUCTION
1. L’influence de la participation citoyenne sur l’élaboration de l’évènement « Dialogues en humanité »
A) La Co-construction : Un dispositif mis en place pour promouvoir la participation
B) Processus de transfert d’information
C) Le processus décisionnel dans le Dialogues en humanité
2. La dimension relationnelle entres les acteurs
A) Relation Stagiaire et fonctionnaire territoriaux
B) Relation Stagiaire - Bénévoles
C) Relation Stagiaire - du Stagiaire au Stagiaire
D) Relation Stagiaire et Partenaires
E) Relation citoyen - fonctionnaire
3. Les Réalités et les limites de la Participation
A) La rupture entre les Professionnels et les Citoyens
B) Un espace de démarche participative dans une institution hiérarchisée : une participation citoyenne imaginaire
C) L’image de la Métropole comme une organisation puissante avec les liens économiques et politiques : un frein à la participation citoyenne ?
D) Différence entre la démarche lyonnaise des Dialogue en humanité et celle des autres pays
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INTRODUCTION
« Tout nous concerne, tout nous regarde si nous sommes des citoyens responsables »
Stéphane Hessel
« …De violents orages semblent s’abattre sur notre humanité, des orages dont nous sommes à la fois les porteurs et les victimes. Nombre d’êtres humains à travers la planète subissent ainsi l’orage des violences climatiques bien sûr, mais aussi des tourbillons politiques, sociaux, écologiques…Mais partout de formidables oasis ensoleillées expérimentent de nouveaux modes de vie, partout des associations, des communautés, des peuples construisent des alternatives au défaitisme, à la morosité, à la misère… Mieux encore, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas obligé de baisser la tête en attendant la fin de la tempête ! »1
La contestation du principe représentatif est due à la perte de confiance en les élus politiques. Afin de trouver des moyens de conduire cet éveil et d’accroître la participation citoyenne qui s’avère nécessaire pour réaliser la vision des villes de l’avenir. Cette manière d’agir qui consiste à réunir des acteurs sociaux autour d’un projet semble être un enjeu fondamental qui permet de visiter la question de l’économie sociale.2 Il faut motiver les citoyens afin de leur faciliter les moyens d’exercer leurs droits.
Dans cette démarche, la place des collectivités territoriales ne doit pas être sous-estimée. Elle prendra un rôle essentiel en apportant un appui logistique et technique aux acteurs afin de favoriser la communication. Elle doit prendre l’initiative de créer les conditions permettant aux citoyens d’avoir une place dans l’espace public, à travers les manifestations diverses, les forums ou les évènements culturels et sociaux.
1 Edito Par Philip Piau Pour Les “Dialogues En Humanité” 2017
2 Ancel , Genevieve, « La promotion de champs de compétences transversales » , Les Cahiers de l’economie sociale : Economie Sociale et développement local, L’Harmattan, 2002, pg 159
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Il faut comprendre les questions qui concernent les citoyens, et qui permettront non seulement de agrandir des stratégies qui favorisent leur action politique et leur participation, mais qui seront utiles également à informer et prevenir les décideurs politiques de leurs préoccupations, leurs opinions et leur comportement politique.3
En 1951, Harold Laswell affirme que l’administration publique est une science de la démocratie. Cependant, la création de frontières organisationnelles vise à limiter l’espace d’intervention. Ainsi, selon l’approche wébérienne : « un contrôle étroit n’est pas autoritaire, la responsabilisation qui y est associée permettrait d’atteindre l’intérêt général en réduisant les décisions arbitraires4 ».
Toutefois, une telle conception de la responsabilité aurait des effets contraires à ceux souhaités : l’organisation hiérarchique aurait tendance à « isoler » artificiellement les agents publics des citoyens, ce qui rendrait les bureaucraties « opaques » et « omnipotentes »5. Cette situation résulterait du fait que le modèle classique d’administration publique insiste de façon extrême sur le fonctionnement interne des organisations bureaucratiques. Les procédures et la division fonctionnelle du travail administratif sont au détriment des liens entre l’administration publique et la société. La démocratie serait en crise, du moins dans sa composante représentative.
Les théories critiques valorisent une administration publique construite par le bas, dont la structure organisationnelle se constituerait de plusieurs réseaux locaux de collaboration ouverts à la participation des citoyens6. Laurence Bherer nous explique comment une critique
3 Khursheed Wadia, « Femmes De Culture Musulmane Et Participation Politique », Hommes Et Migrations [En Ligne], 1299 | 2012, Mis En Ligne Le 31 Décembre 2014, Consulté Le 31 Août 2017. Url : Http://Hommesmigrations.Revues.Org/1403 ; Doi : 10.4000/Hommesmigrations.1403
4 Peters G. D., « Bureaucracy And Democracy », Public Organization Review, 10 (3), 2010, p. 209-222.
5 Bherer, Laurence. « Les relations ambiguës entre participation et politiques publiques », Participations, vol. 1, no. 1, 2011, pp. 105-133.
6 Deleon L., « Embracing Anarchy: Network Organizations And Interorganizational Networks », Administrative Theory And Praxis, 16 (2), 1994, P. 234-253.
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positive de l’administration, telles que le caractère anti-démocratique de la bureaucratie, a favorisé la participation citoyenne.
La plupart des recherches sont conduites vers les effets de cette participation, au détriment des objectifs affichés et les conditions de mise en oeuvre de la participation. Une partie des travaux littéraires s’est avant tout attachée à analyser les facteurs d’apparition des dispositifs de participation, pour en inférer leurs effets.
D’autres travaux proposent, toutefois, de faire le lien entre les facteurs particuliers des dispositifs, par exemple des composantes comme les préférences des agents, les rapports de force, les modalités de discussion, etc. ainsi que les apports de ces processus participatifs. Mais dans la plupart des cas, il n’est pas évident de concilier clairement les différents questionnements.
D’après Paul Sabatier, il s’agit donc des études, qui en désignant les apports des grands courants d’analyse de l’action collective et des politiques publiques, s’intéressent aux conditions des processus participatifs7. Dans cette étude, on prend le cas de Dialogues en humanité” comme dispositif de la participation.
La naissance d’un mouvement
Au sein de la Métropole de Lyon, il existe un service sous la Direction de la propreté qui s’appelle les « Dialogues en humanité ». Cependant, ce n’est pas qu’un service administratif dans la Métropole, c’est plus particulièrement un mouvement qui organise des évènements chaque année.
Le mouvement des « Dialogues en humanité » est né en 2002, lors du Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg, organisé par les Nations unies. C’est le fruit de la rencontre entre Gérard Collomb, Ministre de l’État, Ministre de Intérieur, ancien sénateur-
7 Sabatier P., Leach W., Lubell M., Pelkey N., 2005, « Theoretical Frameworks Explaining Partnership Success », in Sabatier et al. (dir.) Swimming Upstream: Collaborative Approaches to Watershed Management, Cambridge, MIT Press, p. 173-200.
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maire de Lyon et Président du Grand Lyon, Patrick Viveret, conseiller-maître à la Cour des Comptes, philosophe et auteur de « Reconsidérer la richesse », « La cause humaine », « Vivre à la bonne heure » ainsi que Geneviève Ancel, chargée du développement durable puis de la coordination des « Dialogues en humanité » au Grand Lyon et à la Ville de Lyon.8
Cet évènement crée un espace participatif qui permet aux personnes chaque année, pendant trois jours, de se rencontrer et échanger dans la bienveillance et la convivialité. Des citoyens du monde entier avec des profils différents se retrouvent pour tisser des liens, échanger et agir ensemble.
Les Dialogues permettent de mettre en amont l’humain (incluant corps, coeur et esprit). C’est à travers les échanges d’expériences de vies, de coopération, d’ateliers du sensible, d’agoras, d’activités festives que le message porté par cet événement se propage tout en faisant face aux difficultés qui enclavent les organisateurs.
Les Dialogues promeuvent un concept de vivre ensemble malgré les tensions qui règnent dans le monde. Le but est de générer des initiatives prometteuses avec la participation de différents acteurs, qui vont eux-mêmes mettre en oeuvre idées innovantes, traitant notamment la condition humaine.
La mission de stage consiste à organiser l’évènement international de « Dialogues en humanité ». Il se déroule dans le parc de la tête d’or depuis 2006, qui a été inspirée par la tradition africaine de l’arbre à palabres.
Faisant partie d’une équipe internationale et multidisciplinaire, nous étions chargés du dossier de transport et hébergement, qui consiste en l’invitation et l’accueil de tous les participants nationaux et internationaux pour faciliter leur voyage. Cette démarche débute à partir de
8 Site de Dialogues en humanité http://dialoguesenhumanite.org/meetup/76/dou-viennent-et-a-quoi-servent-…
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l’acquisition du visa, l’achat d’un billet d’avion ou de train, elle inclut également la réservation de logement, solidaire ou à l’hôtel jusqu’au départ.
Nous avons participé à la programmation des ateliers du sensible autour du thème « Apprends-moi à danser sous l’orage ! Et nous vivrons des jours heureux… ». C’est une sorte d’expression artistique, corporelle et ludique… Inspiré d’une phrase du philosophe Sénèque « La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie ». Cela a donné naissance à trois parcours, qui sont la véritable ligne directrice des Dialogues :
A- Résister à la violence de l’orage en apprenant à danser sous la pluie, en protégeant les plus fragiles des bourrasques et en privilégiant leurs talents.9
B- Relier son expérience aux autres, pour la consolider et la développer.10
C- Construire une autre vision de notre planète et de notre citoyenneté mondiale.11
Notre étude porte sur l’inquiétude de l’éloignement des pouvoirs publics des citoyens, car il devrait y avoir une collaboration entre ces derniers. En réalité, on voit bien qu’il y a une rupture et la question posée est comment opérer des modifications au niveau de l’administration publique afin d’arriver à recréer ces liens.
Ainsi, en incitant davantage l’apport des citoyens, l’un des premiers objectifs de cette étude est de remettre en question l’idée de la participation telle qu’elle est conçue, comme un dispositif administratif, et de faire le lien entre la portée de la participation citoyenne et le contexte dans lequel les dispositifs participatifs sont mis en oeuvre.
Les « Dialogues en humanité » sont-ils efficaces comme dispositif de la Métropole de Lyon en tant que prometteurs de la participation citoyenne dans la gouvernance ?
9 La Programme Dialogues en humanité, 7,8 et 9 2017
10 Idem
11 Idem
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Comment les « Dialogues en humanité » peuvent-ils permettre de promouvoir la participation citoyenne dans la gouvernance ?
Afin de répondre à ces questions, il faut analyser des dispositifs participatifs des « Dialogues en humanité » et l’approche décisionnelle qui servent à consolider la démocratie. Nous allons revenir sur l’instance de la participation dans l’organisation, la coordination et les démarches de l’évènement de ces dialogues. Ensuite, nous considérerons les dimensions relationnelles entre les acteurs qui ont été engagés (stagiaires, fonctionnaire, bénévoles, partenariats) et le rôle majeur de chaque acteur. Enfin, nous allons mettre en lumière les réalités et les limites de la participation tout en considérant avec intérêt l’implication de ce dispositif au sein d’une collectivité territoriale (dans ce cas la Métropole de Lyon) et dans un même temps, montrer la démarche des « Dialogues en humanité » dans d’autres pays.
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1) L’influence de la participation citoyenne sur l’élaboration de l’évènement « Dialogues en humanité »
A) La Co-construction : Un dispositif mis en place pour promouvoir la participation
« Il s’avère nécessaire de travailler à une prise de conscience de cette puissance collective ».
Geneviève Ancel
Pour Michel Foudriat, la co-construction renvoie à une question concrète : comment des acteurs ayant des positions, des intérêts, des points de vue différents peuvent-ils élaborer et faire vivre une organisation, un projet commun ? La co-construction est avant tout une démarche et un processus, et non une procédure. Foudriat montre en quoi elle s’inscrit dans la continuité de la participation et notamment à travers la question de la place de « l’usager »12
Cependant, il ne faut pas confondre la co-construction des concepts connexes, comme la coopération, la concertation, ou la simple consultation. La perspective inclusive a largement contribué à l’émergence de ce concept dans le secteur social.
On relève deux contextes principaux d’utilisation : le premier renvoie à la coopération entre les autorités définies aux différentes échelles telles que la commune et la région ; le second montre la participation d’acteurs exceptionnels, c’est-à-dire qui sont exclu parce qu’ils n’ont pas des prérogatives et de l’expertise. Par exemple, les parents qui participent dans une réforme de l’éducation nationale ou les riverains dans un projet de l’aménagement urbaine, etc. En somme, ceux qui figurent de commun parmi les destinataires d’actions engagées par des autorités capables et qui sont réinvestis et doués de la capacité d’intervenir sur la définition de ces actions au même titre que ces autorités. 13
12 Michel Foudriat, La Co-Construction. Une Alternative Managériale, Rennes, Presses de L’EHESP, Collection « Politiques Et Interventions Sociales », 2016, Pg.198
13 Madeleine Akrich, « Co-Construction », In Casillo I. Avec Barbier R., Blondiaux L., Chateauraynaud F., Fourniau J-M., Lefebvre R., Neveu C. Et Salles D. (Dir.), Dictionnaire Critique Et Interdisciplinaire De La
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Dans le champ de l’administration et des politiques publiques, l’action est vue comme le produit d’une élite politico-administrative. Par conséquent, le citoyen ordinaire n’aurait qu’un rôle marginal. 14
Cependant, de nos jours, les citoyens savent de plus en plus, avec l’évolution du niveau général de connaissances, que leur apport est primordial au développement de la communauté, en mettant en avant notamment le concept de la nécessité de réagir. Ce courant donne une réponse aux questions concernant la volonté des citoyens d’être plus engagés au niveau des politiques publiques. Cela est-il important à la transformation de l’administration ainsi que son rapport avec le citoyen ?
Des recherches sur le principe d’une consultation antérieur avec les habitants pour toute action affirment qu’il y a une transformation dans les conditions de vie qui a des incidences sur l’environnement15. On se demande si c’est parce qu’ils s’appuient sur les dynamiques locales et les besoins reconnus des populations concernées.
Par conséquent, il sert à mettre en valeur l’implication de plusieurs acteurs dans l’élaboration et la mise en oeuvre d’un projet ou d’une action.
Participer, c’est étymologiquement « prendre part »16. La participation fait partie des nouveaux systèmes de gouvernance. Elle s’inscrit dans un courant global de décentralisation des systèmes, reposant sur l’indépendance des organisations et la participation effective des acteurs locaux. La participation prend la forme de dispositifs participatifs très divers. Cette caractéristique est l’initiation par les autorités publiques dont l’objectif est d’inviter les citoyens à donner leur avis sur un thème précis.
Participation, Paris, Gis Démocratie Et Participation, 2013, Issn : 2268-5863. Url : Http://Www.Dicopart.Fr/Es/Dico/Co-Construction.
14 Bherer, Laurence. « Les relations ambiguës entre participation et politiques publiques », Participations, vol. 1, no. 1, 2011, pp. 105-133.
15 Scop Le Pavé, « La Participation », Le Cahier du Pavé No 2 Pg 6- 25
16 http://www.notrefamille.com/dictionnaire/definition/participer/
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La question de la gouvernance permet de comprendre les différentes formes d’organisation entre acteurs. La gouvernance appelle donc à s’intéresser aux interactions entre les divers acteurs de la ville à l’échelle de la ville, au pouvoir de décision qui leur est laissé de façon plus ou moins formelle, aux objectifs des puissants, et à leurs conséquences sur les plus démunis17.
La gouvernance crée un espace de discussion légitime aux nouveaux acteurs et inspire des règles communes de dialogue. On peut ainsi faire l’hypothèse qu’elle élargit le cercle des acteurs et transforme le cadre de leur action. L’implication croissante des citoyens dans la fabrication de l’évènement comme les « Dialogues eu humanité », répond à une exigence fonctionnelle.
Donc, la participation citoyenne à la prise de décisions est importante à l’échelle locale, soit en proposant des solutions ou en contribuant effectivement à l’action sociale, cela peut devenir un moyen efficace pour favoriser l’innovation et la création d’idées18.
La mise en place des conditions soutenant la participation des citoyens à la vie collectif peut amener à une prise de décision éclairée, à un développement économique important et à une meilleure qualité de vie pour tous les citoyens19 .
Une des principales propositions des théories critiques pour démocratiser l’administration est, en effet, de développer la participation publique, celle-ci est vue comme une manière de changer la relation entre les citoyens et l’administration publique ainsi que le rapport au savoir20. L’objectif est de rendre l’administration plus sensible, responsable et
17 La Participation Des Habitants Dans La Politique De La Ville : Place Et Rôle Des Conseils Citoyens
Mémoire De Fin D’études Rédigé Par Laurine Maruszak
18 La Participation Citoyenne : Elément Clé Des Villes De L’avenir
1 Septembre 2015 @02h30 Par : José Quádrio Alve
19 José Quádrio Alve, La Participation Citoyenne : Elément Clé Des Villes De L’avenir, 2015 https://www.cgi.com/fr/blogue/gouvernements/participation-citoyenne-elem…
20 Bherer, Laurence. « Les Relations Ambiguës Entre Participation Et Politiques Publiques », Participations, Vol. 1, No. 1, 2011, Pp. 105-133.
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efficace. Le rôle de l’agent public passerait de celui de « contrôleur » à celui d’« aidant »21 de « facilitateur »22 ou de « fonctionnaire citoyen »23
Nous pouvons prendre ici l’exemple du réseau des Dialogues qui se veut être un espace abstrait de création et d’expérimentation dans lequel chacun peut s’exprimer. L’idée est de laisser la possibilité à tous d’apporter sa pierre à l’édifice et d’entreprendre à l’action commune à travers ses propres initiatives. Notons que même si l’idée est presente, la mise en oeuvre reste difficile. En effet, pour que cet espace soit ingénieux, il convient de donner à l’individu certains repères assimilables à des cadres. Ces derniers, qui se doivent d’être souples et adaptables, permettent de délimiter collectivement le champ d’action des membres24. Les Dialogues permettent une convergence de discours visant aux processus de consultation des habitants, des jeunes, des populations de quartiers.
Récemment, les pratiques de participation publique ont progressivement transformé la place réservée à l’apport du citoyen. Les Dialogues permettent de rééquilibrer le pouvoir des citoyens et répondent mieux à leurs propres besoins. En effet, les décisions sont prises par la communauté. Les agoras par exemple proposent un espace créatif, diverse, intergénérationnel, sans jugement, et sans hiérarchisation sociale autour d’un sujet qui touche la communauté. Ces agoras visent à mettre en synergie les citoyens en mobilisant l’ensemble des acteurs économiques, sociaux, institutionnels, universitaires, etc. et en organisant la concertation pour offrir un certain nombre de résultats positifs sur l’action publique ( lutte contre la corruption, accueil des migrants, lutte contre la racisme, développement durable, économie sociale et solidaire, orientation vers la justice sociale des politiques publiques). Donc, elle consiste à élaborer consciencieusement les réponses à la question posée au public. Cette année, les sujets
21 Box, R. C. Citizen governance: Leading American communities into the 21st century. Thousand Oaks, Calif: Sage Publications. 1998
22 Fischer F., « Citizen Participation and the Democratization of Policy Expertise: From Theoretical Inquiry to Practical Cases », Policy Sciences, 26 (3), 1993, p. 165-187.
23 Cooper T. L., Democracy, Bureaucracy and the Study of Administration, Boulder, Westview Press, 2001.
24 Perrin Laura, « Gestion et développement de réseaux citoyens » Mémoire de Stage Dialogues en humanité 2016
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de réflexion à débattre sont : l’intériorité citoyenne et le rapport au politique, La ville écologique, l’activation des friches urbaines, Les droits de l’homme25
Les acteurs cherchent ensemble à résoudre les problèmes de la société. Ils se réjouissent ensemble de leur réussite. Chacun peut aider son voisin. Tous ces échanges créent des liens qui rendent la communauté plus forte et plus solidaire26. C’est les citoyens eux-mêmes qui décident des ateliers à réaliser et de comment s’y prendre. Ils agissent pour atteindre un objectif commun. C’est donc la collectivité qui en bénéficie des résultats obtenus. La Métropole n’est pas la responsable de l’inefficacité des services. Chacun peut agir pour que les choses fonctionnent bien et que sa vie soit meilleure.
Le nouveau type de management participatif espéré par la participation citoyenne est désigné sous diverses appellations en anglais : citizen-centered ; collaborative public management27 , partnership collaboration28 ou encore inclusive management29. Les participants ont un impact direct dans ce concept, mais ils ne sont pas principalement préoccupés par l’efficacité de la décision publique au détriment de discussions sur l’action démocratique.
De plus, ces projets participatifs sont moins coûteux, car les contributions individuelles limitent les dépenses. Il est donc possible de réaliser un grand nombre de projets. Les participants qui proposent des ateliers du sensible utilisent leurs propres moyens, dans l’esprit de solidarité et de l’économie sociale. Tout est gratuit et ouvert à tout le monde.
25 La Programme “Dialogues En Humanité” 7,8 Et 9 Juillet 2017. Lyon Parc De La Tete D’or Pg 4-6
26 Les Avantages De La Participation Communautaire : http://www.agiivoiriens.com/solidarite_politique/avantages_participation…
27 Cooper T. L., Bryer T. A., Meek J., « Citizen-Centered Collaborative Public Management », Public Administration Review, 66 (1), 2006, p. 76-88.
28 Vigoda E., « From Responsiveness to Collaboration: Governance, Citizens, and The Next Generation of Public Administration », Public Administration Review, 62 (5), 2002, p. 527-540.
29 Feldman M. S., Khademian A. M., « The Role of the Public Manager in Inclusion: Creating Communities of Participation », Governance, 20 (2), 2007, p. 305-324.
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i) Économie Sociale et Solidaire
Les « Dialogues en humanité » est au coeur d’un partenariat avec les citoyennes et citoyens, les acteurs de la transition, les nombreuses associations de la société civile actives à Lyon ainsi que diverses personnalités de la communauté intellectuelle et scientifique française et internationale.
Des partenariats intégrant : UNESCO, Colibris, ATD Quart Monde, Festival d’art et d’air, SINGA, la Péniche, Ville intelligent Métropole de Lyon, Barbier de Séville, Dounia Besson Maire de Lyon en charge de l’ESS et du développement durable, Coordination urgence migrant CUM, La Gonette, Alpadef,.
Les spécificités liées à la nature des structures de l’ESS nous obligent à prendre en compte les démarches de la construction des Dialogues, les différentes dimensions de l’organisation, la mise en avant des valeurs, la légitimité, l’appropriation de l’indicateur par les concernés, la co-production, la temporalité. L’enjeu principal qui se dégage ici est de proposer un outil respectant l’essence de l’ESS.
Par exemple, l’hébergement solidaire qui a été inspiré par les Dialogues en Salavador, la cohabitation intergénérationnelle et interculturelle, dont une personne accueille gratuitement à son domicile un participant et lui assure une prise en charge. Ces dispositifs, outre qu’ils permettent de répondre aux difficultés de logement des participants qui n’habitent pas à Lyon, a pour objectif d’oeuvrer « pour le renforcement des liens sociaux et économiques en incitant les individus de cultures différentes à mieux se connaître et à s’enrichir mutuellement». S’appuyant sur la valeur de solidarité qui est une composante première de la cohésion sociale.
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ii) Développement Durable
Les « Dialogues en humanité » sont très engagés dans un travail qui a pour enjeu l’activité humaine et son impact sur le développement durable. C’est pour cela que tout est consciencieusement dirigé vers cette optique de durabilité et attesté par le choix des partenaires, eux-mêmes : tous engagés.
Toutefois, l’enjeu ne s’arrête pas seulement à une bonne organisation de l’évènement ; il a une finalité plus large et complète qui englobe tous les citoyens.
L’enjeu est d’accompagner les invités nationaux et internationaux afin de leur permettre d’avoir les clés en main pour diffuser, à travers le monde, une vision nouvelle et unifier tous les citoyens du monde. Chaque année, les Dialogues permettent de développer, d’agrandir un réseau citoyen international et d’amener le citoyen vers une société civile mondiale et globale. Les gens sont eux-mêmes acteurs de la création des Dialogues dans leur pays et doivent faire face à la question sociale et la réalité du terrain pour une pérennité locale. En effet, les Dialogues s’érigent comme un réseau « interculturel, intergénérationnel, ouvert, bienveillant, et sans jugement »30
Cette mixité, soulève plusieurs discussions que nous traiterons ici : l’identification floue et subjective des acteurs comme « jeunes, politiques, scientifiques, universitaires, institutionnels ». Leur intégration s’imposant comme indispensable pour le réseau au-delà même de l’argument du respect des valeurs, les modalités de leur inclusion et les liens entre les différents secteurs.
La relation engendrée entre les différentes cellules est une relation horizontale.31 Par exemple, les témoignages de vies et le temps de coopération-action qui font partie du programme des Dialogues privilégient l’écoute entre les différentes générations pour mieux se connaître et à s’enrichir mutuellement».
30 Le site internet des “Dialogues en humanité” – http://www.dialoguesenhumanite.org
31 Blondiaux Loïc et Fourniau Jean-Michel, Démocratie et Participation : Un Etat des Savoirs Sommaire du N°1 Démocratie et Participation : Un Etat des Savoirs Dossier, 2011, Pg 8- 35.
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B) Processus de transfert d’information
L’information est un aspect clé des relations humaines, et c’est là son pouvoir et son influence. L’information peut être définie comme l’action d’informer, de s’informer, de donner la connaissance d’un fait ou de la rechercher. Exemple : la presse d’information. Cela peut être une nouvelle, un renseignement, une documentation sur quelque chose ou sur quelqu’un, portée à la connaissance de quelqu’un : un bulletin d’informations.32
Le transfert d’informations et les processus et outils utilisés pour envoyer des informations dans une organisation doivent fonctionner comme une machine bien huilée. Ce qui ne donne pas lieu à une distorsion ou à une perturbation.
Afin d’analyser pleinement les processus de transfert d’informations, nous devons examiner du point de vue de la communication interne et externe.
i) La Communication Interne
L’évolution du management des organisations a conduit à considérer la communication interne comme une fonction à part entière. La communication interne, c’est l’ensemble des principes et pratiques qui permettent les échanges de messages, d’idées et de valeurs entre les membres d’une même organisation.33
Il faut prendre en compte l’importance de la communication interne qui n’est pas un état naturel et spontané mais une technique de management qui facilite les performances de l’organisation. Par conséquent, la communication interne doit être conduite et intégrée dans le management de l’organisation. Pour les « Dialogues en humanité » elle se fixe pour mission principale le fonctionnement de la communication à l’intérieur de l’organisation : réseaux de
32Dictionnaire la Toupie http://www.toupie.org/dictionnaire/information.htm
33 Christian Michon, « Management et Communication Interne : Les Six Dimensions qu’il faut Considérer », Communication et Organisation , 5 | 1994, 2012, consulté le 31 août 2017. http://communicationorganisation.revues.org/1713 ; doi:10.4000/communicationorganisation.1713
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correspondants, événements et manifestations internes, accueil et intégration des nouveaux stagiaires, développement d’une culture d’organisation.
La gestion des outils existants comme le site des « Dialogues en humanité » 34 était faite par le Web Maistre, la coordinatrice de Dialogues en humanité » et les stagiaires. Il y avait une réunion d’équipe de stagiaires en début de la semaine pour discuter de tout ce dont nous étions fière, ainsi que des taches urgentes à faire. Nous parlions chacun notre tour et nous faisions part également de la manière dont nous avions vécu la journée ainsi que des observations que nous avions faites.
Avant les Dialogues, il y a des comités d’orientation (qui se trouvent à Lyon et Paris), qui permettent des discussions et partage d’idées, ainsi que des débats concernant les valeurs avec lesquelles travailler. En ce sens, ces comités rejoignent l’idée de co-construction de l’organisation qui valorise les dispositifs participatifs en permettant l’expression des interprétations concurrentes autour d’un même enjeu. La participation varie en fonction de l’information diffusée et de la nature de la contribution demandée aux citoyens35. Par exemple l’organisation d’évènement spécialisé sur l’évènement durable entrainera la participation d’acteur diffèrent que si thème d’évènement tourné autour de la maternité. En effet, le choix du thème oriente la portée du dispositif participatif car il indique les registres de savoirs et de légitimité que pourront faire valoir les citoyens. Le thème ‘Apprends moi à danser sous l’orage et nous vivrons des jours heureuse ….’ 36 de cette année a été choisi au sein de ces comités.
L’absence de cadre dont fait preuve l’organisation du festival peut être déstabilisante pour les membres. Prenons pour exemple les comités d’orientation qui ont lieu quelques temps avant le festival afin de préparer au mieux sa programmation. Ces comités d’orientation ayant comme objectif d’approfondir le contenu du dispositif ainsi que pour aboutir à des décisions
34 www.dialoguesenhumanit.org
35Bherer, Laurence. « Les relations ambiguës entre participation et politiques publiques », Participations, vol. 1, no. 1, 2011, pp. 105-133.
36 Le programme de Dialogues En Humanité 7, 8 et 9 juillet 2017
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sur la forme et le fond du projet, n’ont pas d’ordre du jour spécifique et chacun vient s’exprimer dans un cadre très ouvert.37
Il y a aussi les « piques niques », prévus pour faire se rencontrer les bénévoles et pour avancer sur la mise en place du festival. Plus concrètement, il s’agit dans ce cadre de tester les ateliers du sensible proposés par les participants. Chaque participant qui proposent des ateliers du sensible sont officiellement sous leur propre responsabilité. Ils anticipent les tâches administratives et logistiques et profitent de cette rencontre pour faire part à l’équipe stagiaire de leurs besoins. Ces temps censés être structurants sont très fluctuants et ne sont pas obligatoires. Nous avons en effet mis en place des activités, inventées au jour le jour pour certains intervenants qui en avaient fait la demande.
Après les Dialogues , deux jours étaient consacrés à un séminaire international qui a permis d’accorder un temps spécifique à la question de l’organisation des Dialogues . A ce moment, le besoin de plus de cadre était concret et a été perçu par les membres comme un début d’une légère formalisation.
Par ailleurs, les « Dialogues », organisaient chaque année une rencontre post festival au Pradier, avec les membres clé du réseau. Ce temps proposait de porter un regard collectif sur les « Dialogues » mais il était également l’occasion de se rencontrer entre amis et de faire la fête. Les documents des « Dialogues en humanité », sont tous archivés 38 par la métropole de Lyon. Le principe de transparence est respecté dans le cas où il y aurait quelconque demande d’accès (journaliste ou citoyen par exemple). Ainsi on retrouve aussi bien les comptabilités concernant le festival reste par exemple accessible.
37 Perrin Laura, « Gestion et développement de réseaux citoyens » Mémoire de Stage Dialogues en humanité 2016
38 Disc au dur qui s’appelle ‘L’ au sein de la Métropole dans laquelle se trouve des archives et documents concernant les Dialogues depuis le début.
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Enfin, en tant que stagiaires au sein de la Métropole de Lyon, nous avons eu accès au « Comètes » 39 qui constituent un moyen de communication par réseau privé interne accessible uniquement aux personnes de la Métropole, et ce dans le but de partager des informations pertinentes pour l’organisation.
ii) La Communication Externe
La communication externe regroupe au sein du service de communication l’ensemble des formes et processus de communication d’une organisation vers le monde extérieur et les groupes cibles.40 Concernant la communication transmise aux spectateurs, les Dialogues ont utilisé de multiples outils de sensibilisation pour mobiliser les gens et les inciter à parler de l’évènement. Ces outils sont les suivants: entretien radio, communiqué de presse partagé avec divers médias y compris celle du Métropole de Lyon, dossier de presse, une grande affiche a été collée autour de Lyon sur les panneaux de JC Decaux et les panneaux lumière du Grand Lyon et la Newsletter mensuel.
La coordinatrice Geneviève Ancel a eu également un entretien avec France 3 et de nombreux dépliants et affiches ont été distribués. Sans parler de la distribution occasionnelle et de la sensibilisation réalisée lors d’autres grands événements d’été à Lyon comme le « Festival d’art et d’air à Duchère », la « Fête consulaire », le « Festival de 6ieme continent », etc.
Ce qui était particulier dans le transfert de l’information dans les Dialogues, c’est qu’il y avait un mélange entre les deux formes de communication au cours de chaque processus.
La communication autour de l’évènement était faite par la Métropole en direction d’acteur externe et interne. Par conséquent, la Métropole a été vue comme organisatrice et cible de la communication externe. En effet, à cause de l’immense collectivité, même au sein de la
39 Comète : l’intranet de la Métropole de Lyon
40 http://www.strategies.fr/communication-externe.html
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Métropole beaucoup des gens ne connaissaient pas les « Dialogues en humanité », nous avons donc assisté à beaucoup d’évènements de la Métropole pour rencontrer et sensibiliser les gens.
Nous organisions également des piques niques au Parc de la Tête d’Or toujours dans le but communication sur l’évènement et de diffusion de l’information. Il s’agissait de réunions informelles ouvertes pour les bénévoles (nouveaux et anciens), les partenaires, les stagiaires et les participants proposaient des ateliers pour rencontrer et créer des liens. Les passants et les promeneurs ont également été invités à se joindre au groupe. Plusieurs fois, l’information a également été transmise de façon informelle par la rencontre de personnes dans la rue. Il est importante de noter que l’information transmise n’était pas toujours homogène, elle provenait en effet de perspectives et d’orientations différentes.
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C) Le processus décisionnel dans le Dialogues en humanité
Face au nombre croissant d’acteurs, la question de la gouvernance prend tout son sens. Le fait d’ouvrir des processus décisionnels à des acteurs très varié peut être interprété comme la signification d’un management public plus participatif, cependant, nous allons voir que cela dépend de l’identité des « participants ».
Ainsi, il est impossible d’avoir des rapports de complémentarité entre les divers dispositifs participatifs car ils n’offriraient pas tous le même projet de participation41. Au contraire, cette grande disparité d’approches entre les dispositifs aiderait des études faites sur la participation citoyenne.
L’usage de la délibération et de la participation font partie de la recherche de légitimité de la Collectivité territoriale. La participation entraine une plus grande acceptabilité sociale des politiques publiques, une plus grande efficacité des programmes, car ils sont basés sur l’information donnée par les citoyens, ou la possibilité que des idées innovantes émergent du débat public.
Dans le cas intéressant des Dialogues en humanité, la coordinatrice Geneviève Ancel, Administratrice territoriales dans la Métropole de Lyon recrute au moins cinq stagiaires pour aider à organiser l’évènement chaque année, avec les soutient fort et incroyable des divers bénévoles, investis et très engagés. Ici, la citoyenneté peut être comprise de façon très différente. Celui qui l’exerce, le citoyen peut être un usager des services publics, un expert du quotidien ou des étudiants engagé. Ceci forme le comité d’orientation qui se rassemblé au cours de plusieurs réunions avec les stagiaires, la coordinatrice des Dialogues et les partenaires, et ce pour approfondir le contenu du dispositif ainsi que pour aboutir à des décisions sur la forme et le fond du projet. Au terme de cette réunion, tous les points à l’ordre du jour ont abouti à une décision. Pour décider du fond et de la forme du projet, les discussions ouvertes ont eu lieu.
41 Hendricks C. M., Carson L., « Can the Market Help the Forum? Negotiating the Commercialization of Deliberative Democracy », Policy Sciences, 41 (4), 2008, p. 293-313.
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Alors que la participation citoyenne invite la participation de citoyens divers à l’action publique, la « gouvernance » permet de mettre tous les participants sur un même pied d’égalité : les entreprises privées, les associations, des comités de sages , des experts connus, des comités d’usagers, de simples citoyens ou des groupes militants sont ainsi inviter à participer des manières égalitaire à travers des dispositifs participatifs qui les mobilisent.
Cependant, la multiplication des dispositifs participatifs entraine une diversité d’objectif et donc une difficulté de travailler dans un objectif commun. Cette idée est défendue dans l’une de ces oeuvres Rowe42. Alors qu’il n’existe dans les faits que des intérêts particuliers toujours inconciliables et des volontés particulières toujours antagonistes43.
Par ailleurs, la présomption d’un système de gouvernance totalement horizontal, dans lequel tout le monde est à égalité, peut être contestable puisqu’il nous parait indéniable que certain ont des positions centrales.
Il s’agit de la même chose dans le cas des « Dialogues en humanité » : certaines figures sont en effet présentes depuis la naissance du réseau et sont au centre de la circulation d’information simplement car elles représentent un noeud solide d’où part une multitude de liens44
Nous pouvons facilement identifier les personnes qui prennent les décisions. En effet, ce sont elles qui joue un rôle essentiel dans la détermination des critères officieux permettant de juger qui est le bienvenu dans le réseau45. Elles sont également les plus actifs dans la
42 Rowe G., Frewer L., « A Typology of Public Engagement Mechanisms », Science, Technology, & Human Values, 30 (2), 2005, p. 251-290.
43 Charles Girard. « La Démocratie Par La Délibération ? » l’idées économiques et sociales n° 173, 2013
44 Perrin Laura, « Gestion et développement de réseaux citoyens » Mémoire de Stage Dialogues en humanité 2016
45 David Dumoulin Kervran. Transformations des solidarites transnationales : des reseaux militants
aux champs globalises. Le cas de la defense des peuples autochtones. Guillaume Devin
(dir.). Les solidarites transnationales, L’Harmattan, pp. 103-112, 2004. <halshs-00163743>
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diffusion des valeurs et du message du collectif. Elles garantissent et incarnent la vision du réseau et catalysent et mettent en oeuvre les ressources internes du groupes ?46
Nous pouvons distinguer au sein d’un réseau une large zone de décideurs et différentes casquettes de décideurs : soit opérationnels, soit politiques ou économiques. Bien qu’il existe une grande ligne de décision horizontales et « bottom up » sur la nature théorique et descriptive du projet / évènement. La Métropole détient les décisions économiques et opérationnelles. Tous les documents y compris les lettres d’invitation étaient signés par l’administratrice territoriale ou le Directeur général de la Métropole. Le groupe opérationnel se constituait de stagiaires qui étaient recrutés par la Métropole sous la charge de l’administration territoriale.
Pour les Stagiaires, il y avait une division et une distribution des taches, nous avion la liberté de nous organiser comme nous le voulions, en s’appuyant sur sa mission et ses objectifs en adéquation avec les valeurs du groupe. Nous pouvons ici faire le parallèle avec la notion de cercles concentriques : ils partagent le même centre sans pour autant disposer du même diamètre. Dans notre cas, les groupes partagent les mêmes valeurs au coeur de leurs missions mais n’usent pas des mêmes méthodes et outils. Nous distinguons plusieurs groupes de travail au sein des Dialogues autour des thèmes suivants : communication, programmation, côté artistique, logistique, gestion des bénévoles, transport et hébergement, facture et devis.47
Dans notre cas, nous constatons que pour chaque groupe de travail, des personnes sont mis en avant comme référentes. La relation engendrée souhaitée entre les différentes cellules est une relation horizontale réseau. En mettant en lumière l’intention «bottom up», les stagiaires se retrouvent avec un immense travail à réaliser et une confiance de la part de la coordinatrice depuis le début ainsi que la liberté de décider de ce que nous voulions faire, de mener à bien la tâche et de nous assurer de réaliser les résultats attendus les stagiaires pouvait ce référé a un Checklist en cas de besoin.
46 Mainsoneuve Jean, La Dynamique Des Groupes, 2014, Paris, Puf, Que Sais-Je ?, P67
47 Annexe 2 Mind Map Des Taches Dialogues En Humanité
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Étant donné que les « Dialogues en humanité » se composent de tant de pièces mobiles, les stagiaires changent chaque année et les bénévoles varient et changent de temps en temps en fonction de leur disponibilité et de leur intérêt. Cela nous amène à parler du pilier autour duquel tournent les Dialogues : la coordonnatrice de Dialogues Geneviève Ancel qui reste la seule permanence dans cet évènement Lyonnais. Elle constitue le moteur de toute la prise de décision.
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2) La dimension relationnelle entres les acteurs
La démocratie s’appuie essentiellement sur la notion de confiance qui doit s’installer et être ressentie fortement entre les citoyens et les personnes qui ont été choisies pour administrer la chose publique. Cette notion de confiance constitue un des ingrédients de base du bon fonctionnement de notre système politique à tous les niveaux et encore avec plus d’évidence au niveau de la démocratie48. La participation peut constituer une ouverture dans l’étude des relations entre les citoyens et les différents groupes d’acteurs publics. Il s’agit d’étudier comment les agents publics s’adaptent à l’irruption des citoyens ordinaires dans la conduite courante des politiques dont ils ont la charge. En effet, il ne suffit pas de réaliser un changement de politique ou d’être plus engagé dans l’administration publique mais il faut aussi harmoniser tous les acteurs afin qu’ils puissent travailler ensemble sans jugement et sans hiérarchie.
Cela conduit à s’interroger sur les effets de l’ouverture de ces espaces participatifs et les conditions dans lesquelles les initiatives des autorités publiques permettent de rééquilibrer le pouvoir des citoyens. En ce qui concerne les tenants d’une conception démocratique de la participation, c’est le fait que tous les acteurs concernés par un enjeu aient « un siège autour de la table »49 qui favoriserait l’imputabilité.
Pour analyser les acteurs dans les « Dialogues en humanité », nous allons utiliser les cinq critères de Fung à déterminer les acteurs. Le premier facteur à traiter est la sélection des acteurs. En effet, la sélection est déterminée par le degré de représentativité souhaité. Notamment, parce que l’un d’objectifs des « Dialogues en humanité » est de renforcer la convergence des mouvements et réseaux citoyens afin de créer ensemble sur la Région lyonnaise une vaste dynamique citoyenne collective et participative. Le deuxième facteur concerne l’enjeu même de la participation pour les participants : les intérêts particuliers des
48 Florent Gagné , « Éthique Et Démocratie Municipale : Pourquoi Parler D’éthique », Éthique Publique [En Ligne], Vol. 11, N° 2 | 2009, Mis En Ligne Le 10 Mai 2011, Consulté Le 26 Juillet 2017. Url : Http://Ethiquepublique.Revues.Org/125 ; Doi : 10.4000/Ethiquepublique.125
49 DeLeon L., « Public Management, Democracy and Politics », in Ferlie E., Lynn L. E., Pollitt C. (dir.), The Oxford Handbook of Public Management, Oxford, Oxford University Press, 2005, p. 103-130.
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participants sont-ils en jeu ? Grace à l’image des « Dialogues en humanité » qui sont très engagés sur l’enjeu des activités humaines et leurs impacts sur le développement durable et l’économie solidaire, et sont très connu pour sa l’implication internationale. Le troisième détermine la façon dont les participants fonts des liens et interagissent entre eux50. Le quatrième élément concerne le choix du thème, oriente la portée du dispositif participatif. Le cinquième élément aborde la fréquence de la participation parce que la fréquence est souvent associée à l’encadrement du dispositif participatif. Enfin, le sixième élément concerne le degré d’influence accordé aux participants car il indique le degré d’ « empowerment » que le dispositif permet d’atteindre.51
Si nous comprenons la sélection, cela revient à rendre légitime l’individu, l’association ou le partenaire aux yeux du collectif et à ses propres yeux. Cependant, il faut constater que si « le seul fait d’être désigné comme faisant partie d’un groupe suffit à créer un sentiment d’appartenance »52, nous pouvons en toute confiance émettre l’hypothèse que formaliser un rôle dans une organisation peut largement accroître ce sentiment.
Les fonctionnaires qui ont la responsabilité technique de la conduite d’une politique publique reprochent régulièrement à la participation d’instaurer un conflit potentiel de légitimités entre « experts » et « profanes » de l’action publique, aggravé par le manque de compétences des citoyens, entrainant par la même une perte de temps considérable.53
Donc, la notion d’apprentissage est intéressante pour l’étude de la participation publique car c’est bien une activité de connaissance qui permet à l’administration publique,
50 Voir Annexe 1 : Les différentes modalités organisationnelles des forums participatifs
51 Fung A., « Survey Article : Recipes For Public Spheres : Eight Institutional Design Choices And Their
Consequences » ; Fung A., « Varieties Of Participation In Complex Governance », Public Administration
Review, 66 (Supplément 1), 2006, P. 66-75.
52 Leclerc Chantal, « Comprendre Et Construire Les Groupes », 1999, Presses Université Laval, 322p
53 Guillaume GOURGUES, « Critique de la participation », in CASILLO I. avec Barbier R., Blondiaux L., Chateauraynaud F., Fourniau J-M., Lefebvre R., Neveu C. Et Salles D. (dir.), Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la participation, Paris, GIS Démocratie et Participation, 2013, ISSN : 2268-5863. http://www.dicopart.fr/fr/dico/critique-de-la-participation
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aux élus, aux citoyens, aux promoteurs et aux autres acteurs de la participation publique de s’approprier progressivement les nouveaux principes d’action propres à la participation publique54 . C’était dans cette optique que la coordinatrice embauche des étudiants en Master 1 ou 2 pour leur faire apprendre les démarches administratives et institutionnelles nécessaire à ce type d’évènement.
Les stagiaires sont l’équipe opérationnelle des « Dialogues en humanité » de Lyon. Ils étaient chargés de sélectionner les ateliers intervenant sur les trois jours de festival. Novices car stagiaires, les personnes chargées de cette mission se sont tournées vers le réseau afin d’avoir une grille de critères de sélection des ateliers. Cette dernière, co-élaborée et flexible aurait permis de donner quelques repères à l’équipe afin de mieux cerner l’essence du réseau. Cette grille n’existant pas car elle était jugée trop restrictive.
L’idée est donc ici de souligner l’importance de la reconnaissance des différents acteurs ancrés dans l’environnement du réseau. Nous proposons de les identifier ainsi : l’état via les collectivités territoriales, et dans notre cas plus précisément les fonctionnaires au sein de la Métropole de Lyon, les partenariats et les bénévoles. C’est-à-dire qu’il convient de prendre en considération l’environnement politique, économique et sociétal du réseau.
54 Simard L., Fourniau J.-M., 2007, « Ce que débattre nous apprend. Éléments pour une évaluation des apprentissages liés au débat public », in Revel M. et al. (dir.), Le débat public : une expérience française de démocratie participative, Paris, La Découverte, p. 311-338.
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A) Relation Stagiaire et fonctionnaire territoriaux
« Dans le 4 mois, l’équipe n’a pas vraiment eu de rapport avec tous les de la Direction de la propreté » 55
Stagiaire Dialogues en humanité 2017
Il y avait six stagiaires recrutés pour organiser « Dialogue en humanité » cette année. Nous étions situés dans le bureau de la PC neige (en cas de crise) au sixième étage dans une annexe de la Métropole de Lyon qui s’appelle le CLIP sous la Direction de la Propreté. Dans ce bâtiment, il y avait la DRH (Ressource humaine), Direction de la Voirie et La Direction de la Propreté. L’équipe a été très investie dans les Dialogues étant stagiaire rémunéré et ayant comme objectif de stage la réalisation de l’évènement des « Dialogues en humanité ».
Nous avons vu qu’à l’origine, le projet avait été imaginé par une seule fonctionnaire territoriale Madame Geneviève Ancel la coordinatrice des Dialogues en humanité, avec un niveau haut dans la hiérarchie de la Métropole. En fait, le service de « Dialogues en humanité » est organisé par une seule personne avec le droit de recruter des stagiaires pour le soutien. Il semble que ce contexte peut vraisemblablement expliquer le détachement de certains acteurs. Les autres fonctionnaires ont eu leur propre mission dans les autres services de la Métropole. Pourtant, il y avait des fonctionnaires très engagé des Dialogues comme l’API’Gones , association de théatre lyonnaise dont une des membres vient des services administratifs de la Métropole de Lyon, ont créé un chant de Dialogues en humanité.
L’idée de départ était liée à la thématique « de faire ensemble » mais on a remarqué que les fonctionnaires ne se sentaient pas concernés. Les Dialogues sont relativement mis à l’écart et indépendant dans l’organisation. Malgré cela les Dialogues font appel à certains services de la Métropole par exemple le Service de la Marché public, Direction de la
55 Voir questionnaire en Annexe 5
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Ressource humaine (Gestion de transport) par exemple, les chauffeurs de la Métropole sont devenue les ambassadeurs des Dialogues.
B) Relation Stagiaire – Bénévoles
Dans la démarche de « Dialogues en humanité », les bénévoles prennent un rôle très important, parce qu’à part les stagiaires, les Dialogues sont soutenus par des bénévoles et la bonne volonté des citoyens dans le monde. Il y avait plus de 80 bénévoles, il est devenu prioritaire d’avoir une stagiaires qui s’occupait de la gestion des bénévoles. La gestion des bénévoles d’un évènement qui s’appuie sur l’économie sociale et solidaire mets en lumière le management participatif. Les bénévoles contribuent dans l’organisation des Dialogues entant qu’un fort soutien pour les stagiaires. Par exemple Simone Kunegel qui a été un soutien pour la gestion d’hébergement solidaire pour les participants ou Sofia Scarabino dans la programmation. Il y avait aussi des traducteurs et des hôtes pour accueillir les participants internationaux et nationaux qui n’habitaient pas à Lyon pour effectuer la distribution des flyers et programmes avant et pendant les Dialogues , s’occuper de la distribution de l’eau pendant les Dialogues ou accueillir les participants etc .
En effet, l’organisation des Dialogues dépend fortement de la bonne volonté des membres qui sont principalement des bénévoles. Ils prennent en effet un moment sur leur temps personnel pour s’impliquer au sein des Dialogues. Les comités d’orientation et les pique niques sont les outils utilisés pour orienter les bénévoles.
Cette solidarité est basée sur la différenciation entre les membres entraînant leur interdépendance. A l’image de la division du travail, chacun est spécialisé et est une pièce à part entière du collectif. Derrière cette solidarité se cache alors la constitution d’un « nous » dont chacun est essentiel via sa fonction : l’ambassadeur des Dialogues est essentiel car
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il fait la promotion du réseau pendant que le co-organisateur a une démarche plus opérationnelle. Les deux rôles sont complémentaires et non substituables.56
C) Relation Stagiaire du Stagiaire au Stagiaire
Le stagiaire a été recruté en diffèrent étapes selon les profils souhaités par la coordinatrice. C’était une équipe multiculturelle, interdisciplinaire et avec des compétences différentes mais qui s’harmonisent et se compléter bien pour assurer le succès de l’évènement.
Il y avait des stagiaires pour une période de deux, quatre et cinq mois. Etant donné que l’évènement des Dialogues en humanité se déroule en début juillet, Nous n’avons pas tous commencé au même moment . Nous avons trouvé que, c’était plus difficile pour les stagiaires (ceux avec des contrats des deux mois) les plus rescrits à s’adapter et trouver leur place dans une démarches qui a déjà bien avancé. C’est-à-dire, de comprendre l’évènement et ses enjeux, connaître le processus de travaille, trouver une tache à faire, connaitre les partenaires et les participants. C’était évident que les rôles sont déjà repartis et les stagiaires récents apparaissent comme un soutien aux autres stagiaires plus anciens. Subséquemment, il était difficile de s’intégrer dans une équipe qui avait déjà créé des liens et des relations amicales.
Durant le stage chacun de nous se découvre des comportements, des affiliations, des préférences et des limites. L’un des plus gros challenge du stage au début, c’était la division des taches et en quoi consistent ces taches. Certaines étaient plus attrayantes que d’autres et des fois les autres stagiaires devaient se contenter d’effectuer certaines taches moins passionnantes. Par exemple on était trois stagiaires qui voulaient travailler dans la même mission de faciliter le transport et hébergement. Il y avait aussi le cas des taches qui n’étaient pas bien définis ou bien qui peuvent se regrouper en une seul. Certaines tâches effectuées
56 Perrin Laura, « Gestion et développement de réseaux citoyens » Mémoire de Stage Dialogues en humanité 2016
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par différents stagiaires sont connexes et s’entremêle ce qui peut créer certaines redondances dans l’élaboration de taches.
Malgré tout cela, l’équipe était une belle équipe, il n’y avait pas trop de conflits, c’était un groupe sensé et nous avons utilisé les forces de chacun pour travailler ensemble.
D) Relation Stagiaire et Partenaires
Les « Dialogues en humanité » sont très engagés autour de l’enjeu des activités humaines et leurs impacts sur le développement durable. C’est pour cela que tout est consciencieusement dirigé vers cette optique de durabilité. Le choix des partenaires en atteste également, eux-mêmes, tous engagés. Il porte en effet tous en engagement militant qui leur en propre. Il faut dialoguer en permanence avec les acteurs de l’économie solidaire, pour définir ensemble des priorités et co construire ensemble comme par exemple la Gonnet (monnaie locale), le Colibris, ATD Quart Monde, SINGA etc. Les Dialogues aussi font des projet sur la place Bellecour avec les agents de la propreté, les membres des Conseils de quartiers, les MJC et centres sociaux, les entrepreneurs de l’ESS
L’idée est de travailler en interne, autant qu’avec les partenaires de la Métropole (dans le monde économique social et artistique et de valoriser les expériences d’initiatives positives dans la Métropole confrontées aux expériences sur les autres continents
Les stagiaires ont eu un contact direct avec la plupart des partenaires, et ont travaillé avec pour réaliser leurs projets pendant les Dialogues, par exemple avec Gilles Lambert du Colibris sur l’installation des oasis éphémère. Il s’agit de relations formelles mais aussi amicales où des partenaires peuvent exprimer leur insatisfaction quant aux modalités de la participation, le manque de prise en compte de leur prise de parole, ou le verrouillage du thème du débat etc.
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E) Relation citoyen – fonctionnaire
Il y avait une sorte de proximité entre les prestataires et fonctionnaires de la Métropole. Tout au long de l’année Geneviève Ancel développe l’esprit de Dialogue en humanité avec les agents dans les services urbains ou avec les services de santé, de petite enfance et sur les territoires de la Métropole (Duchère, Villeurbanne, Vénissieux, quartiers populaires)
Par exemple, le travail avec Malika Bellaribi Le Moal et Azdine Benyoucef pour Urban Opéra présenté lors du temps de midi aux agents et aux élus de la Métropole.
Aussi, le travaille avec les artistes comme l’artiste peintre international Michel Granger57 pour une valorisation et accompagnement au changement des agents de la voirie et des espaces verts (en réalisant des oeuvres au rouleau compresseur et des végétaux récupérés)
Il existe toutefois des expériences à l’échelle locale qui montrent que les forums participatifs ont contribués à établir un partenariat entre les agents publics locaux et les citoyens dans la résolution d’enjeux controversés.
Il est nécessaire que les fonctionnaires sachent travailler en réseau, mutualiser leurs savoirs, leurs pratiques et les budgets, les « Dialogues en humanité » permettre d’ouvrir les diffèrent champs d’intervention avec les citoyens comme l’hébergement solidaire dans l’esprit des économies sociales et solidaires, mais plus largement, en faisant avancer la question de la transversalité.
En plus, la mobilisation des services internes qui viennent contribuer aux Dialogues (ex tri sélectif, médiation et accouchements, santé, compost, gestion différenciés des espaces verts.
57 voir son site internet granger-michel.com
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Comme les citoyens sont devenus absent des décisions collectives, ils se sont éloignés les uns des autres et ont perdu des occasions d’avancer dans les biens commun. Le cloisonnement des citoyens (classe, région, race et genre), se répercute dans la vie politique et dans l’engagement de chacun. Chaque citoyen lutte pour sa cause et ne prend pas part au combat qui lui sont étranger, ce qui limite l’ouverture à l’autre et enrichissement. Il est donc nécessaire pour étudier les acteurs afin qu’on puisse analyser les relations dans laquelle les décisions collectives sont plus étroitement liées aux forums publics marqués par l’égalité et la participation active. 58
Des travaux qui soulignent l’influence des dispositifs sur le fonctionnement administratif. Les travaux sur les conseils de quartier ou la participation des habitants dans la politique de la ville montrent que les représentations et pratiques des agents publics peuvent évoluer du fait de leur mise en prise directe avec les usagers-citoyens-habitants.
L. Barrault, montre qu’on ne peut pas comprendre les processus participatifs sans le rapporter aux pratiques, aux routines, aux savoirs et savoir-faire des acteurs qui, au quotidien, mettent en oeuvre les politiques, gèrent un secteur d’action publique59. Il faudrait se demander, au-delà de la mise en lumière d’effets propres aux dispositifs, dans quelle mesure ces derniers sont durables et conduisent à une évolution des jeux, pratiques et de conception des acteurs.
58 http://www.psupress.org/books/titles/978-0-271-03332-7.html
59Mazeaud, Alice, Marie-Hélène Sa Vilas Boas, et Guy-El-Karim Berthomé. « Penser les effets de la participation sur l’action publique à partir de ses impensés », Participations, vol. 2, no. 1, 2012, pp. 5-29.
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3) Les Réalités et Les Limites De La Participation
A) La rupture entre les Professionnels et les Citoyens
Pendant des années, l’humanité a mené une bataille contre les divisions sociales qui se manifestent notamment par l’apparition de classes et l’interaction entre elles. Nous avons utilisé des termes comme Elitisme, technocratie, inégalité, connaissance supérieure, hiérarchie afin d’expliquer ce disfonctionnement dans la société.
Cette rupture est l’idée générale de cette étude. Elle a un lien direct avec les structures administratives ainsi que les démarches de participation citoyenne mises en place dans une société. La lutte contre la rupture est alors associée à une amélioration démocratique en vue des perspectives moins analytiques que prescriptives.
L’analyse des politiques publiques met en avant la fermeture et la sélectivité des espaces de formulation et d’expression citoyenne. Ainsi, elle s’intéresse avant tout à l’action d’une « élite » comme les organisations et les personnes disposant de ressources nécessaires pour s’engager en tant qu’acteurs dans les arènes de négociation et améliorer les politiques publiques. La participation des citoyens ordinaires n’intervient jamais directement dans le processus de compromis et de négociation avec les structures administratives. Pour bien agir dans ces espaces, il est, en effet, nécessaire de disposer d’une maîtrise suffisante des lois qui les régulent. Cette maîtrise n’est malheureusement pas à la portée de tout le monde.
Certains citoyens mettent en avant les enjeux de pouvoirs qui se jouent dans ce type de rassemblement, cela est dû au sentiment d’exclusion qu’ils peuvent ressentir face à un groupe déjà constitué. Le dialogue permet de concevoir une idée partagée par de nombreux profils, incluant les élites ou les intellectuels. Ces derniers peuvent augmenter cette division et accroitre l’exclusion. Par conséquent, au lieu d’avoir un espace ouvert à tous, on exclut les gens de classes moyennes et pauvres. Même dans les réseaux internationaux des Dialogues, on ne peut pas nier le fait qu’il y a une hiérarchisation de participants, des philosophes, des anthropologues, des scientifiques, des intentionnels, etc.
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Cette « barrière » de groupe peut décourager les potentiels intéressés et peut expliquer en partie les difficultés de renouvellement des membres actifs que rencontrent nombre de structures. Celles-ci devraient accorder plus d’importance à l’accueil des nouveaux participants afin de pérenniser leur participation, et à plus longue échéance, l’action ou la vie de l’association ou de la démarche. Déjà, au sein de la Métropole il y avait une distinction entre les stagiaires et les fonctionnaires. Peut-être à cause de la séparation entre les Dialogues et les autres services de la Métropole.
Il est communément admis que la proximité du lien et la décision est l’un des critères d’appréciation du dispositif participatif. Les agoras qui proposent les différentes thématiques maintiennent les habitants dans un rôle uniquement consultatif sans leur laisser de place dans le processus de décision60. Les citoyens peuvent discuter, exprimer leurs opinions, mais ne peuvent en aucun cas être décideurs. Cette logique se retrouve aussi dans l’organisation des Dialogues. Après tous les débats, tous les comités d’orientation, on se retrouve au bureau de la Métropole et c’est là-bas où toutes les décisions finales sont prises.
On suppose que les citoyens souhaitent participer pour peser sur la décision. Dès lors, le risque majeur des dispositifs participatifs serait d’alimenter non seulement la désillusion de citoyens déçus d’avoir participé inutilement, mais aussi l’instrumentalisation de la participation par différents types d’acteurs. En contrepartie, la préoccupation par le « succès » de ces dispositifs, comme leur capacité à transformer les politiques et les administrations publiques, les relations de pouvoir entre élus et citoyens, s’inscrit le plus souvent dans la posture dominante de l’approfondissement démocratique.
En l’absence de liens directement visibles entre dispositifs participatifs et décisions, il est fréquent que l’analyse se focalise non sur leurs effets ou sur l’action publique, mais sur la qualité des procédures délibératives61. Les Dialogues ont à leur disposition un lien fort avec les décideurs dans la Métropole, mais malgré son rattachement à la Métropole, ils ne touchent pas
60 Monbeig M. « L’impossible Démocratie Participative », Pensée Plurielle 2/2007 N° 15, P. 29-47
61 Gene Rowe, Lynn J. Frewer, « Public Participation Methods: A Framework for Evaluation », art. 2005, p. 24-25.
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les politiques publiques. La multitude de grilles d’analyse des effets est centrée sur les démarches des Dialogues. Les Dialogues ont fait un excellent travail en regroupant les masses de tous les niveaux de vie et en les incitant à agir ensemble, mais après 11 ans, il n’y a pas eu de changement significatif dans les politiques.
En résumé, tout se passe comme si les effets de la participation dans l’action publique étaient conditionnés par le dispositif participatif et son l’impact.
À cause de la complexité et de la fragmentation des politiques publiques, les coûts d’entrée dans les espaces de formulation des politiques publiques sont élevés. Ainsi, seuls les citoyens organisés et mobilisés peuvent être reconnus en tant qu’acteurs légitimes.
De plus, la focalisation sur les stagiaires peut poser un frein à leur participation. C’est plus particulièrement la place laissée au bénévole qui est mise en exergue.62Les modes de vie urbains modernes ne facilitent pas la participation citoyenne. La vie quotidienne prend une place assez conséquente, il devient difficile de trouver du temps pour prendre part à la vie communautaire. Ainsi, des citoyens ayant déjà participé ressentent de l’ingratitude de la part des structures auxquelles ils participent. Parfois, leur rôle est peu reconnu et valorisé, et rend par conséquent leur action moins motivante.
Il faut rejeter le modèle hiérarchique et remettre en cause le monopole de l’expertise exercé par l’administration publique, on trouve un équilibre entre l’efficacité de la démarche participative et sa qualité démocratique. Dans tous les cas, on ne peut pas définir comme action démocratique, un processus sans effet sur les politiques publiques, et non plus si les dispositifs participatifs n’existent pas.
Donc, les ruptures entre les acteurs de la participation constituent précisément un obstacle aux processus décisionnels, les effets de la participation sur l’action publique et la compréhension de la participation.
62 Comprendre Les Obstacles A La Participation Citoyenne - Contribution A Une Autre Reconnaissance Du Citoyen . Oriv, 2005 Pg 1 -2
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Les trois jours de rencontre font aussi office de lien entre les acteurs du territoire. Ainsi, en rendant accessibles des domaines jusqu’à présent réservés à une élite, c’est à dire la culture, l’écologie ou encore l’économie, et en établissant des passerelles entre chaque spécialité, les Dialogues permettent au citoyen de mettre en oeuvre la transmission d’expérience, proposer des agoras et des forums dans lesquels tout le monde peut s’exprimer à égalité, démocratiser certains sujets a pour but de développer la citoyenneté des habitants. Le lieu et la date du festival ont été choisis pour favoriser ce phénomène de démocratisation en le tenant au Parc de la Tête-d’Or un weekend d’été. De même, réunir les différentes populations des quartiers de Lyon afin de permettre plus de mixité sociale sur le territoire est une des volontés des Dialogues.
Les Dialogues peuvent donc avoir un véritable impact sur le développement du territoire. Cependant, il reste beaucoup de choses à faire. La Métropole de Lyon et le festival ont tous un rôle essentiel à jouer.
i) La nature informelle des Dialogues en humanité
À l’inverse des liens forts, les Dialogues sont basés sur une forte dimension interpersonnelle, les liens faibles sont superficiels.
Les Dialogues fonctionnent selon des mécanismes permettant une plus grande flexibilité, c’est une grande contradiction au sein de la Métropole de Lyon. Une figure symbolique de la bureaucratie et l’administration publique de Harold Lasswell. Les Dialogues en humanité ont établi depuis toujours des relations entre les différents réseaux.
Les Dialogues passent au-delà de la Métropole de Lyon et se trouvent dans le coeur des tous les gens investis et engagés. Ils s’appuient sur le rôle de La coordinatrice, parce que leur mission est fondée sur un réseau personnel fait par elle. Cette relation risque l’écroulement de
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l’organisation en place lors d’un changement de mandat ou d’un départ à la retraite63. Par conséquent il y a l’idée de la pérennité des Dialogues.
Il est nécessaire de réfléchir à la logique d’information et de communication, et notamment diversifier les canaux d’information, les relais écrits ou oraux, pour toucher un plus grand nombre de citoyens et ainsi arriver à une grande participation. Les Dialogues, malgré leur existence depuis 2003 et leur implication internationale ne sont pas assez connus. Cela empêche d’atteindre les objectifs voulus. Il faut renforcer la convergence des mouvements et les réseaux citoyens afin de créer ensemble sur la Région lyonnaise une vaste dynamique citoyenne collective et participative.
L’information est le fondement de la participation citoyenne et de l’innovation. L’objectif essentiel des Dialogues en humanité est donc de rendre accessible l’information pertinente (non uniquement des données aléatoires) aux citoyens.
Les Dialogues en humanité ont recours à des outils de communication comme le site internet (dialoguesenhumanité.org) qui collecte des idées et des suggestions de la part des citoyens, afin de leur permettre de soumettre des propositions et d’avoir une influence sur les sujets abordés lors des réunions du conseil. D’autres outils incorporent les médias sociaux ainsi que les technologies ludiques afin d’accroître la participation citoyenne et de favoriser la collaboration. Par exemple le page Facebook.
63 Op.cit Perrin Laure
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B) Un espace de démarche participative dans une institution hiérarchisée : une participation citoyenne imaginaire
En France, la participation à cette particularité institutionnalisée et descendante est initiée par les pouvoirs publics, via des dispositifs institutionnels. Si cette « offre de participation » ne rencontre pas la demande des citoyens, alors elle devient inutile, ne faisant pas l’objet d’une appropriation et d’une utilisation durable par les citoyens64.
Par ailleurs, la participation semble plutôt être un faire-valoir des élus, un moyen de légitimation de leurs actions politiques. Elle change rarement les choix de l’intervention publique. Ces dispositifs sont davantage le fruit d’une obligation « vertueuse » des pouvoirs politiques pour légitimer leurs actions par les citoyens plutôt que faire de celle-ci un véritable acte démocratique.
Cela montre, pourquoi nous avons l’habitude de voir la participation publique comme une activité initiée par les autorités, car ce sont souvent elles qui doivent adapter leurs objectifs à cette nouvelle réalité. Tout un établissement législatif et procédural est, en effet, mis en place, avec notamment l’adoption de lois encadrant la participation, la mise en place de procédures et de pratiques donnant vie à cette orientation. Ce qu’on appelle la participation institutionnalisée65. Comme on a déjà constaté les Dialogues en humanité sont le fruit de la rencontre entre Gérard Collomb, ancien sénateur-maire de Lyon et Président du Grand Lyon, Patrick Viveret, philosophe et Geneviève Ancel, chargée du développement durable puis de la coordination des Dialogues en humanité au Grand Lyon et à la Ville de Lyon.
L’enjeu ici est de réunir les conditions et les démarches participatives dans un contexte contradictoire. L’individu doit avoir la certitude que sa participation à un projet va avoir un
64 Butheau C., Fearber E., Larbey V., Gontcharoff G., Hannoyer F., Megard D., Obradovic I., Scharly S. Et Varin J.L. (Septembre-Octobre 1999) « Les Habitants Dans La Décision Locale » In Territoires Septembreoctobre 1999 N°399 Bis
65 Laurine Maruszak La Participation Des Habitants Dans La Politique De La Ville : Place et Rôle des Conseils Citoyens. Mémoire de fin d’études Université de Toulouse. Année 2014/2015. Pg 36-38
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impact, une influence sur la décision finale à prendre, même s’il n’est pas détenteur du pouvoir d’action. Ne pas reconnaître à chacun ce pouvoir de proposition et d’action peut être une cause de non-participation, et peut aboutir à un désintérêt, ce qui est souvent les cas dans la participation institutionnalisée.
Les recherches sur l’instrumentalisation de l’action publique dans les dernières années sont devenues un grand espace critique des pouvoirs politiques. Cette instrumentalisation, peut exister dans le cas des Dialogues en humanité qui, après 11 ans, n’ont pas encore eu des influences sur les politiques publiques, même s’ils ont un lien direct avec la collectivité territoriale.
Cependant, l’évolution récente de la participation publique montre un portrait beaucoup plus complexe, l’adaptation ne vient pas seulement du côté des autorités publiques. Si les outils et les démarches participatives ont été mises en place, il faut donc créer des stratégies d’adaptation face à ce nouveau phénomène.
C’est une implication du gouvernement traditionnel à la gouvernance, en recensant les nouveaux instruments typiques de cette transformation.66 Donc, selon certains écrits, ce n’est pas étonnant que le pouvoir publique crée ces instruments politiques, qui par des mesures utilisées par le gouvernement, rend effectives ses politiques publiques.67
Pour analyser cette idée, il faut donc se demander si la participation permet de mettre en oeuvre cette volonté de partager les responsabilités, de faciliter la transmission, et de renouveler les instances? Cela nous invite à définir la réflexion sur les effets des dispositifs participatifs rattachés à des pouvoirs politiques et le contexte qui influence le recours aux instruments participatifs.
66 Salomon L. M. (dir.), The Tools of Government: A Guide to New Governance, Oxford, Oxford University Press, 2002.
67 Howlett M., Designing Public Policies: Principles and Instruments, Londres, Routledge, 2011.
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i) Les avantages partagés
L’importance de l’essaimage des Dialogues qui contribue au rayonnement international (très apprécié par le Président et par le réseau ONLYLYON ou les réseaux économiques ou artistiques. Elles restent comme un dispositif essentiel qui montre la dimension internationale de la Métropole. Il faut constater que lors du travail avec les services de la communication externe, on s’est focalisé sur la façon de mettre en avant la dimension internationale du festival en adéquation avec la stratégie de communication de la Métropole. Par ailleurs, les Dialogues, évoluant dans le champ de l’événementiel, permettent de dynamiser la région et participent à l’attractivité de la ville68. Ils participent à l’expansion festive qui anime Lyon à cette période de l’année69. L’important travail de référencement au sein des sites-comme « Tous les monde dehors »ou des journals comme « tout vas bien »70dédié aux touristes, appuie ici nos propos.
Les Dialogues permets la rencontre des élus et invitation aux élus vice-président de la Métropole ainsi que présence du Président et des vice-présidents à la cuture ou à la démocratie ou à l’énergie ou à la santé et environnement et climat.
L’un des autres aspects importants est l’indiscutable image positive qu’apportent les Dialogues à la Métropole auprès du grand public. Il convient de soulever la question écologique qui est aujourd’hui au coeur du débat. Les Dialogues permettent entre autre de rendre cohérent le discours politique tourné vers développement durable.
Il est probable que la participation existe seulement comme une justification dans la fabrique du consentement ou un dispositif de filtrage des positions les plus critiques. Selon Luc Carton : une forme de participation qu’il identifie comme perverse, est l’appel à la participation lorsqu’il s’agit de combler (en surface) le déficit de légitimité des politiques publiques.
68 Site Internet du Grand Lyon : http://www.grandlyon.com/metropole/attractivite-et-tourisme.html
69 Salomon L. M. (dir.), The Tools of Government: A Guide to New Governance, Oxford, Oxford University Press, 2002.
70 Voir l’annexe 6
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Le respect du principe d’imputabilité ne se retrouverait pas dans la structure hiérarchique mais bien dans les structures de collaboration décentralisées qui demeurent en lien avec les citoyens 71. Cependant, les citoyens seraient exclus de la décision publique sur la base de critères de compétence et d’expertise auxquels ne répondraient pourtant pas les dominants. En ce sens, la rationalité instrumentale qui caractérise la vision de l’expertise dans le modèle traditionnel d’administration publique serait antidémocratique.
Les Dialogues en humanité proposent de remplacer le principe hiérarchique, perçu comme un facteur de rigidité, par un fonctionnement basé sur la mise en place de réseaux locaux de collaboration. La valeur première d’une action n’est plus ni la cause défendue ni la finalité recherchée, mais le caractère participatif. Des agents publics qui ont une fonction administrative osent proposer leurs autres talents (artistiques et personnels) aux Dialogues. Le management par le sensible reste encore à développer d’autant plus qu’il y a eu une fusion entre le Département et le Grand Lyon pour donner la Métropole de Lyon voici seulement 2ans.
Il paraît encore plus incohérent que le réseau des Dialogues en humanité réside et est soutenu par un système qu’il dénonce. Aussi, il est intéressant de prôner un système de gouvernance flexible et horizontal dans une organisation quand cette dernière trouve ses ressources dans l’administration.
Cependant, il faut préciser qu’une des forces des Dialogues en humanité est de réussir à se dresser malgré les difficultés qui persistent autour de cette initiative. En effet, l’idée du réseau n’est pas de se mettre en opposition avec un système auquel il ne tient pas, mais de mobiliser les ressources (économique, politique, etc.) et profiter de ce système afin de permettre une évolution, en commençant par des changements internes au système. Mais partout de formidables oasis ensoleillées expérimentent de nouveaux modes de vie, partout des associations, des communautés, des peuples construisent des alternatives au défaitisme, à la
71 Conception Proche De La « Grass-Roots », Doctrine Mise En OEuvre Par La Tennessee Valley Authority Dans Les Années 1930. Selznick P., Tva And The Grass Roots: A Study In The Sociology Of Formal Organization, Berkeley, University Of California Press, 1949.
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morosité, à la misère….72. Les citoyens ont les connaissances adéquates pour l’élaboration des politiques publiques. Construire des espaces participatifs au sein des structures comme la Métropole peut rééquilibrer les pouvoirs et donner aux citoyens des informations qui leur permettraient de mieux juger les politiques. C’est aussi une manière d’introduire la démocratie dans le fonctionnement de l’administration publique.
72 Edito De Philip Piau Pour Les Dialogues En Humanité 2017
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C) L’image de la Métropole comme une organisation puissante avec les liens économiques et politiques : un frein à la participation citoyenne ?
Le développement territorial peut être défini comme un « processus durable de construction et de gestion d’un territoire, la population définit, au moyen d’un pacte sociopolitique et de la mise en place d’un cadre institutionnel approprié au contexte, son rapport à la nature et son mode de vie. Ce qui consolide les liens sociaux et construit une identité culturelle qui a sa base matérielle dans la construction de ce territoire. »73. Cette définition nous renvoie à la notion « d’ancrage territorial », la notion de durabilité, c’est-à-dire l’ancrage temporel et territorial, l’intégration et la reconnaissance des acteurs du territoire comme porteur du développement et enfin la prise en compte des spécificités des territoires.
La Métropole de Lyon est présentée comme une innovation dans le paysage institutionnel français. Depuis le 1er janvier 2015 cette collectivité, à un statut particulier et unique en France. Connu pour ses mouvements humanistes, la collectivité prend sa place dans le système de gouvernement, on se voit attribuer les compétences exercées auparavant par le département du Rhône par la communauté urbaine, composée de 59 communes et de nouvelles compétences prévues par la loi.
Les travaux comparatifs faits sur la définition et la forme de participation montrent bien la variété des termes disponibles pour désigner les dispositifs participatifs, en français (démocratie participative, débat public, délibération, etc.), comme en anglais (public involvement, public engagement, participatory democracy, etc.) alimente également cette confusion.
Ainsi, nous proposons une analyse d’un dispositif participatif comme les Dialogues en humanité qui permettent la participation citoyenne en lien avec la collectivité territoriale dans laquelle ce dispositif a été conçu. Cette participation bute sur un phénomène, le public a
73 Peemans Jean Phillipe, « Territoire, Développement Et Mondialisation. Points De Vue Du Sud », 2008, Sylepse, Atlernative Sur, 199p, Pg 31
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tendance à répondre sur ce qu’on attend de lui plutôt que ses réelles opinions, par facilité ou même encore pour obtenir ce qu’il pense pouvoir obtenir.
i) Pouvoir Politique
On peut considérer le développement territorial comme un objectif commun caractérisé par deux entités. Premièrement, l’image donné aux Dialogues grâce a son rattachement à la collectivité territoriale, ce qui lui permet d’affirmer sa légitimité et d’acquérir une grande reconnaissance. En effet, cet hébergement est la preuve de la reconnaissance politique, particulièrement faite par le président de la Métropole. Ainsi, le message théorique et parfois dit utopiste74du festival, reste crédible et reconnu devant des acteurs publics. Il est appuyé par une institution avec un fort pouvoir politique et des pôles spécialisés dans la culture, le sport, le tourisme, le développement économique ou encore les relations internationales. Cela raisonne dans la pensée commune comme un apport de crédibilité.
Deuxièmement, les ressources mise à la disposition des Dialogues ne peuvent pas être sous estimées dans ses démarches participatives. Elles bénéficient d’un hébergement financier, matériel et technique, la Métropole de Lyon accompagne et promeut l’évènement, sur lequel se constitue le réseau citoyen des Dialogues. On peut dire que c’est un festival organisé par la Métropole de Lyon, par conséquent, pour tous ces aspects financiers et techniques. Les Dialogues en humanité dépendent de l’action et des moyens de la direction de la Propreté et la mobilisation des différents services de la Métropole de Lyon,. En effet, ces derniers profitent d’expertise comptable, font appel à des professionnels de la communication ainsi que des techniciens qui sont à disposition. Outre les moyens humains, les Dialogues peuvent compter sur le vaste réseau associatif local et international
La pérennité du festival dépend de la Métropole qui lui apporte de multiples ressources. Ces dernières sont de nature matérielle, financière et humaine, mais aussi organisationnelle. L’équipe opérationnelle se trouve chaque année pendant 4 mois dans la Métropole qui héberge le matériel nécessaire : ordinateurs, imprimantes, tableaux, fournitures de bureau, etc.
74 Op.cit Perrin Laure
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La Métropole a aussi un rôle omniprésent dans ce festival. La diffusion de supports de communication en interne et en externe sont tous fait au nom de la Métropole. Enfin, il convient de souligner que le festival permet aussi un soutien entre les membres du réseau des Dialogues au-delà de la Métropole.
Cependant, il y a des risques associés à cette forme de relation, le phénomène de la perte d’identité. Ce dernier risque de modifier le comportement des initiatives de l’économie sociale et solidaire, parce qu’ils peuvent adopter des comportements de l’économie capitaliste néolibérale. Ainsi, encouragées par des contraintes du marché, les organisations rentrent en concurrence entres elles, elles peuvent être assimilables à leurs homologues capitalistes75. Compte tenu de la multiplicité des projets participatifs, il existe une ambiguïté sur la définition, les objectifs et les effets de la participation publique : « La plupart du temps, la situation résulte en des pratiques discordantes de participation et un écart considérable entre les justifications théoriques de la participation, les intentions des politiques publiques et la pratique sur le terrain.
À cause de ce constat, les Dialogues en humanité ont été critiqué par des extrémistes ou certains mouvements qui insistent ainsi sur le caractère fondamentalement contestataire et contradictoire de leur engagement, ils refusent bien souvent de prendre part aux débats tels qu’ils sont proposés par les autorités publique, parce qu’ils les considèrent comme bases et inutiles.76
L’idée est de travailler en réciprocité avec la Métropole. Si la l’impassibilité administrative interne de cette dernière peut être perçue comme un frein, le processus organisationnel de la Métropole peut être aussi une véritable force pour les Dialogues. En effet, il permet à l’équipe opérationnelle de s’appuyer sur des repères, d’avoir une structure identifiable et ainsi de s’assoir dans une certaine zone de confort.
75 Fremeaux Philippe. La Nouvelle Alternative?, 2011, Les Petits Matins, Alternatives Economiques, Pg. 156
76 Tiré de l’article « Critique De Lq Participation » Par Guillaume Gourgues Dans Le Dictionnaire Critique De La Participation : www.particiaption-et –democratie.fr
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ii) Financement
Les Dialogues font l’objet d’un financement interne de 130 000 euros77 chaque année. Cela permet à l’organisation de couvrir les de dépenses de ses différents pôles, à savoir : les prestataires, certaines prestations artistiques, les déplacements et l’hébergement de certains invités. Cela revient à la question du rapport au financement des organisations et la liberté d’action de ces dernières. Un des risques majeurs identifié par certains auteurs, est l’instrumentalisation des initiatives de la société civile. Les organisations sont, en effet, tenues de justifier leur finalité d’intérêt général et de faire preuve de docilité face au pouvoir public78.
Nous pouvons particulièrement constater un phénomène d’instrumentalisation dans le Dialogues en humanité qui fait l’objet d’une forte dépendance financière via la Métropole, et au cas où ces financements s’arrêtent, ils peuvent mettre en péril ce fonctionnement.
77 Op.cit Perrin Laure
78 Fréderic Annette Et Patrick Valeau « La Gestion Des » Déviances » Des Associations Par Les Pouvoirs Publics: Une Autonomie Conditionnelle » Management International, Vol. 16, N° 3, 2012, P. 139-152
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D) Différence entre la démarche lyonnaise des Dialogues en humanité et celle des autres pays
On ne peut parler de la dimension internationale des Dialogues sans référence aux personnalités de renommée mondiale telles que Henryane de Chaponay79, Edgar Morin80 ou encore Stéphane et Christiane Hessel81. Depuis 2010, la constitution du réseau international a été favorisé par l’implication de ces personnalités. Le réseau constitué à partir de la « cellule mère »82 de Lyon forme aujourd’hui une multitude de mouvements connectés entre eux,
Aujourd’hui, les Dialogues se sont diffusés à Bangalore, Berlin, Rabat, Bruxelle, Addis Abeba, Salvador de Bahia, Himalaya, Terra Mirim, Itacarè, Bangalore, Jérusalem, Paris, Tunis, Rio de Janeiro, Porto Novo, Bangui, Londres, Barcelone, Dakar83.
Permettre au mouvement des Dialogues en humanité de s’amplifier, se propager dans la continuité et de s’interroger sur l’humain.
Cependant, il est intéressant de noter que les Dialogues dans tous ces pays et dans d’autres villes n’ont aucun lien avec le pouvoir public et prospèrent sans le soutien de leurs gouvernements. La plupart des Dialogues, par exemple, dans la République du Bénin (Porto Novo) ou au Sénégal (Thiers) ont eu lieu sans un soutien financier, mais ont été financés par la population pour provoquer le changement.
Les Dialogues en humanité sont ‘open source’, chaque Dialogue est adapté dans chaque pays avec des thèmes différents et organisé avec des moyens propres aux organisateurs
79 Citoyenne du monde et voyageuse infatigable pour la réciprocité des savoirs, l’émancipation et la solidarité ;
80 Penseur, Sociologue, auteur d’une centaine d’ouvrages, reconnu mondialement pour son travail pour l’éducation et la pensée complexe (de complexus qui veut dire relier)
81 Co - auteurs de « Dessine-moi un Homme »
82 Interview Natacha Kaminski, 2016, Structuration Du Réseau International Dialogues En Humanité, Pris Par Laure
83 Annexe 4 la carte qui suit référence les principaux dialogues, à l’ origine du réseau citoyen.
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(subventions, partenariats, etc.). Par exemple, au Benin, les acteurs ont préparé une Journée Voodoo pour montrer le lien entre la spiritualité et l’environnement.
Ces réformes appliquées à des degrés divers selon les pays ont donc donné un rôle plus important à des acteurs, qui n’étaient pas centraux dans la mise en oeuvre des politiques publiques. Ce mouvement est aussi à l’origine de plusieurs dispositifs participatifs,
Il y a des études qui insistent sur les mécanismes de diffusion internes dans un pays, particulièrement fédéral qui permet un mimétisme horizontal. Les Dialogues (Lyonnais) accomplissent de façon indirecte des démarches dans d’autres villes. Le processus d’apprentissage amène à s’inspirer (fortement) des travaux faits dans les autres pays. Il existe à l’échelle internationale des acteurs et des organisations qui sont particulièrement actifs pour diffuser les valeurs des Dialogues partout dans le monde.
Donc le dialogue promeut la diffusion des pratiques participatives locales dans un même pays, comme c’est le cas en France. On peut, en effet, penser que cela ne tient pas seulement à des conditions très locales, mais aussi à un contexte politique plus large qui favorise la diffusion de ces pratiques.
Les Dialogues en humanité ont aussi joué un rôle important dans la valorisation de la démocratie et la participation, cette dernière est présentée par l’institution comme une des pratiques les plus innovantes pour améliorer la transparence et réduire le clientélisme politique.
Une autre hypothèse intéressante du point de vue de la participation citoyenne est le rôle des réseaux, des acteurs internationaux qui sont souvent appelés les citoyens du peuple de la terre84. Par exemple, on pense notamment aux forums sociaux mondiaux, un espace virtuel ouvert à tous, pour inspirer la continuation des Dialogues sur les sujets qui traitent la condition humaine.
84 Edito Patrick Viveret Pour Les Dialogues En Humanité 2016
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Conclusion
La mise en place des démarches pour promouvoir la participation citoyenne dans les administrations publiques, dispositif construit à partir de l’idée d’une co-construction du projet de ville et inspiré du concept de « renforcement du pouvoir d’agir », conduit à réfléchir sur de nouvelles interactions possibles entre citoyens, pouvoir public et institutions. Une telle perspective en termes d’instrument permet ainsi de faire le lien entre la portée de la participation publique et le contexte dans lequel des dispositifs participatifs sont mis en oeuvre.
En comprenant comment les mécanismes internes et externes contribuent à réaliser une pratique de la participation citoyenne, on pourrait développer un regard différent sur les contraintes et les incitations qui poussent certaines autorités publiques à adopter des mesures ou établir des outils de participation publique et d’autres non, ou encore sur la diffusion rapide de certaines pratiques alors que d’autres demeurent relativement peu répandues. L’analyse de la participation citoyenne, appuyée sur la mise en place de « Dialogues en humanité » par la Métropole de Lyon, a mis en lumière un problème dans la façon d’appréhender d’où leurs viennent ce besoin de la participation. La participation ne peut pas passer uniquement par la mise en place de dispositifs de participation, mais par un changement des pratiques chez chacun des acteurs de la ville.
Ce travail ayant allié recherche documentaire, observation de terrain et la distribution des questionnaires, nous a permis de soulever les principaux contraints dans le Dialogues et les stratégies d’adaptation des acteurs face à la participation. Beaucoup de travaux des analystes de la démocratie participative concluent que les effets des dispositifs participatifs seraient « limités ».
Tout l’enjeu consisterait alors à créer les conditions de succès dans une structure qui dans la nature de l’administration publique n’adhère pas à des principes de la participation citoyenne. Pourtant, il faut adresser une double critique qui explique en partie le caractère incomplet des résultats obtenus dans les Dialogues vers l’administration public. D’une part, les travaux des Dialogues ont eu un immense succès à l’international et dans les soutiens des
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innovations citoyennes. Et aussi en créant un espace de dialogue pour se rencontrer différemment. Les Dialogues s’inscrivent sur une approche utilitariste dans leurs démarches.
L’objectif est donc de permettre à chacun de créer ses propres intentions avec d’autres, autour de valeurs communes. Cet objectif n’est pas spécifique, car propre à l’interprétation de chacun. Il n’est, en aucun cas, mesurable, car loin d’être quantitatif. Par exemple, on a remarqué qu’une bonne qualité de la réparation du contexte et une augmentation du nombre de variables retenues se traduisent par une perte de la capacité à identifier la contribution spécifique de la variable indépendante que serait la participation. Les Dialogues ne sont pas allés au bout de leur logique en ne proposant pas de modèle pour analyser les effets dans la structure dans laquelle ils ont été établi, et alors qu’ils visent plus ou moins directement à inspirer les politiques, ils sont restés faiblement opératoires. Il convient de rechercher des effets à plus long terme, dans les dynamiques d’apprentissage et les recompositions du travail administratif pour trouver l’importance clef des Dialogues en humanité. Cette vision épouse assez largement les discours indigènes sur le décideur-décidant, attaché à résoudre des problèmes. Elle permet donc de répondre à l’injonction de légitimation de l’offre participative.
Le constat d’effets limités ne saurait toutefois suffire. D’abord, parce qu’il requiert de clarifier les critères desquels il est dressé.
L’analyse des dispositifs participatifs ne s’est pas entièrement libérée de l’évaluation de la démocratie participative. C’est bien souvent au regard des objectifs affichés par leurs initiateurs que cette conclusion est tirée. Surtout, la manière dont les dispositifs sont appréhendés, cela influence beaucoup la mesure de la portée des effets observés. La révision des multiples dynamiques et particularités des Dialogues en humanité, comme un dispositif participatif (motifs d’engagement des participants, design institutionnel, objet de la participation) rend très lourde la tâche qui consiste à réinsérer ces dynamiques dans leur contexte et spécifier un objectif concrète.
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De plus, L. Blondiaux et D. Cardon85 soulignaient qu’il faut établir des passerelles dans l’approche de la participation étant donné que l’identification des effets de la mise en place de structures participatives sur le processus de décision ou les configurations d’acteurs, suppose un travail de contextualisation et une prise de distance par rapport aux situations concrètes de délibération qui rend la tâche du chercheur sans doute impossible. Plutôt que de regarder la prévention des risques psycho sociaux, il serait bon de s’inspirer davantage des Dialogues en humanité dans le mode de valorisation des initiatives positives dans l’administration en résonnance avec le désir des citoyens de faire leur part de Colibris dans la vie quotidienne et de contribuer aux décisions. Tous les mondes ont des avantages partagés des justifications et les objectifs attendus de la participation soit démocratiques, sociaux ou administratifs.
G. Gourgues montre la perspective de « l’offre participative » 86 comme le résultat des logiques de l’action publique. Il aperçoit dans la constitution de politiques de la participation un effet majeur de la mise en oeuvre des dispositifs participatifs.
Au-delà du dispositifs et des objectifs affichés, la mise en participation relève d’une nécessité de façonner et de mobiliser des publics, des porte-paroles, des intérêts et des groupes sociaux 87. En effet, dans cette opération de production de publics, les Dialogues ont eu un succès qui va au-delà de la participation citoyen dans la structure publique, mais aussi dans le monde. Le développement des Dialogues dans le temps est un exemple concret d’une politique tournée vers un développement territorial durable. L’objectif est de ne pas dépendre d’une seule
85BLONDIAUX Loïc et FOURNIAU Jean-Michel, Démocratie et Participation : Un Etat des Savoirs Sommaire du N°1 Démocratie et Participation : Un Etat des Savoirs Dossier, 2011, Pg 8- 35.
86 GOURGUES Guillaume, « Critique de la participation », in CASILLO I. avec Barbier R., Blondiaux L., Chateauraynaud F., Fourniau J-M., Lefebvre R., Neveu C. Et Salles D. (dir.), Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la participation, Paris, GIS Démocratie et Participation, 2013, ISSN : 2268-5863. http://www.dicopart.fr/fr/dico/critique-de-la-participation.
87 MAZEAUD, Alice, Marie-Hélène Sa Vilas Boas, et Guy-El-Karim Berthomé. « Penser les effets de la participation sur l’action publique à partir de ses impensés », Participations, vol. 2, no. 1, 2012, pp. 5-29.
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collectivité ou structure mais de donner toute sortes de pistes d’appropriation possible pour les années qui viennent (ex Les Colibris, les Cités d’or, les cercles de « tout le monde dehors » ou « Alternatibar ».
L’idée est de travailler en interne, autant qu’avec les partenaires de la Métropole (dans le monde économique social et artistique et de valoriser les expériences d’initiatives positives dans la Métropole confrontées aux expériences sur les autres continents.
Ainsi, l’individu dans son champ pourra s’accomplir et développer sa capacité de manière éclairée. Une autre approche est de considérer les cadres et la structure comme bridant la créativité et nuisant au développement personnel et donc au collectif. L’idée est donc de ne pas prendre le risque d’entraver la liberté de chacun. Les Dialogues valorisent les fonctionnaires, rendre l’administration publique plus humaine.
L’analyse des dispositifs participatifs propose ainsi une approche qui s’intéresse dans les conditions d’amélioration du fonctionnement démocratique. Dans ce regard, les dispositifs participatifs sont des mesures préventives et correctives. Ils visent à remédier les défauts des mécanismes des institutions représentatives.
« L’institutionnalisation de la participation des citoyens » 88 pourrait être pensée comme un effet des évolutions modernes de l’action publique, et particulièrement des processus de territorialisation. À l’échelle régionale, faire participer, c’est aussi chercher à créer une visibilité, voire une légitimité nouvelle.
88 Mazeaud, Alice, Marie-Hélène Sa Vilas Boas, et Guy-El-Karim Berthomé. « Penser les effets de la participation sur l’action publique à partir de ses impensés », Participations, vol. 2, no. 1, 2012, pp. 5-29.
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ANNEXES
Annexe 1 : Les différentes modalités organisationnelles des forums participatifs89
89 Fung A., « Survey Article : Recipes for Public Spheres : Eight Institutional Design Choices and Their
Consequences » ; Fung A., « Varieties of Participation in Complex Governance », Public Administration
Review, 66 (supplément 1), 2006, p. 66-75.
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Annexe 2 : Mind Map des Taches pour les Dialogues en humanité
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Carte issue du site des Dialogue en humanité dialoguesenhumanité.org
Annexe 3 : La carte qui sui référence au Dialogues autour du monde
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Annexe 4 : Questionnaire
Questionnaire Mémoire de stage Evaezi Otuorimuo
Nom et poste :
Quel est le rattachement hiérarchique de Dialogues en humanité ? Merci de préciser
Selon vous, quelle est l’importance de la Co-construction et la participation citoyenne d’un évènement proposé par les Dialogues en humanité?
Quels sont les moyens financiers, humains et techniques à disposition de Dialogues en humanité ?
Quels sont les supports de communication à disposition de la communication interne dans les DH (Journal d’entreprise, Bulletin d’entreprise, Boîte à idées, Leaflets, Affichage, Autre) ?
Les supports numériques (Site intranet, Newsletter, Vidéos, Mailing, Messagerie instantanée, Autre) ?
Possédez-vous un réseau social d’entreprise dans votre organisation dirigé vers les citoyens? Merci d’expliciter votre réponse.
Quels sont les échanges physiques (Séminaires, Ateliers, Réunions, Autre) ?
Pour vous et en général, quels sont les points forts au niveau de l’implication des cadres dans le domaine de la participation citoyenne ? Et les points faibles ?
Est qu’il y a un rapport entre les fonctionnaires avec les participants des dialogues (citoyens, bénévoles, stagiaires), veuillez préciser ?
Des démarches de sensibilisation d’encadrement aux thématiques portées par les Dialogues ont-elles été mises en place dans la Métropole ? Si oui lesquelles et étaient-elles positives ?
À votre avis quels sont les grands enjeux et défis du groupe en général ? En interne (au sein de la Métropole) et en externe (avec les participants)
À votre avis, sur une échelle de 1 à 10 est ce que le Dialogues en humanité représente bien une structure qui permet la participation citoyenne dans une structure public comme la Métropole?
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Annexe 5 : Journal de Tous vas bien sur l’évènement Dialogues en humanité 2017
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Résumé Mémoire de Stage
Au sein de la Métropole de Lyon existe un service sous la Direction de la Propreté qui s’appelle « Les Dialogues en humanité ». Né des enjeux du Développement Durable, le service des Dialogues en humanité crée un espace participatif pour permettre aux personnes de se rencontrer, trois jours sur l’année, dans la bienveillance et la convivialité afin de tisser des liens pour agir ensemble.
La mission de stage consiste à organiser l’évènement international de ce service. Il se déroule dans le parc de la tête d’or depuis 2006. Il a été inspiré de la tradition africaine de l’arbre à palabre dont l’idée est l’écoute de l’autre.
Je faisais partie de l’équipe internationale et multi disciplinaire. J’ai été à la charge du dossier de transport et d’hébergement au cours de laquelle j’ai été amenée à inviter et à accueillir les participants nationaux et internationaux pour faciliter le voyage. Après l’acquisition du visa, j’assurais les démarches de l’achat du billet d’avion ou de train et la réservation de logement soit en hébergement solidaire ou à l’hôtel.
De plus, j’ai pu participer à la programmation des ateliers du sensible, toute forme de langage exprimé de façon artistique, corporelle ou ludique autour du thème « Apprends-moi à danser sous l’orage! Et nous vivrons des jours heureux… ».
Mon étude s’interrogeait sur l’inquiétude de l’éloignement des pouvoirs publics par rapport aux citoyens car il devrait avoir une collaboration entre ces derniers. En réalité, on voit bien qu’il y a une rupture et donc, il faut trouver au niveau de l’administration publique, une transformation afin d’arriver à recréer les liens entre les deux.
Ainsi, en incitant davantage la participation citoyenne, l’un des premiers objectifs de cette étude était de remettre en question l’idée de la participation citoyenne comme instrument/dispositif et de faire le lien entre la portée de la participation citoyenne et le contexte dans lequel les dispositifs participatifs sont mis en oeuvre.
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Summary of the Dissertation
Within the Metropole de Lyon lies a service under the Direction de la Propreté called the «Dialogues en humanité». Established on the wave of Sustainable Development, the éDialogues en humanité” creates a participatory space that allows people to meet, for period of three days a year, in benevolence and friendliness in order to forge links to act together.
The mission of the internship is to organize this international event. Which has taken place in the Parc de la Tete d’or since 2006. It was inspired by the African tradition of discussing important issues and listening to one another under the palaver tree.
The team consisted of an international and multidisciplinary group of students. I was in charge of organising the transport and accommodation and welcome the national and international of all the participants. I supported the particpants from the visa acquisition, to the purchase of the transport ticket and the reservation of accommodation either in the form of a Homestay or at in hotel.
Additionally, I was able to participate in the programming of the “sensitive workshops”, and agora’s which were centred on the theme «Teach me how to dance under the rain! And we shall live happy days … «.
My study questioned the gap between public authorities the citizens because it should have a collaboration between them. In fact, it is clear that there is a rupture and the question that arises is how to bring about a transformation in public administration so that links between the two are created.
Thus, by encouraging more citizen participation in public administration we can lessen the gap. So one of the objectives of this study is to question the idea of citizen participation as an instrument and to link the scope of citizen participation with the context in which participatory arrangements are implemented.
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Les Mot Clés
Agoras
Atelier du sensible
Co construction
Collectivité territoriale
Comité d’orientation
Coopération - action
Démocratie
Dispositif participative
Espace participative
Fonctionnaire
Gouvernance
Instrumentalisation
Participation citoyen
Pouvoirs public
Témoignages de vie croisée
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Tables des matières
INTRODUCTION ……………………………………………………………………………………………………………………… 4
1) L’influence de la participation citoyenne sur l’élaboration de l’évènement « Dialogues en humanité » ………………………………………………………………………………………………………………………. 10
A) La Co-construction : Un dispositif mis en place pour promouvoir la participation ……………… 10
i) Économie Sociale et Solidaire …………………………………………………………………………………… 15
ii) Développement Durable …………………………………………………………………………………………. 16
B) Processus de transfert d’information …………………………………………………………………………… 17
i) La Communication Interne ………………………………………………………………………………………. 17
ii) La Communication Externe ……………………………………………………………………………………… 20
C) Le processus décisionnel dans le Dialogues en humanité ……………………………………………….. 22
2) La dimension relationnelle entres les acteurs …………………………………………………………………… 26
A) Relation Stagiaire et fonctionnaire territoriaux …………………………………………………………….. 29
B) Relation Stagiaire – Bénévoles ……………………………………………………………………………………. 30
C) Relation Stagiaire du Stagiaire au Stagiaire …………………………………………………………………… 31
D) Relation Stagiaire et Partenaires …………………………………………………………………………………. 32
E) Relation citoyen – fonctionnaire ………………………………………………………………………………….. 33
3) Les Réalités et Les Limites De La Participation …………………………………………………………………. 35
A) La rupture entre les Professionnels et les Citoyens ……………………………………………………….. 35
i) La nature informelle des Dialogues en humanité ………………………………………………………… 38
B) Un espace de démarche participative dans une institution hiérarchisée : une participation citoyenne imaginaire …………………………………………………………………………………………………….. 40
i) Les avantages partagés ……………………………………………………………………………………………. 42
C) L’image de la Métropole comme une organisation puissante avec les liens économiques et politiques : un frein à la participation citoyenne ? …………………………………………………………….. 45
i) Pouvoir Politique …………………………………………………………………………………………………….. 46
ii) Financement …………………………………………………………………………………………………………. 48
D) Différence entre la démarche lyonnaise des Dialogues en humanité et celle des autres pays …………………………………………………………………………………………………………………………………… 49
Conclusion …………………………………………………………………………………………………………………………… 51
ANNEXES …………………………………………………………………………………………………………………………….. 55
BIBLIOGRAPHIE ……………………………………………………………………………………………………………………. 75
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